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| Qui qu'a mis la semelle en premier? |
Ce Dimanche 26 avril les rues mexicaines seront vides, les échoppes baisseront leurs stores, le vent sifflera solitairement et une mélodie d'Ennio Morricone semblera flotter dans les airs. Ce dimanche mesdames et messieurs, c'est le duel des caïds, des deux clubs les plus populaires du pays, c'est le Classico de los classicos : Les Chivas de Guadalajara reçoivent l'America de Mexico D.F.. Mais d'où vient donc cette vieille rivalité?
Les aigles tirent les premiers
Les premières étincelles du Classico Nacional jaillirent à la fin des années 50, lors de la saison 58/59 précisément. Á cette époque, ce sont les Chivas qui endossent le rôle d'épouvantail. Fort d'un premier titre glané en 57, futur vainqueur de l'exercice en cours, les chèvres ne font que débuter une décennie de gloire et de succès qui les verra remporter 7 de leurs 11 titres nationaux. L'America de son côté, est toujours vierge en championnat depuis les débuts de l'ère professionnelle (1943), mais reste une place forte du football mexicain comme le prouve ses deux victoires en coupe en 54 et 55.
Pourtant en cette année 1959, si le leader est tapatio, l'orgueil est chilango et c'est par son charismatique entraineur Don Fernando Marcos que l'America allumera la mèche. Don Marcos était un homme complet, qui aura été, au cours de sa longue vie, joueur, arbitre, entraineur, chroniqueur et commentateur. Un peu comme Luis Fernandez quoi. Rire. Et un peu comme Luis, le Don n'est pas avare de bons mots. Alors quand il se présente devant la presse avant ce nouveau déplacement dans le Jalisco, après avoir enchainé tout les clubs de la ville (Oro, Atlas et Chivas donc) par 2 buts à rien lors des dernières confrontations, voilà ce qu'il lâche :
"L'America ne vient pas à Guadalajara pour gagner, ça, c'est une routine. Nous, on vient pour avoir leur numéro de téléphone. Et le voici, comme cela vous le saurez mes amis : Tout ceux qui souhaiteront appeler à Guadalajara composeront deux zéro, deux zéros, deux zéros ou le 20-20-20. Cordialement, l'America.". Boum. Punchline. Booba et Rhoff n'ont qu'à bien se tenir. Question karma, on repassera puisque le Rebaño corrigera Don Marcos sur le score de... 2 à 0.
Les années 80, matchs historiques et grosses bastons
20 ans après, la haine entre les clubs n'a cessée de croitre, et atteint son apogée lors de cette décennie bigarrée et fluo que sont las ochentas. Sur le plan sportif la "routourne" est en train de tourner, ce sont les azulcremas de D.F. qui commencent leur décade dorée. Mais avant cela il y a 83. 1983, les demi-finales du championnat et la bataille de Tlalpan : L'America remporte le match aller 2 buts à 1 en terre tapatias, mais leur retour ne se passe pas comme prévu et les Chivas les corrigent sans scrupules par 3 tortas ahogadas à rien. Au coup de sifflet final, le chaos. Pour la première fois, la tension accumulée lors des 90 minutes, explose comme le Popocatepelt le fera un jour. Des crinières, des baffes et de l'anarchie :
L'année suivante, pour la saison 83/84, les deux équipes se retrouvent tout en haut de la montagne, pour la grande finale, l'unique à ce jour qui fit se rencontrer aguilas et chivas, celle qu'il ne fallait pas perdre. Le premier round aboutira sur un match nul épique lors duquel les joueurs de Guadalajara referont héroïquement leur retard après avoir été menés de deux buts. A l'Azteca, l'America, qui joue à 10 contre 11 depuis la 20e minute, croit apercevoir le spectre de l'épisode de 83 pointer le bout de son nez lorsqu'en fin de première période un pénalty est accordé au rebaño. Mais Zelada, le gardien des jaunes et bleus, vient botter les fesses du destin en détournant la frappe de Cisnero. Transcendés par ce coup du sort, l'aigle frappe par deux fois au retour des vestiaires. 2 à 0, score clé. Mais les blancs et rouges n'ont pas dit leur dernier mot et réduisent le score à la 85e par Quirarte. La capitale tremble, de peur de voir une nouvelle fois le rival honni revenir dans la partie. Jusqu'au KO : 90e minute, Javier Aguirre efface son garde chiourme sur un contrôle de génie et s'ouvre la voie du but. Son pied ne tremblera pas. L'America a gagné ce que l'on appelle au Mexique "La Finale du Siècle". Enfin peut être pas à Guadalajara.
Deux ans plus tard, en 86, toujours pas rassasiés, les deux ennemis profiteront d'un banal match de championnat pour rejouer la castagne de 83. Cela se passe de commentaires :
Depuis lors, chaque rencontre entre l'America et les Chivas est attendu comme le duel le plus intense et le plus chaud de la patrie de Frida Kahlo qui entre nous soit dit, n'en avait sûrement rien à fiche du ballon rond. Ce dimanche, les deux rivaux se retrouveront donc à l'Omnilife de Guadalajara pour tenter de consolider leur place pour les playoffs du championnat. Afin de mieux s'y retrouver ?

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