jeudi 28 mai 2015

Mexique : Pépé Marquez n'a pas dit son dernier mot

"Hé, hé ! Salut les jeunes !"


     Papi Marquez facture désormais 36 printemps, une belle carrière et un sympathique palmarès. Là où certains s'en contenterait largement, le natif de Zamora (Michoacan, Mexique) ne semble pas totalement rassasié.


     Le patron de la sélection mexicaine, Miguel Herrera, a donné son verdict : El Tri comptera bien sur son vieux briscard pour la Copa America chilienne cet été. Il faut dire que Rafa en a encore dans le réservoir. 

Au sortir d'un mondial brésilien plutôt satisfaisant, si on lui pardonne cette faute aussi contestable que fatale sur Robben en 8e, le joueur a enchainé sur un retour convaincant en Europe sous les couleurs du Hellas Verone. 

Aux côtés de Lucas Toni, il termine la campagne 2015 du club du nord de la botte avec 25 titularisations dans les crampons et le maintien assuré pour l'équipe promue. "Ma saison a été positive, mais je pense que je peux donner encore plus (...) il me reste encore un an de contrat avec Vérone." analyse-t'il.
Le swag aztèque

Et avec la sélection mexa? Même topo. "Je pense que je peux donner encore plus (pour le Mexique), pour moi c'est une occasion importante, et là (après la Copa America) nous verrons si je renonce pour l'année prochaine (sic)." 

     Á Bola Latina, on veut bien qu'il joue jusqu'à quarante balais, mais à une seule condition : qu'il retrouve sa légendaire queue de cheval !

Source :
http://futbol.univision.com/seleccion-nacional/article/2015-05-24/rafael-marquez-analizara-el-retiro-tras-copa-america#axzz3bSp9nk7v
http://www.sdpnoticias.com/deportes/2015/05/27/mi-temporada-fue-positiva-asegura-rafa-marquez  

mercredi 27 mai 2015

Argentine : De nouvelles scènes de violence chez les Che'

Jeu de mains, jeu d'argentin !

     Le sulfureux dernier Boca/River en date a, malheureusement, fait des émules. Ce coup-ci c'est à Mendoza que le barzouin a eu lieu.


     La rencontre qui opposait ce dimanche le Godoy Cruz de Mendoza et le Belgrano de Cordoba, ne fût en aucun cas une partie de gentleman. Et pour le coup, les barras bravas sont hors de cause. Enfin en partie, elles ont tout de même su se distinguer au cours du match, sinon c'est pas rigolo. Non, en ce jour saint, ce sont les joueurs eux-même qui ont foutu le souk dans le rectangle vert. 

     Alors que Godoy s'acheminait vers une victoire étriquée par un but à zero, les dernières minutes furent le théâtre de quelques actions de jeu exagérément dures sur l'homme et autres attentats condamnables. Comme bien souvent c'est dernier temps dans le football Che', la violence a appelé la violence, et, dès le coup de sifflet final, les deux effectifs ont joué des poings lors d'une échauffourée déconcertante. 

Pis, alors que cette session d'argentino smash bros mélée continuait dans les entrailles du stade Feliciano Gambarte, la police de Mendoza, responsable de la sécurité ce soir là, est semble-t'il intervenue de manière peu orthodoxe. Le défenseur de Belgrano Claudio Perez dénonce : "La police nous a coincé dans le vestiaire et a tiré du gaz lacrimogène!", des propos appuyés par ceux du vice-président Abraham Rufail et de l'ensemble de l'effectif des Piratas. L'information sera d'ailleurs confirmée et assumée par le chef des forces de l'ordre, Juan Carlos Caleri, qui a déclaré avoir eu recours à ces méthodes musclés pour calmer ce qu'il nomme "les émeutiers".

      Outre le goût visiblement prononcé qu'ont les argentins pour les lacrimo', une peu flatteuse information peut être tirée de ces évènements. Entre le consternant spectacle offert par le superclassico du 13 mai  et les nombreux mauvais gestes, dans le jeu, observés sur les terrains depuis un certain temps (cf. Centurion en janvier), le constat est clair : Il y a un réel problème de violence dans le football argentin.

Source :
http://www.futbolargentino.com/primera-division/noticias/sdi566/116029/futbolistas-de-belgrano-denuncia-agresion-de-la-policia
http://www.tycsports.com/noticias/La-violencia-dijo-presente-en-Godoy-Cruz-Belgrano-20150524-0037.html

mardi 26 mai 2015

Brésil : Le São Paulo FC recrute un gringo

Ho ! Le gros écussons !

