vendredi 30 janvier 2015

Equateur : Le match "amical" de présentation de Barcelona

El Estadio Monumental Isidoro Romano Carbo du Barcelona SC


     Mercredi 28 Janvier, le Barcelona équatorien a présenté sa nouvelle formation et son nouveau maillot pour l'édition 2015 du championnat national qui débutera ce week end, dans une chaud ambiance.


     On connaît le tous, ce dernier match amical du mois de Juillet, celui avant la reprise du championnat. Le soleil est là, les dirigeants ont choisi d’organiser l’événement lors de ces doux après-midi d’été pour permettre aux plus petits de venir souhaiter bonne chance à leur équipe favorite. Dans cet ambiance de kermesse, où l’on présente les nouveaux sponsors, les nouvelles recrues, les nouvelles tenues, les nouveaux produits dérivés, votre club de cœur va affronter une sympathique équipe dont on a vu le nom une fois dans une poule de Coupe de l’UEFA en 2007. Illusion d’envergure européenne : bien joué le staff. Les ultras sont encore calmes, le résultat importe peu, ils sont là eux aussi pour se retrouver après cette longue trêve estivale. Bref : joie, légèreté, espoir et marketing.

     En Amérique Latine, Bola Latina vous en parlait déjà au travers de l’attentat sur Ricardo Centuríon lors du récent Boca/Racing, la notion de match amical peut être toute relative. L’ambiance du match de présentation du Barcelona Sporting Club de Guayaquil en Equateur en est un bel exemple. Mercredi dans son antre, le Monumental Isidore Romero Carbo, El Idolo del Astillero a affronté la modeste formation colombienne de Cúcuta. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’événement, baptisé La Noche Amarilla, a été célébré en tribune comme s’il eu s’agit d’un quart de Libertadores : Banderoles, papélitos, les incontournables rouleaux de papier toilette et même des fumigènes, L’autre Barça peut démarrer sa saison sereinement, leurs hinchadas sont déjà au taquet ! Magneto José :


     
     On applaudira également la magnifique performance du commentateur, qui ne semble pas non plus mesurer de la même manière que nous la valeur de l’enjeu d’une tel rencontre. La première journée du championnat équatorien 2015 commencera demain et Barcelona se déplacera sur la pelouse de la LDU Loja. Le chien présidentiel a beau supporter le rival Emelec, les toreros du Barcelona ont prévenu : il faudra compter sur eux.

Source :
http://www.ecuagol.com/ecuagol/index.php?n=66432

jeudi 29 janvier 2015

Mexique : El Tri abandonne le vert!

En noir et blanc, les mexicains se croient dans un clip de Mondino

     What the fuck ?! Ou plutôt : No mames que es esta chingadera ?! L’info avait fuité depuis quelques mois sur la toile, mais aujourd’hui Adidas l’a confirmé : La sélection mexicaine ne jouera plus en vert, du tout, du tout, jusqu’en 2018 et la Coupe du Monde en URSS.


Black & White


    Tout cela est on ne peut plus sérieux, Miguel Herrera, sélectionneur d’El Tri, et Teo Huseman, directeur de la marque aux trois bandes, sont venus annoncer en personne la drôle de nouvelles lors d’un programme télévisé national. La camiseta local sera donc noire avec des touches de vert fluo, tandis que la visitante sera blanche avec, elle aussi, des touches de vert mais également un peu de rouge, on y était presque, mais non. En comparaison, cela reviendrait à annoncer que la bande à Deschamps ne jouerait plus en bleu mais, disons, en marron et fuchsia, avec une touche de bleu ou que le mythique maillot jaune or brésilien disparaitrait au profit d’une tunique rouge fluo et souris, si, si c’est une couleur.

Un spot sur lequel les créas ont du sacrément plancher…


    Le spot diffusé par la firme allemande nous justifie avec poésie ce choix si particulier, en nous expliquant, accrochez-vous : que l’histoire ne gagne pas les matchs, que les souvenirs ne viennent pas sur le terrain pour jouer à ta place, que ce même terrain n’a pas de mémoire, que les statistiques ne peuvent prévoir le futur, qu’elles ne parlent que du passé, que les couleurs ne gagnent pas non plus les match – on y viens, on y viens – ni le numéro que tu portes d’ailleurs, que l’histoire s’écrie sur le pré, minute par minute, que ses statistiques justement, se crées sur chaque passe, chaque tacle, et que donc peu importe tes couleurs ou ton numéro, l’important c’est que tu ne changes pas ce qui est à l’intérieur de toi etc. etc., et attention punchline finale : On ne gagne pas avec un maillot, on gagne avec le cœur ! Et slogan à l’appuie pour emballer le tout « Le vert s’emmène dans le cœur (sic) ».

