mardi 28 avril 2015

Chili : Esteban Paredes court après les légendes

Ha bah nan Esteban, t'as encore tout crotté ton maillot...


     Certains joueurs ont besoin de s'expatrier pour pouvoir s'épanouir, d'autres sont en revanche de véritables prophètes en leur pays, qu'ils n'auront pas ou peu quitté de leur carrière, restants insensibles aux sirènes européennes. Esteban Paredes est de ces joueurs-ci, et il est actuellement en passe de définitivement passer dans la postérité du championnat chilien.


     Face à Cobreola ce week end, el Tanque a marqué son centième but sous les couleurs de Colo Colo, ce qui, déjà, est en soi un nouveau coup de burin gravant encore un peu plus son nom dans les murs du légendaire club de Santiago. Institution nationale qui fêtait de son côté son 90e anniversaire. Voilà ce que l'on peut appeler un bon timing. 

Mais ce n'est pas tout, l'attaquant international peut faire bien mieux cette saison. Si Esteban termine une nouvelle fois meilleur buteur du championnat, il deviendra le premier et unique quintuple détenteur de ce prix individuel. Le capitaine du club à la tête de cacique partage pour le moment celui de quadruple meilleur buteur du Chili avec le paraguayen Eladio Zarate, qui réalisa un triplé avec l'Union Española (67, 68  et 69), puis en rajouta une couche pour la route en 71 avec le rival de l'Universidad de Chile. De plus il serait le premier joueur de los Albos a obtenir cette distinction à quatre reprises, dépassant le record de Carlos El Chino  Caszely qui le fut en 79, 80 et 81.

Pour le moment, Visogol a fait trembler les filets 9 fois, soit autant que Matias Donoso (Cobresal) et Gustavo Canales (U de Chile), mais encore un de moins que Jean Paul Pineda, non il n'y a pas de blague sur le patronyme de ce dernier, qui devance tout ce petit monde d'un but.

Faire tomber tout ces records serait le genre de petit bonus moral qui pourrait inciter Paredes, capitaine actuel de Colo Colo, à rester au club, lui dont les négociations de prolongation au club semblent déjà être compliquées avant même d'avoir commencées.

Sources :
http://www.latercera.com/noticia/deportes/2015/04/656-627397-9-esteban-paredes-lucha-por-una-marca-historica-para-colo-colo-y-el-futbol-chileno.shtml

lundi 27 avril 2015

Brésil : Ronaldinho de retour à la maison ?

"La vache, il passe moyen le tacos d'hier là, suis pas en forme moi..."


     Bon, on ne va rien se cacher, même si on n'aime pas trop dire du mal de Ronaldinho à Bola Latina, il faut tout de même admettre que l'aventure mexicaine du fantasque acrobate n'est pas franchement une réussite... Il pourrait d'ailleurs bientôt rebondir au pays et trahir l'un de ses anciens clubs.


Et Ronnie découvrit la tequila...


     Arrivé chez les Gallos de Queretaro depuis Septembre 2014, le bilan comptable du maestro n'est pas folichon : Une vingtaine d'apparitions, une poignée de buts et une piètre 12e place pour des bleus et noirs qui rêvaient d'horizons bien différents avec un tel artiste dans leurs rangs. Le Mexique est un pays extrêmement festif et il semblerait que R10 soit retombé dans ses travers nocturnes (les a-t-il déjà quitté?). Et malgré quelques jolis gestes pour alimenter sa chaîne Youtube et sa propre légende, Ronnie aura du mal à faire oublier aux dirigeants et aux supporters mexicains sa disparition de Noël, lors de laquelle il se sera mystérieusement éclipsé des radars du clubs durant 20 longs jours. 

Enfin bref : La déception est de taille et Queretaro cherche d'ores et déjà à refourguer l'ancien parisien à une nouvelle équipe... Et qu'y a-t-il de mieux lorsque l'on n'est pas satisfait d'un achat, qu'un bon vieux retour à l'envoyeur?

Et Ronnie pourrait devenir Juda...


     Selon Globo, un retour au Brésil se profilerait donc pour le petit Ronald. Mais où? Un retour à Gremio, son club formateur de Porto Alegre? Não. A Flamengo, là où il s'est refait une santé après sa fin chaotique au Milan? Que nenni. Alors chez les Gallos, de l'Atletico Mineiro cette fois ci, qu'il avait quitté les bras chargés de trophées pour s'échouer en terre mexicaine? Justement pas, bien au contraire : La rumeur l'enverrait en effet du côté de l'ennemi héréditaire du club de Belo Horizonte, les bleus de Cruzeiro !