     C'est officiel : Finit les rumeurs, l'incertitude et surtout l'intérim de Milton Cruz, qui part tout de même avec un bilan de 6 victoires, un nul et 3 défaites. Le São Paulo FC a annoncé l'arrivée prochaine du Colombien Juan Carlos Osorio au commande de l'équipe. Juan Carlos qui?


Petite carrière, grandes études


     Juan Carlos Osorio, colombien de son état, sera donc le remplaçant officiel de Muricy Ramalho qui a quitté le club, plus ou moins à l'amiable, il y a quelques mois. Si on ne sait pas encore quand le mister fera sa première apparition sur le banc du Morumbi, on sait en revanche qu'il fut un milieu de terrain anonyme du non moins anonyme Deportivo Pereira dans les années 80. Il stoppera d'ailleurs rapidement sa carrière à cause d'une grave lésion au genou. 

C'est un peu léger comme expérience professionnel nous direz vous. Certes. Mais JC est un gros bosseur, un vrai rat de bibliothèque ! Il va donc partir outre-atlantique pour obtenir une licence d'entraineur UEFA, un diplôme de gestion technique délivré par la fédé hollandaise, puis un dernier en science du football à Liverpool. Le type était donc fait pour le tableau noir.

De bon élève à bon prof'


     Jean Charles va faire ses armes dans la perfide albion, mais pas auprès de n'importe qui : de 2001 à 2006, il sera l'assistant de Kevin Keegan alors à la tête d'un Manchester City dépourvu de financements orientaux. Il débuta après cet apprentissage sa carrière solo, d'abords à la maison, chez les Millionarios de Bogota, ensuite au nord du Rio Grande où il dirigera les Chicago Fire et les Red Bulls NY. Suivront Once Caldas, Puebla (Mexique) et enfin, l'Atlético Nacional de Medellin, sa vrai réussite.

A Medellin, Osorio va remanier la philosophie des Verdolagas en à peine 3 saisons. A la manière de Bielsa, JCO restructura l'Atlético en stimulant sa formation alors que le club fonctionnait depuis plusieurs années en s'appuyant sur des baroudeurs ou des gloires passées. Travail qui porta ses fruits puisqu'avec le scientifique du ballon rond aux manettes, les verts vont récolter 6 titres nationaux (3 championnats, 2 coupes et une supercoupe) et une finale de Copa Sudamericana, perdue face à River Plate, en décembre 2014. Compétition lors de laquelle Juan Carlos et sa bande avaient sorti en demi finale : Le São Paulo FC !

     Le président du SPFC a été clair sur son idée de changer la philosophie du club en se basant sur la formation, et à ses yeux, Osorio est la personne idoine. En attendant, Juan Carlos doit déjà être en train de réviser...  

vendredi 22 mai 2015

Paraguay : Mais qu'est ce que c'est que ces Guaranis ?

Des joueurs du Guarani en plein trip


     C'est la petite surprise de ces quarts de finale de Libertadores, le Club Guarani d'Asuncion surprend son monde. Après avoir éliminé les Corinthians en huitièmes, les paraguayens ont pris l'avantage sur le champion argentin en titre, le Racing Avallaneda, et s'imagine bien atteindre les demi finales pour la seconde fois de leur histoire. Mais en fait c'est qui c'est Guarani?


Francis Drake le corsaire & le fan de Jérémie Janot

     En gros, quand on regarde l'histoire de la plupart des clubs de foot, on se retrouve très souvent devant le pitch suivant : "Un jour, un groupe d'étudiants se réunirent et patati et patata, et ils étaient anglais (souvent) et ils créèrent le FC Bidule". Et bien le Club Guarani d'Asuncion n'échappe pas à cette règle ancestrale. Il réalise même un joli combo en ajoutant l'option "sécession d'un autre club pré-existant". Dans les fait cela nous donne une bande de joyeux drilles, socios du Club Olimpia, qui, en 1903, se font gentiment bouter hors d'un terrain appartenant au susdit club, sur lequel ils avaient pris leurs habitudes. Alors, on vous le donne en mille : Ils se réunirent et décidèrent de fonder le Club Guarani, en l'honneur des amérindiens occupants le Paraguay depuis les premiers temps et leur langue (le guarani est parlé par 90% des paraguayens).

