dimanche 5 juillet 2015

Copa America 2015 : Chi-chi-chi, Le-le-le, Viva Chile !

Dépucelage chilien

     Cette finale Chili-Argentine était rêvée par tout un peuple. Au bout d'un match très serré, la Roja remporte enfin un premier trophée. De leur côté, les argentins continuent d'être maudits.


     Les deux équipes qui s'affrontaient en finale, ont clairement été les deux meilleures formations de cette Copa America 2015.Tactiquement, techniquement, le Chili et l'Argentine ont dominé les autres sélections du tournoi sur tout les plans. Logiquement les équipes types étaient couchées sur les feuilles de match au coup d'envoi. Seul Jorge Sampaoli osait un petit réglage de circonstance en remplaçant son arrière gauche virevoltant Eugenio Mena, par ce bon vieux Jean Beausejour, plus rigoureux défensivement, pour tenter de museler le gars Lionel. Ce combat ultime était également celui de deux grands tacticiens. Jorge Sampaoli et Gerardo "Tata" Martino sont tout les deux disciples de Marcelo Bielsa. Les larons partagent également la même nationalité, argentine : chez les gauchos, la formation technique se porte visiblement très bien, merci pour eux.   

     Ce match était donc placé sous le signe du beau jeu et de la tactique, sauf que lorsque l'on oppose deux blocs très bien en place, ça coince. Si chiliens et argentins, fidèles à leurs maitres à jouer, Valdivia chez les uns, le duo Messi/Pastore chez les autres, ont déroulé le beau jeu auquel ils nous ont habitués... ils se sont systématiquement écrasés en vagues contre la solidité des digues adverses. Nous voilà, d'un coup, sevré d'occasion, spectateurs d'un match qui sera animé de bout en bout par un scénario tolkienesque : la guerre pour la terre du milieu. Peu de choses à se mettre sous la dent donc, une belle tête argentine par-ci, un beau mouvement chilien par là, cette finale était faite pour les initiés. On notera tout de même la sortie précoce de Di Maria, victime d'un pépin musculaire, remplacé par un Ezequiel Lavezzi volontaire et combatif, mais forcement moins dangereux que l'Ange de Marie. Pis encore pour le show, voyant les prolongations pointer le bout du nez, Jorge et Tata enverront dans la bataille des guerriers au détriment des enchanteurs. Matias Fernandez remplacera ainsi el Mago Valdivia pour le Chili, et Ever Banega relèvera el Flaco Pastore pour l'Albiceleste.

     Inévitablement, la partie rendra son verdict à l'issu de la toujours cruelle séance de pénaltys. Bien que choisissant presque toujours le bon côté, Romero sera impuissant devant les transformations des rouges, chaque fois très bien placées. Dans l'autre camp, seul le gars Lionel, en capitaine modèle et premier tireur, fera mouche. Higuain imitera le célèbre "tir de l'espace" de Sergio Ramos, quand Banega sera stoppé à la régulière par Claudio Bravo. C'est à Alexis Sanchez que reviendra la tâche de mettre un point final à cette belle Copa America. D'une panenka, un peu bancale, il a envoyé la Roja sur le toit du continent latino-américain, fait rentrer dans l'histoire toute une génération de footballeurs et rendu hommage au travail entamé en 2007 par Marcelo Bielsa dans ce longiligne pays. Pour sa part, Lionel Messi peut prétendre à un nouveau surnom en sélection : M le Maudit.

     Ivan Zamorano et Marcelo Salas se sentiront moins seuls au panthéon du football chilien, une équipe entière vient de les rejoindre.




mercredi 1 juillet 2015

Copa America 2015 : L'Argentine fait un origami avec le Paraguay

Hey! T'es là toi aussi?!

     Il n'y a pas eu de grande surprise lors de cette seconde demi-finale. l'Argentine était vraiment trop forte. En revanche il y a eu du spectacle, et ça, on aime bien hein?


La feuille de match de Tata Martino fait encore trembler : Hormis Tévez, définitivement désigné cinquième roue du carrosse, tous les fantastiques sont à leur place. En face, Ramon Diaz a très logiquement reconduit la même équipe que face au Brésil, auteure d'un match de très bonne facture, seul Ortiz retrouve l'entre-jeu aux dépends d'Aranda.

L'Argentine entretient le supens...


     Les rouges & blancs démarrent la rencontre avec beaucoup d'envie et surtout une rigueur qui avait fait mouche au tour précédent. Tout cela est bien sympa. Sauf que ce coup-ci, Lionel et ses comparses n'ont pas l'intention de se coltiner une séance de pénos galères et, avec tout le respect que l'on a pour ce monsieur, Justo Villar n'est pas David Ospina. Alors ça déroule, ça bouge dans tout les sens, mais le bloc guaranis tient bon. 
Pour tout dire, ils ne feront que deux erreurs dans cette première mi-temps. Elles seront payées argent comptant. D'abords sur un coup franc excentré sur le flanc gauche, botté dans le paquet par le gars Lionel, Paulo Da Silva et ses hommes ont comme une absence, suffisante à Marco Rojo pour marquer en pivot des 6m. Puis viendra un joli appel dans l'axe de Pastore, bien senti par le gars Lionel. Xavier Berger s'emmène le ballon sur la droite de la surface d'un contrôle de l'extér' dont il a le secret, avant de croiser une frappe sèche à raz terre dans le petit filet gauche de Villar. C'est sans bavure.

Comme si cela ne suffisait pas, les guaranis perdront successivement sur blessure, leur crack, Derlis Gonzalez, puis capitaine Roque. Mais le Paraguay n'abandonne jamais, continue de se battre comme si le score était nul et l'adversaire à leur portée. Ainsi juste avant la pause, Lucar Barrios profite d'une relance moisie des gauchos pour transpercer Romero. 2 à 1, on se dit que tout est possible.

...puis met les choses au clair


     Du côté d'Asuncion, l'espoir sera de courte durée. Dès l'entame du second round, tac-tac-tac, trois mouvements et trois passes entre Mascherano, le gars Lionel et Pastore. Ce dernier caresse le cuir pour Di Maria, qui va trop vite pour les paraguayens et ajuste proprement Justo, impuissant. 5 minutes plus tard, le gars Lionel se lance dans l'une de ces chevauchés qu'il affectionne, pour décaler Pastore sur la gauche de la surface, non sans avoir glisser un petit pont en passant. La balle piquée de Javier est bien contrée par Villar mais Di Maria, encore, envoie finalement la balle dans le but vide. 
4 buts à 1, les paraguayens sont sonnés. Ils répondront toutefois présent jusqu'au bout, tentant plusieurs offensives, une question de dignité. Les espaces libérés par ces ultimes efforts, donneront malheureusement la place aux argentins d'en mettre encore deux : une belle tête du Kun et un but de renard de Pipita Higuain, entré en lieu et place du buteur précédent. 

Depuis sa phase de poule, qu'elle a passé à la cool, en passant par le quart contre la Colombie, on observe chez l'Albiceleste une constante montée en puissance dans ce tournoi. Et la rouste à laquelle les colombiens ont échappé grâce à Ospina, les paraguayens, eux, l'ont reçue en plein dans le cornet. C'est dur, tant les guaranis ont été digne, mais c'est la réalité : cette Argentine là est un monstre. 

     Le Paraguay affrontera donc le Pérou ce vendredi 3 juillet, lors du match pour la troisième place, tandis que le Chili affrontera l'ogre argentin le lendemain, à Santiago, dans son stade national. On ne veut pas gâcher la fête mais au moins prévenir la Roja : Attention les gars, cette Argentine là a une sacré dégaine de championne.