Le club du Minas Gerais est à la recherche d'un nouveau faiseur de show depuis que le jeune Lucas Silva est allé voir à Bernabeu si les bancs Recaro étaient confortables. Une aubaine donc, que cette proposition du staff mexicain ! La Raposa pourrait ici faire d'une pierre, deux coups : rapatrier un joyaux technique et, on ne va pas se mentir non plus sur ce point, marketing d'une part,  puis d'autre part faire la nique à leurs rivaux du CAM qui devrait, à priori, l'avoir bien mauvaise.

D'autant plus que Cruzeiro est actuellement qualifié pour les huitième-de-finales de la Copa Libertadores et que Ronnie n'a pas encore été inscrit dans la compétition reine du continent. Ce dernier serait disponible en Juin en cas de succès des négociations, il finirait donc son contrat chez les coqs mexicains, et pourrait alors participer aux demi-finales si les Celestes parvenaient à ce stade.


Ça fait beaucoup de "si", certes, mais dans le cas où Ronaldinho rejoindrait Cruzeiro, la vraie nouvelle serait la suivante : Ce serait la première fois depuis le début de sa carrière que le champion du monde brésilien trahirait l'une de ses anciennes couleurs.

Encore un coup de latte dans les côtes du romantisme tiens...

Sources :
http://globoesporte.globo.com/futebol/times/cruzeiro/noticia/2015/04/ronaldinho-gaucho-e-oferecido-ao-cruzeiro-que-estuda-contratacao.html?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_content=Esporte&utm_campaign=globoesportecom

vendredi 24 avril 2015

Mexique : Chivas vs America, mais pourquoi diable se détestent ils autant?

Qui qu'a mis la semelle en premier?


     Ce Dimanche 26 avril les rues mexicaines seront vides, les échoppes baisseront leurs stores, le vent sifflera solitairement et une mélodie d'Ennio Morricone semblera flotter dans les airs. Ce dimanche mesdames et messieurs, c'est le duel des caïds, des deux clubs les plus populaires du pays, c'est le Classico de los classicos : Les Chivas de Guadalajara reçoivent l'America de Mexico D.F.. Mais d'où vient donc cette vieille rivalité?


Les aigles tirent les premiers


     Les premières étincelles du Classico Nacional jaillirent à la fin des années 50, lors de la saison 58/59 précisément. Á cette époque, ce sont les Chivas qui endossent le rôle d'épouvantail. Fort d'un premier titre glané en 57, futur vainqueur de l'exercice en cours, les chèvres ne font que débuter une décennie de gloire et de succès qui les verra remporter 7 de leurs 11 titres nationaux. L'America de son côté, est toujours vierge en championnat depuis les débuts de l'ère professionnelle (1943), mais reste une place forte du football mexicain comme le prouve ses deux victoires en coupe en 54 et 55.

     Pourtant en cette année 1959, si le leader est tapatio, l'orgueil est chilango et c'est par son charismatique entraineur Don Fernando Marcos que l'America allumera la mèche. Don Marcos était un homme complet, qui aura été, au cours de sa longue vie, joueur, arbitre, entraineur, chroniqueur et commentateur. Un peu comme Luis Fernandez quoi. Rire. Et un peu comme Luis, le Don n'est pas avare de bons mots. Alors quand il se présente devant la presse avant ce nouveau déplacement dans le Jalisco, après avoir enchainé tout les clubs de la ville (Oro, Atlas et Chivas donc) par 2 buts à rien lors des dernières confrontations, voilà ce qu'il lâche : 

"L'America ne vient pas à Guadalajara pour gagner, ça, c'est une routine. Nous, on vient pour avoir leur numéro de téléphone. Et le voici, comme cela vous le saurez mes amis : Tout ceux qui souhaiteront appeler à Guadalajara composeront deux zéro, deux zéros, deux zéros ou le 20-20-20. Cordialement, l'America.". Boum. Punchline. Booba et Rhoff n'ont qu'à bien se tenir. Question karma, on repassera puisque le Rebaño corrigera Don Marcos sur le score de... 2 à 0.

Les années 80, matchs historiques et grosses bastons

     20 ans après, la haine entre les clubs n'a cessée de croitre, et atteint son apogée lors de cette décennie bigarrée et fluo que sont las ochentas. Sur le plan sportif la "routourne" est en train de tourner, ce sont les azulcremas de D.F. qui commencent leur décade dorée. Mais avant cela il y a 83. 1983, les demi-finales du championnat et la bataille de Tlalpan : L'America remporte le match aller 2 buts à 1 en terre tapatias, mais leur retour ne se passe pas comme prévu et les Chivas les corrigent sans scrupules par 3 tortas ahogadas à rien. Au coup de sifflet final, le chaos. Pour la première fois, la tension accumulée lors des 90 minutes, explose comme le Popocatepelt le fera un jour. Des crinières, des baffes et de l'anarchie : 