… que Monsieur le directeur ravagea en une phrase


     Dieu que c’est beau, et honnêtement ils auraient peut être du s’arrêter à ce postulat qui, somme toute, est assez défendable. Mais, merci de nous faire rire Teo, Mr. Huseman a semble-t-il rajouté aux côtés d’El Piojo Herrera que : « l’idée de ces deux maillots est de refléter la dualité entre ce que cela signifie de jouer à la maison et à en dehors d’elle (sic) ». Ça c’est ce que l’on appelle une pinche explication de galeriste du 4e arr., à propos d’une œuvre d’art contemporain qui se moque de votre manque d’initiation en la matière. Ou de la poudre yeux, du flanc, de la saucissonade.

Non mais qu’est ce qu’ils ne feraient pas pour vendre…

Source :


Brésil : Charlie Hebdinho et Charbinho froissent les supporters brésiliens



L'amour, toujours.

   L’assassinat des désormais légendaires dessinateurs de Charlie Hebdo n’a pas seulement secoué l’univers de la caricature subversive, il l’a également inspiré. Certains des dessins les plus célèbres de Cabu, Charb’ et Wolinski ont été repris dans le monde entier sous forme d’hommage et parfois, comme ici le brésilien Diogo Salles, dans le but de dénoncer à nouveau une injustice. Malheureusement pour lui, au pays où le football est sanctifié, s’attaquer à des clubs revient pour certains de leurs plus extrêmes supporters, à s’en prendre à leur « prophète ».


     Le 19 janvier dernier, Diogo Salles a donc publié ce coup de crayon satirique sur son blog SPFCharges. L'objectif du journaliste satirique était de dénoncer la posture ridicule des présidents du São Paulo FC et de Palmeiras, respectivement Carlos Miguel Aidar et Paulo Nobre, qui s’attaquent par voie de presse interposée depuis un bon moment, notamment en ce qui concerne Dudu (Palmeiras) et Alan Kardec (SPFC), tout deux sources de litiges entre les deux clubs. Mais Diogo explique surtout avoir voulu pointer du doigt un tabou du football brésilien – mondial à notre humble avis – celui de l’homophobie.

Les mots bleus

      Comme prévu, l’estocade de l’artiste a fait mouche et le cocktail « image du club + homosexualité » a fait exploser de rage de nombreux membres des deux torcedas paulistanas : « J’ai reçu bon nombre de menaces violentes, beaucoup de gens m’ont sommé de ne pas rire avec cela. » explique-t-il. Mais Diogo est un coutumier du fait, à l’époque où il était caricaturiste pour feu le Jornal da Tarde, ses illustrations qui généraient le plus de controverses concernaient le ballon rond : « Des 7 dessins que je faisais par semaines, au moins un était à propos du football. ». Et le moins que l’on puisse dire c’est que les apaixonados brésiliens ne perçoivent semble-t-il que trop peu le second degré : «  Les supporters agissent comme un régime fermé. Des tabous du foot, l’homosexualité est le plus grand. Le racisme aussi gêne énormément. (…) J’ai pu plaisanter avec les dirigeants, qui sont des politiciens, mais eux (les supporters) le prennent comme une offense au club, mais il n’en est rien. (…) Je voulais seulement attaquer l’homophobie par la satire ».


     Si l’on peut considérer que, partout où il y aura de l’adoration, il y aura de l’extrémisme, du fanatisme, l’on doit alors aussi s’assurer d’avoir toujours des satiristes et des humoristes pour ramener les fous à la réalité. Bola Latina vous soutient et vous embrasse Diogo.