Passons donc sur le déconcertant manque d'originalité concernant la création d'El Cacique (oui, comme Colo Colo, une histoire d'indien également), le choix du maillot est lui, bien plus romantique. Au moment de choisir les couleurs que devront arborer les joueurs, un énergumène bien instruit proposa le jaune et le noir en référence à... Sir Francis Drake ! Un corsaire anglais légendaire de la seconde moitié du XVIe siècle, qui a rendu fou les galions espagnoles. Une référence maritime donc, pour un pays séparé de n'importe quel océan par plusieurs milliers de kilomètres... voilà, voilà. Quant aux rayures qui rappellent celles de la jaquette des uruguayens du Peñarol ? Elles sont le fait des frères Melian, membres fondateurs du club, qui voulaient pour leur part rendre hommage à leur club d'origine : Peñarol ! Le hasard n'existe pas...

Ouais... On dirait franchement des pyjamas.
Maillot toujours : ces dernières années, le club s'est distingué dans ce domaine par le biais de son ancien gardien, Pablo Aurrecochea, qui eut la lumineuse idée de revêtir de fantasques tuniques célébrant les Simpson, Spiderman, Batman, Superman, Hulk ou bien Bob l'éponge. Monsieur Jérémie Janot, vous avez un fan.

Une fausse demi-finale et un ex du Téfécé

     Sportivement, les Guaranis font partie des clubs fondateurs de la ligue professionnelle paraguayenne et à fortiori de la fédération paraguayenne. El Aborigen récoltera 10 championnats depuis sa création en 1903, dont le dernier en 2010. Certains sont plus savoureux que d'autres, c'est le cas des trophées de 1964, 1967 et 1969 : ceux du "Legendario Guarani" présidé par le non moins légendaire Juan Antonio Sosa Gautier.

Ce dernier, en compagnie des entraineurs uruguayens Ondino Vieira et José Maria Rodriguez, va relever les indiens et leur donner un nouveau souffle qui leur permettra de gagner les trois titres cités plus haut mais également d'atteindre pour la seule et unique fois de son histoire les demi finales de la Copa Libertadores, en 1966. Enfin c'est ce que nous affirme la version espagnole de leur page wikipedia, qui omet de préciser que l'exploit concerné est en réalité une qualification pour la seconde phase de la compétition, soit un tournoi à 7 qui verra les paraguayens finir bon dernier... Ha, et les brésiliens ne participaient pas à la coupe continentale cette année là. Bon. Mais c'est bien quand même. 

Aujourd'hui, sur le plan national, le Club Guarani s'est calé dans la roue du leader azulgrana, le Cerro Porteño, quasiment intouchable cette saison. Mais le plus important c'est que l'équipe conduite par Fernando Jubero, un catalan de 41 ans anciennement recruteur pour le Barça, développe, selon ses observateurs, un jeu agréable. Outre le jeune coach ibérique, c'est un ancien de Ligue 1 qui en est en partie responsable. Les fans du Téfécé l'auront peut être deviné, ou pas, on ne leur en veut pas, il s'agit de Frederico Santander. Si l'attaquant de 23 ans n'a pas laissé une grande trace de son passage sur les bords de la Garonne, il s'éclate désormais à la maison, faisant briller El Cacique devant tout un continent.

Qualifiés difficilement, lors de la dernière journée des phases de groupes lors d'un match au cordeau face aux péruviens du Sporting Cristal, les Guaranis ont donc retrouvé le Racing Avallaneda argentin, qu'ils avaient également affronter en poule. Et les choses s'annoncent bien puisqu'ils ont remporté la rencontre allée, 1 but à 0 à domicile. Ne leur reste plus qu'à ne pas reprendre la correction qui leur avait été infligée en argentine fin Fevrier : Pour leur seul défaite de la compétition cette année, les aborigènes avaient encaissé un sale 4 à 1.

     La partie retour aura donc lieu jeudi 28 mai prochain en Argentine. En cas de bon résultat, l'auteur hispanophone de la page wikipedia des Guaranis pourra enfin écrire que les jaunes et noirs ont atteint une demi finale. Non mais pour de vrai quoi.

mardi 19 mai 2015

Brésil : Cassio, gentille tête de Troll

"GHEUUUUUUUUUUUU..."


     Grand, légèrement vouté, mâchoire inférieure avancée, air un brin simplet (désolé pour lui mais admettez que...) : Cássio Ramos, gardien des Corinthians de São Paulo, a ce que l'on appelle communément un physique rigolo. Focus sur un homme qui peut au moins se targuer de ne pas ressembler à Mr. Tout le monde.


