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| Des joueurs du Guarani en plein trip |
C'est la petite surprise de ces quarts de finale de Libertadores, le Club Guarani d'Asuncion surprend son monde. Après avoir éliminé les Corinthians en huitièmes, les paraguayens ont pris l'avantage sur le champion argentin en titre, le Racing Avallaneda, et s'imagine bien atteindre les demi finales pour la seconde fois de leur histoire. Mais en fait c'est qui c'est Guarani?
Francis Drake le corsaire & le fan de Jérémie Janot
En gros, quand on regarde l'histoire de la plupart des clubs de foot, on se retrouve très souvent devant le pitch suivant : "Un jour, un groupe d'étudiants se réunirent et patati et patata, et ils étaient anglais (souvent) et ils créèrent le FC Bidule". Et bien le Club Guarani d'Asuncion n'échappe pas à cette règle ancestrale. Il réalise même un joli combo en ajoutant l'option "sécession d'un autre club pré-existant". Dans les fait cela nous donne une bande de joyeux drilles, socios du Club Olimpia, qui, en 1903, se font gentiment bouter hors d'un terrain appartenant au susdit club, sur lequel ils avaient pris leurs habitudes. Alors, on vous le donne en mille : Ils se réunirent et décidèrent de fonder le Club Guarani, en l'honneur des amérindiens occupants le Paraguay depuis les premiers temps et leur langue (le guarani est parlé par 90% des paraguayens).
Passons donc sur le déconcertant manque d'originalité concernant la création d'El Cacique (oui, comme Colo Colo, une histoire d'indien également), le choix du maillot est lui, bien plus romantique. Au moment de choisir les couleurs que devront arborer les joueurs, un énergumène bien instruit proposa le jaune et le noir en référence à... Sir Francis Drake ! Un corsaire anglais légendaire de la seconde moitié du XVIe siècle, qui a rendu fou les galions espagnoles. Une référence maritime donc, pour un pays séparé de n'importe quel océan par plusieurs milliers de kilomètres... voilà, voilà. Quant aux rayures qui rappellent celles de la jaquette des uruguayens du Peñarol ? Elles sont le fait des frères Melian, membres fondateurs du club, qui voulaient pour leur part rendre hommage à leur club d'origine : Peñarol ! Le hasard n'existe pas...
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| Ouais... On dirait franchement des pyjamas. |
Maillot toujours : ces dernières années, le club s'est distingué dans ce domaine par le biais de son ancien gardien, Pablo Aurrecochea, qui eut la lumineuse idée de revêtir de fantasques tuniques célébrant les Simpson, Spiderman, Batman, Superman, Hulk ou bien Bob l'éponge. Monsieur Jérémie Janot, vous avez un fan.
Une fausse demi-finale et un ex du Téfécé
Sportivement, les Guaranis font partie des clubs fondateurs de la ligue professionnelle paraguayenne et à fortiori de la fédération paraguayenne. El Aborigen récoltera 10 championnats depuis sa création en 1903, dont le dernier en 2010. Certains sont plus savoureux que d'autres, c'est le cas des trophées de 1964, 1967 et 1969 : ceux du "Legendario Guarani" présidé par le non moins légendaire Juan Antonio Sosa Gautier.
Ce dernier, en compagnie des entraineurs uruguayens Ondino Vieira et José Maria Rodriguez, va relever les indiens et leur donner un nouveau souffle qui leur permettra de gagner les trois titres cités plus haut mais également d'atteindre pour la seule et unique fois de son histoire les demi finales de la Copa Libertadores, en 1966. Enfin c'est ce que nous affirme la version espagnole de leur page wikipedia, qui omet de préciser que l'exploit concerné est en réalité une qualification pour la seconde phase de la compétition, soit un tournoi à 7 qui verra les paraguayens finir bon dernier... Ha, et les brésiliens ne participaient pas à la coupe continentale cette année là. Bon. Mais c'est bien quand même.
Aujourd'hui, sur le plan national, le Club Guarani s'est calé dans la roue du leader azulgrana, le Cerro Porteño, quasiment intouchable cette saison. Mais le plus important c'est que l'équipe conduite par Fernando Jubero, un catalan de 41 ans anciennement recruteur pour le Barça, développe, selon ses observateurs, un jeu agréable. Outre le jeune coach ibérique, c'est un ancien de Ligue 1 qui en est en partie responsable. Les fans du Téfécé l'auront peut être deviné, ou pas, on ne leur en veut pas, il s'agit de Frederico Santander. Si l'attaquant de 23 ans n'a pas laissé une grande trace de son passage sur les bords de la Garonne, il s'éclate désormais à la maison, faisant briller El Cacique devant tout un continent.
Qualifiés difficilement, lors de la dernière journée des phases de groupes lors d'un match au cordeau face aux péruviens du Sporting Cristal, les Guaranis ont donc retrouvé le Racing Avallaneda argentin, qu'ils avaient également affronter en poule. Et les choses s'annoncent bien puisqu'ils ont remporté la rencontre allée, 1 but à 0 à domicile. Ne leur reste plus qu'à ne pas reprendre la correction qui leur avait été infligée en argentine fin Fevrier : Pour leur seul défaite de la compétition cette année, les aborigènes avaient encaissé un sale 4 à 1.
La partie retour aura donc lieu jeudi 28 mai prochain en Argentine. En cas de bon résultat, l'auteur hispanophone de la page wikipedia des Guaranis pourra enfin écrire que les jaunes et noirs ont atteint une demi finale. Non mais pour de vrai quoi.


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