Sources :
http-//espnfc.espn.uol.com.br/sao-paulo/spfcharges/aidar-e-nobre-o-beijo
http-//esporte.uol.com.br/futebol/ultimas-noticias/2015/01/29/inspirado-em-jornal-frances-chargista-retrata-beijo-entre-aidar-e-nobre.htm.webloc
http-//globoesporte.globo.com/futebol/times/palmeiras/noticia/2015/01/paulo-nobre-rebate-aidar-e-diz-para-ele-cuidar-de-seus-escandalos.html.webloc
http-//www.goal.com/br/news/3599/futebol-nacional/2015/01/23/8244062/paulo-nobre-rebate-aidar-gest%C3%A3o-de-esc%C3%A2ndalos

mardi 27 janvier 2015

Sudamericano Sub20 : Les argentins ont sorti la Winchester

La relève argentine semble avoir la gâchette facile...

     Après un première grosse semaine, dans les villes de Colonia et Maldonado en Uruguay, la Copa Sudamericana Sub20 achève son premier tour de compétition. La Copa America des jeunes loups nous a pour le moment donné une surprise péruvienne, une déception chilienne, une révélation argentine mais surtout beaucoup de golazos !


Groupe A : El Cholito Simeone dézingue à tout va, le Pérou boute l’Equateur


       7 asados en 5 matchs. Gio Simeone, fils de, continue de flinguer tout ce qui bouge et avec lui, l’Argentine Sub20 dessoude tout ceux qui se présentent devant elle : L’Equateur ? Bang, 5 à 2. Le Pérou ? Bim, 6 à 2. La Bolivie ? 3 balles dans le buffet, 0 contre. Et rebelote hier, pour la première journée de la seconde phase, contre les jeunes Incas, 2 buts à rien avec une nouvelle réalisation du Cholito. Seul les Paraguayens ont réussi à dégainer plus rapidement que les cow-boys de la Pampa. Une victoire sur le plus petit des scores dès plus salutaire, celle-ci ayant en grande partie scellé la qualif’ des mini Guaranis. Le dernier strapontin du groupe a finalement été attrapé par les péruviens lors de la dernière journée, face au Paraguay, grâce à un résultat nul arrangeant les deux partis. Cela aux dépends d’équatoriens qui peuvent légitimement en vouloir au calendrier. Attention donc pour la suite, à ces argentins en mode OK Corral.

Groupe B : L’Uruguay imprenable à domicile, le Chili traverse l’Atacama


     L’Uruguay joue clairement ce tournoi à 12. Le douzième homme ne vient pas d’éventuelles erreurs d’arbitrage mais bien des tribunes, dans lesquelles la Nación Charrúa a été au rendez vous pour soutenir ces petits. Faisant honneur à sa réputation, la Celeste a gagné son ticket pour le second tour avec la hargne qu’on lui connaît, montrant les crocs et les crampons pour défendre chaque ballon. On ne se refait pas hein... Les Brésiliens, menés par Gabriel, Guilherme et Kennedy ont également répondu présent, passant sans difficultés cette première étape, tout comme les Cafeteros colombiens, qui auront donc aussi profité de la faiblesse habituelle du Venezuela mais surtout de la déception chilienne. Légitimement annoncée comme une grosse écurie du tournoi, à la vue des derniers résultats internationaux en générale, la Rojita a fait un bide complet, ne devant ses 3 petits points qu’au rôle d’éternel sparring-partner de la Vinotinto sur le continent. Les enseignements de Marcelo Bielsa auraient-ils déjà été oubliés du côté de Santiago ?


      Le second tour, qui se déroule sous la forme d’un tournoi, s’est ouvert ce lundi 26 janvier dans l’antre de la mythique Celeste, l’Estadio Centenario de Montevideo. L’Argentine s’est imposée 2 à 0 face au Pérou, tandis que Paraguay/Colombie et Uruguay/Brésil accouchaient tout deux d’un 0-0 accroché.  Selon leurs résultats, les équipes se qualifieront pour les JO de Rio 2016, ainsi que  pour le Mondial Sub20 en Nouvelle-Zélande et les jeux Panaméricains de Toronto, qui auront lieu en 2015.

Excès d'éloges et faux requiem



     Juan Roman avait tout pour lui et il a tout gâché. Prenons le temps de la réflexion : il y a eu une foule de joueur de son acabit, de grands talents, dont la carrière n’est en réalité pas un franc succès,  jalonnée de « aurait pu », « aurait du ». Riquelme est un rêve de hippie, l’idolâtrer revient à confesser un cruel manque de compréhension du football moderne.