     L'année suivante, pour la saison 83/84, les deux équipes se retrouvent tout en haut de la montagne, pour la grande finale, l'unique à ce jour qui fit se rencontrer aguilas et chivas, celle qu'il ne fallait pas perdre. Le premier round aboutira sur un match nul épique lors duquel les joueurs de Guadalajara referont héroïquement leur retard après avoir été menés de deux buts. A l'Azteca, l'America, qui joue à 10 contre 11 depuis la 20e minute, croit apercevoir le spectre de l'épisode de 83 pointer le bout de son nez lorsqu'en fin de première période un pénalty est accordé au rebaño. Mais Zelada, le gardien des jaunes et bleus, vient botter les fesses du destin en détournant la frappe de Cisnero. Transcendés par ce coup du sort, l'aigle frappe par deux fois au retour des vestiaires. 2 à 0, score clé. Mais les blancs et rouges n'ont pas dit leur dernier mot et réduisent le score à la 85e par Quirarte. La capitale tremble, de peur de voir une nouvelle fois le rival honni revenir dans la partie. Jusqu'au KO : 90e minute, Javier Aguirre efface son garde chiourme sur un contrôle de génie et s'ouvre la voie du but. Son pied ne tremblera pas. L'America a gagné ce que l'on appelle au Mexique "La Finale du Siècle". Enfin peut être pas à Guadalajara.



     Deux ans plus tard, en 86, toujours pas rassasiés, les deux ennemis profiteront d'un banal match de championnat pour rejouer la castagne de 83. Cela se passe de commentaires :



     Depuis lors, chaque rencontre entre l'America et les Chivas est attendu comme le duel le plus intense et le plus chaud de la patrie de Frida Kahlo qui entre nous soit dit, n'en avait sûrement rien à fiche du ballon rond. Ce dimanche, les deux rivaux se retrouveront donc à l'Omnilife de Guadalajara pour tenter de consolider leur place pour les playoffs du championnat. Afin de mieux s'y retrouver ?


jeudi 23 avril 2015

Argentine : Dybala ira à Boca

"Sérieux?! Y a churrasco ce soir?"

Un jour. Un jour, Paulo Dybala ira à Boca. Que les supporters parisiens et l'ami Nasser se rassurent, le jeune attaquant de Palerme continuera d'abords sa quête de gloire sur le vieux continent.

Le coeur en Sicile, les racines à Boca


     Il l'a d'ailleurs explicitement confié à la Gazzetta dello Sport : "Il reste du temps [avant de venir à Boca]." avant d'ajouter à propos de son club actuel, l'US Palermo : "Ce sera toujours ma maison, et si un jour je dois l'affronter, jamais je ne célèbrerai mon but.". Après ces mots, la messe semble être dite à propos de son passage sicilien, Paulo se voit manifestement arborer d'autres couleurs pour là saison prochaine. Où donc? On laisse volontiers ce travail d'investigation à Foot365 et Foot Mercato qui se feront un plaisir de suivre ce feuilleton estivale avec assiduité. Bon allez juste pour info : On parle de la Juventus, du PSG et de Chelsea pour accueillir le natif de Cordoba.

     Cordoba, sa ville de naissance, son club formateur, l'Instituto de Cordoba, et bien entendu, toute sa famille. Alors au fait Paulo, pourquoi Boca? "Mon papa, qui est décédé il y a 5 ans, était hincha et me l'a transmis [l'amour Xeneize].". L'héritage des couleurs et de la passion, la vache, c'est beau ça Paulo.

L'international patient


     Le jeune prodige s'est également exprimé au sujet de son avenir avec l'Albiceleste du tonton Tata, qui selon le joueur, est venu s'entretenir avec lui en personne dans les vestiaires palermitains après une récente rencontre face au Genoa. Monsieur Martino lui aurait causé de choses et d'autres avant de lui donner quelques conseils. Assez pour faire naitre quelques jolies étoiles dans les yeux du gars Dybala qui relativise pourtant auprès du journal transalpin aux feuilles roses : "La Copa America est en juin, dans quelques mois, peut être que c'est encore trop tôt pour moi. Je suis jeune et il y a [déjà] beaucoup d'attaquant qui ont énormément travaillé pour gagner leur place (...) le plus important c'est que Palerme gagne.". 

     Pour le moment, Paulo est de la trempe de ceux qui ont les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Une espèce qui se fait rare...

Sources : 
http://www.goal.com/es-ar/news/4442/argentinos-por-el-mundo/2015/04/22/11037332/dybala-me-gustar%C3%ADa-ir-a-boca

mercredi 1 avril 2015

Entretien avec Leonardo : "Chirac est entré dans le vestiaire brésilien à la mi-temps"


Une autre époque...