Super-sub avec des gants


     Formé chez les bleus et noirs du Gremio de Porto Alegre dans le sud du Brésil, Cássio commencera, comme tout bon newbie qui se respecte, par cirer allègrement le banc des remplaçants. Mais déjà le bonhomme a le sens du devoir, et lorsqu'il est appelé à suppléer le n°1, contre Fluminense en 2006, "grands pieds" rempli sa mission avec professionnalisme, délivrant même une passe décisive de sa surface de réparation. Malgré cette jolie preuve de compétences, il n'endossera jamais plus le maillot des gauchos. 

Manque de bol? Bien au contraire ! Cássio est remarqué par le staff de la Seleção U-20 qui le sélectionne en tant que 3e gardien pour la Copa America de cette même catégorie. Vernis jusqu'au bout en cette année 2006, il parviendra finalement à récupérer la place de titulaire après une cascade de blessures. Encore une fois au rendez-vous en terme d'efficacité, il remportera la compétition aux côtés de Willian, Pato, Luiz Adriano et... Tchô, qui, à défaut d'avoir eu une grande carrière, possède un drôle de patronyme. 

Cette performance continentale l'emmènera en Europe, au mythique PSV précisément. Mais l'heure de gloire n'est pas encore venue et Cássio squatte les tribunes, grattant en passant un championnat national en 2008, 90 min en Europa League et une quinzaine de match en prêt au Sparta Rotterdam.

2012, le grand cru


     Fin 2011, Queixo Rubro fait le choix idoine. Décidé à enfin trouver du temps de jeu, il signe chez les légendaires Corinthians de São Paulo qui ne lui offrent pourtant pas la place de titulaire si facilement. Mais ce coup-ci, Cássio arrivera à avoir la peau du gus qui lui fait de l'ombre. C'est donc le pauvre Julio César, non pas celui auquel vous pensez, un autre, moins bon, qui lui cèdera sa place au bout de 4 mois. Comme prévu, notre cher ami fait le job. 

Un mois après la conquête de cette satanée place de numéro 1, c'est une jolie histoire qui débute en Copa Libertadores. Cássio écœure d'abords les équatoriens de l'Emelec en huitième de finale lors d'une partie qui le couronnera homme du match. Puis, 3 jours après un match de bonhomme contre Fluminense en Brasilerão, comme ça, en passant, le goleiro devient "Petr Cássio" lors du quart qui oppose le Timão aux Cariocas du Vasco de Juninho. Il se montrera notamment décisif sur un duel qui eût pu être fatal aux paulistanos. Les supporters en frissonnent encore.



"GNÉÉÉÉÉÉ..."
Mais la belle année ne s'arrête pas là : Les Corinthians, protégés par leur atypique rempart finissent par remporter le trophée continental face au Boca du magicien Riquelme. Voilà donc notre "tronche" préféré envoyé au Japon pour la Coupe du Monde des Clubs où il brillera face à Chelsea, permettant à l'équipe brésilienne d'être sacrée mondialement. Son bandeau et lui en profiteront pour rafler le prix de meilleur joueur du tournoi et une place de meilleur gardien brésilien en activité selon l'IFFHS cette année là.

Une option pour la Seleção ?


     En voilà de beaux exploits, n'est ce pas? Suffisant pour endosser la tunique sacrée des auriverdes? Ben non. Sa magnifique année 2012 ne lui vaudra que 2 pauvres petites convocations en équipe nationale. Régulier et performant depuis 3 ans, si on lui passe sa boulette récente en grande partie responsable de l'élimination des Corinthians de la Libertadores, Cássio garde bon espoir comme il l'expliquait à Radio Bandeirantes il y a un mois : 

"Je pense que je suis en bonne forme, je maintiens une bonne régularité. L'année dernière, je pense également avoir fait une grande année. Mais je respecte le sélectionneur, il a ses choix, peut être pense-t-il que d'autres joueurs sont devant moi, mais je ne doute pas une seule seconde que mon heure viendra."

Alors que le Brésil est en pleine transition à ce poste, pour lequel Jefferson (Botafogo), Grohe (Gremio) ou Diego Alves (Valencia) semblent tenir la corde pour la place de titulaire, Dunga serait bien inspiré de donner également sa chance au portier chevelu de 27 ans. Premièrement parce qu'il le mérite, deuxièmement parce que... ça aurait de la gueule !

      Encore une fois zappé pour la Copa America 2015, le gentil Troll devra prendre une nouvel fois son mal en patience. A moins qu'une fortuite série de blessure...