    Les gens désirent voir des joueurs de haut niveau évoluer ensemble, pour affronter d’autres joueurs de haut niveau. Ils paient pour cela. Les salaires d’aujourd’hui se justifient d’ailleurs par cette volonté du public d’assister à un grand spectacle. Là où les présidents de club sont des promoteurs de show, les joueurs sont des gladiateurs. Ainsi ces derniers se doivent de tout mettre en œuvre dans le but de satisfaire le peuple des stades. Cela passe par les grands championnats européens. L’Angleterre, l’Espagne, L’Allemagne, l’Italie, même en déclin, sont les surfaces de jeux les plus regardées de la planète. Il faut se rendre à l’évidence : le beau football, celui qui vous en met plein les mirettes, celui des gagnants, se trouve sur le vieux continent. A quoi bon s’esquinter à regarder des championnats exotiques vidés de tout leurs talents, les rencontres qu’ils proposent sont la majeure partie du temps des purges technique et tactique sans intérêt. En ratant son passage espagnol et en se complaisant dans son cocon de Boca, Juan Roman Riquelme a fait preuve d’égoïsme, privant le monde d’un talent annoncé prometteur, et de lâcheté, en refusant de se confronter aux autres vedettes mondiales.

     Et quel talent ? Après tout, Juan Roman Riquelme n’a que très peu été présent sur les listes de nominés au Ballon d’Or – 3 fois en tout : 14e en 2005, tout juste sélectionné en 2006 et 14e en 2007 – et son palmarès est vierge de tout trophées majeurs. Hormis ses distinctions sur le continent sud-américain, les titres en clubs se limitent à une coupe Intertoto 2004 avec Villarreal. Heurtebis, Goussé, Delfim et Olembe en comptent autant… Quant à la sélection, l’or Olympique de 2008 pourrait faire illusion si l’on ne concède pas que la performance de l’albiceleste en Chine est avant tout l’œuvre de la génération Messi-Di Maria-Aguëro, génération qui a su amener l’Argentine en finale de Coupe du Monde, elle. L’on peut également noter que beaucoup de ses contemporains argentins, de niveau international, sont partis sans recevoir autant d’éloges. Qui était là pour ajouter son mouchoir à l’heure des retraites de Verón, Crespo, Lopez, Sorin, Heinze et Gallardo ? Où sont passés les articles larmoyants et les vidéos best-of ? Ses fuoriclasses, qui eurent au moins le courage et les capacités nécessaires pour s’imposer dans les grandes équipes européennes, ont eu une carrière tout aussi intéressante que la sienne, souvent bien plus complète même. Comme eux, Aimar partira bientôt, sans bruit, sans reconnaissance.

    Juan Roman Riquelme est un fantasme d’idéaliste, une fantaisie pour esthète, une utopie, un mensonge. Riquelme, c’est un football archaïque, passéiste. Le football est quelque chose de sérieux, lui ne l’a jamais considéré comme tel. Les grands joueurs gagnent, Juan Roman Riquelme ne gagnait pas. Juan Roman Riquelme n’est pas le grand joueur que l’on veut vous faire croire.
Signé : Le cynisme

     Voilà ce que l’on aurait pu écrire si l’on n’aimait pas le football naïf, celui des enfants, celui des rues, des parcs, des cours et des terrains vagues, celui du dimanche, du samedi, d’après l’école, celui qui est baigné par le soleil, trempé par la pluie, celui qui s’est improvisé, qui n’avait pas lieu d’être, celui où c’est n’importe quoi, où c’est trois grands contre huit petits, où même les clebs participent, celui où il n’y a même pas de cages, celui qu’on joue tout seul, entre les meubles du salon, celui que les adultes oublient, puis se rappellent, le regard perdu, un sourire mélancolique éclairant le visage, celui que l’on est en train de tuer. Attention…

     Non, vraiment Juan Roman Riquelme ne mérite pas touts ces éloges, car il s’agit d’une duperie, il n’a pas pris sa retraite. Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus, il continuera de jouer à ce jeu, pendant un asado, avec ses enfants, ses petits-enfants, ses amis. L’on n’arrête jamais de jouer au football quand on le vit comme cet homme.


     Alors, vamos a jugar Señor Riquelme ?