mardi 19 mai 2015

Brésil : Cassio, gentille tête de Troll

"GHEUUUUUUUUUUUU..."


     Grand, légèrement vouté, mâchoire inférieure avancée, air un brin simplet (désolé pour lui mais admettez que...) : Cássio Ramos, gardien des Corinthians de São Paulo, a ce que l'on appelle communément un physique rigolo. Focus sur un homme qui peut au moins se targuer de ne pas ressembler à Mr. Tout le monde.


Super-sub avec des gants


     Formé chez les bleus et noirs du Gremio de Porto Alegre dans le sud du Brésil, Cássio commencera, comme tout bon newbie qui se respecte, par cirer allègrement le banc des remplaçants. Mais déjà le bonhomme a le sens du devoir, et lorsqu'il est appelé à suppléer le n°1, contre Fluminense en 2006, "grands pieds" rempli sa mission avec professionnalisme, délivrant même une passe décisive de sa surface de réparation. Malgré cette jolie preuve de compétences, il n'endossera jamais plus le maillot des gauchos. 

Manque de bol? Bien au contraire ! Cássio est remarqué par le staff de la Seleção U-20 qui le sélectionne en tant que 3e gardien pour la Copa America de cette même catégorie. Vernis jusqu'au bout en cette année 2006, il parviendra finalement à récupérer la place de titulaire après une cascade de blessures. Encore une fois au rendez-vous en terme d'efficacité, il remportera la compétition aux côtés de Willian, Pato, Luiz Adriano et... Tchô, qui, à défaut d'avoir eu une grande carrière, possède un drôle de patronyme. 

Cette performance continentale l'emmènera en Europe, au mythique PSV précisément. Mais l'heure de gloire n'est pas encore venue et Cássio squatte les tribunes, grattant en passant un championnat national en 2008, 90 min en Europa League et une quinzaine de match en prêt au Sparta Rotterdam.

2012, le grand cru


     Fin 2011, Queixo Rubro fait le choix idoine. Décidé à enfin trouver du temps de jeu, il signe chez les légendaires Corinthians de São Paulo qui ne lui offrent pourtant pas la place de titulaire si facilement. Mais ce coup-ci, Cássio arrivera à avoir la peau du gus qui lui fait de l'ombre. C'est donc le pauvre Julio César, non pas celui auquel vous pensez, un autre, moins bon, qui lui cèdera sa place au bout de 4 mois. Comme prévu, notre cher ami fait le job. 

Un mois après la conquête de cette satanée place de numéro 1, c'est une jolie histoire qui débute en Copa Libertadores. Cássio écœure d'abords les équatoriens de l'Emelec en huitième de finale lors d'une partie qui le couronnera homme du match. Puis, 3 jours après un match de bonhomme contre Fluminense en Brasilerão, comme ça, en passant, le goleiro devient "Petr Cássio" lors du quart qui oppose le Timão aux Cariocas du Vasco de Juninho. Il se montrera notamment décisif sur un duel qui eût pu être fatal aux paulistanos. Les supporters en frissonnent encore.



"GNÉÉÉÉÉÉ..."
Mais la belle année ne s'arrête pas là : Les Corinthians, protégés par leur atypique rempart finissent par remporter le trophée continental face au Boca du magicien Riquelme. Voilà donc notre "tronche" préféré envoyé au Japon pour la Coupe du Monde des Clubs où il brillera face à Chelsea, permettant à l'équipe brésilienne d'être sacrée mondialement. Son bandeau et lui en profiteront pour rafler le prix de meilleur joueur du tournoi et une place de meilleur gardien brésilien en activité selon l'IFFHS cette année là.

Une option pour la Seleção ?


     En voilà de beaux exploits, n'est ce pas? Suffisant pour endosser la tunique sacrée des auriverdes? Ben non. Sa magnifique année 2012 ne lui vaudra que 2 pauvres petites convocations en équipe nationale. Régulier et performant depuis 3 ans, si on lui passe sa boulette récente en grande partie responsable de l'élimination des Corinthians de la Libertadores, Cássio garde bon espoir comme il l'expliquait à Radio Bandeirantes il y a un mois : 

"Je pense que je suis en bonne forme, je maintiens une bonne régularité. L'année dernière, je pense également avoir fait une grande année. Mais je respecte le sélectionneur, il a ses choix, peut être pense-t-il que d'autres joueurs sont devant moi, mais je ne doute pas une seule seconde que mon heure viendra."

Alors que le Brésil est en pleine transition à ce poste, pour lequel Jefferson (Botafogo), Grohe (Gremio) ou Diego Alves (Valencia) semblent tenir la corde pour la place de titulaire, Dunga serait bien inspiré de donner également sa chance au portier chevelu de 27 ans. Premièrement parce qu'il le mérite, deuxièmement parce que... ça aurait de la gueule !

      Encore une fois zappé pour la Copa America 2015, le gentil Troll devra prendre une nouvel fois son mal en patience. A moins qu'une fortuite série de blessure...

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