     São Paulo, lundi 30 mars  2015, Bola Latina est invité par une personnalité brésilienne du ballon rond, bien connue des français : Leonardo. Entre deux appels, l'un en italien, l'autre en anglais, Leo demande : "Tu prends quelque chose? On va se tutoyer non? Moi je vais prendre un expresso mais je te fais une caïpirinha si tu veux." En plus d'avoir la classe et d'être polyglotte, l'homme est donc courtois et gentleman. On ne va pas vous mentir il nous fallait bien une ou deux caïpis pour entendre ses révélations...


Nous n'entendons plus trop parler de vous en Europe, est-ce volontaire?


Oui. Je dois avouer que le l'Europe du football commence sérieusement à m'ennuyer. Il y a vraiment beaucoup d'argent, tout est codifié, ce n'est plus du football : c'est du business à part entière. Je ne crache pas dans la soupe, j'ai moi même joué à ce petit jeu durant plusieurs années, c'est seulement qu'aujourd'hui cela me fatigue. Cette tempête médiatique autour de mon geste malheureux en France par exemple, m'a beaucoup affectée, mais cet instant de folie qui m'a traversé était en fait révélateur d'un état de nerf : j'étais à bout.

De retour au Brésil donc?


En effet, j'avais besoin de me ressourcer, de retrouver mes racines. Après des années à arpenter le vieux continent, j'ai enfin fini par l'avoir, cette fameuse saudade... Mais je garde contact avec certains amis, j'aide sur quelques dossiers. Il faut garder la main.

Vous semblez vous tourner vers le Brésil et l'Amérique Latine, quels sont donc vos projets? 


Tout d'abords, m'occuper plus en profondeur de l'association que nous avons fondé avec Raï, Gol de Letra. Cela est important pour moi je pense, mais aussi et surtout pour ma communauté. Et puis je souhaite m'investir dans le football d'Amérique Latine. J'ai déjà pas mal de contacts, de propositions de poste d'entraineur, au Brésil évidemment mais également au Mexique, un championnat prometteur, en Argentine, au Chili, en Colombie, enfin un peu partout en somme.

Un retour sur le banc donc, vous avez une idée plus précise à nous fournir, un club en particulier?


Non. Je ne sais moi même pas encore ce qu'il en sera. J'hésite.

Que pensez vous du travail de Dunga?


Il est excellent, c'est quelqu'un que je connais très bien, en qui j'ai entièrement confiance. Ici, on peut déjà ressentir que le drame de cet été a été dépassé. Il ne sera jamais oublié, nous n'oublions jamais rien pour ce genre de chose, mais, dans les têtes, dans l'esprit d'équipe, le groupe est passé à autre chose. Je pense que Dunga et Taffarel (entraineurs des gardiens) font un travail remarquable. C'est notre génération, un peu comme vous en France, c'est la génération 98 en somme.

94 vous voulez dire?


Non 98. Ce qu'il s'est passé en France... (silence) Cela a soudé le groupe. 

C'est à dire?


... Allez, tu es encore un petit journal, ça t'aidera peut être à faire le buzz et à te faire connaitre : On nous a demandé de lever le pied en seconde mi-temps de la finale. Vos bleus étaient cuits, on le sentait, la deuxième période serait pour nous. Je le sais car c'est Marcel (Desailly), avec qui je jouais au Milan qui me l'a dit, ils ne tiendraient pas les 90 minutes à notre rythme.

Et alors?


J'y viens. Ce qu'il s'est passé ensuite tiens plus du cinéma que d'autre chose tant c'était surréaliste : Cardoso, notre président d'alors, est rentré dans le vestiaire accompagné de Jacques Chirac et Charles Pasqua. On aurait dit un film de gangster. Les deux français souriaient, Cardoso également. Notre chef d'état nous a alors expliqué avec calme, toutefois empreint d'une grande froideur, que d'importants échanges commerciaux étaient sur le point d'aboutir entre nos deux pays. Qu'ils étaient importants pour notre patrie. Et que le président Chirac avait semble-t'il, grand besoin de la victoire de la France, il était question de cohésion nationale je crois... (silence) Alors on a fait semblant. On a eu quelques actions certes, mais si l'on regarde bien les images, l'on peut nettement s'apercevoir que l'envie d'aller jusqu'au bout était absente. On vous a laissé votre Coupe, on a perdu, pour notre pays.

     Leonardo a ensuite souhaité s'arrêter là pour l'entretien, visiblement touché par le souvenir de cet épisode. Il nous a tout de même resservi un caïpi, et nous avons passé un très agréable moment en sa compagnie.

     Bon. Un jour, promis, Bola Latina aura des interviews de ce niveau là... En attendant, on va essayer de vendre ce scénario à Scorsese et on vous souhaite surtout, une très bonne journée en ce 1er Avril.

:)