mercredi 14 janvier 2015

Mexico : Polémique sur le nombre d'étrangers en Liga MX

Lucas Lobos, idole des Tigres de Monterrey aujourd'hui à Toluca, argentin naturalisé mexicain

Sagement calé sur les championnats européens, la Liga MX, l’élite du ballon rond au sud du Rio Grande, a repris ses droits ce week-end non sans une bonne petite polémique. Ici et là, des voix s’élèvent dans les médias pour dénoncer la cohorte de joueurs étrangers qui croit à chaque mercato dans les effectifs des clubs professionnels.


Les règles changent et les chiffres parlent

           Lors de la première journée du championnat de Clausura 2015, le nombre de Foréanos, comme les appelle une partie de la presse, représentaient 25%, 84 joueurs exactement, des 332 paires de crampons ayant foulées les pelouses aztèques samedi et dimanche.

Et l’on peut s’autoriser à prédire une augmentation de ces renforts extérieurs pour les années à venir. Depuis janvier 2014, la fédération mexicaine a permis aux clubs d’aligner des joueurs naturalisés, sans limites de quantité dans les effectifs ou d’ancienneté au sein des compétitions nationales. Cela en plus des cinq places déjà attribuées aux joueurs n’ayant aucun passeport vert-blanc-rouge.

D’autant plus que la refonte du championnat mexicain, effectuée il y a deux ans afin d’en faire une place majeure du football du nouveau monde, est pour le moment une réussite. Il y a donc fort à penser que cette invasion venue du sud est l’un des fruits de ce succès. 

La mise en péril de la formation mexicaine

            Cette transformation de la Liga MX fait bien évidemment grincer des dents dans un pays où le club le plus populaire, les Chivas de Guadalajara, n’autorise que des mexicains à porter sa tunique rayée de blanc et de rouge, comme le fait en Espagne l’Athletic Bilbao, maillot inclut.

Le principal dommage que craignent les compatriotes de Don Diego de la Vega, concerne les jeunes pousses. La formation est en effet devenue le cheval de bataille de la FMF depuis les années 90 et le passage d’un certain Marcelo Bielsa – tiens, tiens – à l’Atlas puis à L’America. Pour le moment les effets de cette politique sur les 20 dernières années est plutôt positif, en atteste les résultats des équipes jeunes d'el Tri dans les championnats de la FIFA et aux Jeux Olympiques, ou bien le nombre grandissant de mexicains intégrant différentes écuries des ligues majeurs du vieux continents. En attendant de réellement trouver des successeurs aux glorieux Hugo Sanchez et Rafael Marquez, les Vela, Guardado, Dos Santos, Chicharito et autres Ochoa font un travail plutôt remarquable en ce qui concerne la bonne présentation du Mexique de notre côté de l’Atlantique.

Ce long travail de fond pourrait être remis en question par cette arrivée massive de talents étrangers : Ceux-ci pourraient relayer les jolies promesses mexicaines au rang d’éternels remplaçants et par la même retarder, voir empêcher, leur éclosion.

La Liga MX comme la Premier League

            À ces critiques et ces inquiétudes, el Señor Decio de Maria, président de la Ligue, apporte la réponse suivante : « Dans les plus grands pays du monde footballistique, les naturalisés font parti du championnat, ils sont importants, donnent de la couleur au tournoi et certains sont même pris en compte pour intégrer les sélections des pays qui les ont adoptés ; soit parce qu’ils répondent à ce que l’on attends d’eux, ou bien parce qu’ils sont considérés comme des talents gâchés (…) je trouve que tous ces footballeurs viennent renforcer le niveau de nos ligues. ».

La comparaison avec les championnats européens, où l’Arrêt Bosman règle une bonne partie de la question du quota de joueurs étrangers, est bien sentie en ce qui concerne les résultats sur le niveau de jeu, soit le spectacle et donc en finalité la « vente » de la Liga MX. Toutefois, notamment au regard des effets secondaires observés en Angleterre, cet d’argument renforce malgré lui les appréhensions des détracteurs.

Si le show présenté chaque semaine sur les gazons de Premier League est d’une rare qualité, la grande présence de joueurs étrangers (55% en 2013) a considérablement réduit le nombre de sélectionnables anglais dans les troupes d’élite du royaume de Babeth n°2, altérant au passage l’intégration des jeunes talents locaux dans les effectifs pros. La pitoyable dernière performance des sujets de cette dernière au Brésil cet été, est le témoin alarmant de l’appauvrissement de la formation d’outre-manche. Et qui pour prendre le relais des Lampard, Gerrard et Ferdinand ? Pas sûr donc, que prendre le modèle anglais comme exemple soit une chouette solution sur le long terme, paradoxalement la fédé aux trois lions fait par ailleurs actuellement machines arrières et souhaite réduire ce contingent étranger.


            Si l’on est loin des chiffres européens pour le moment, il est encore temps de se poser la question : Des étoiles et des prouesses chaque week-end dans les stades mexicains ou bien enfin une victoire en huitième de finale de Coupe du Monde pour los verdes ? Il va falloir choisir les Carnales.  

Sources : 
•http-//planoinformativo.com/planodeportivo/nota_deportes/id/77264/noticia/sigue-la-polemica-por-los-naturalizados-y-las-plazas-de-extranjeros.html#.VLWAMmSG83B
•http-//www.mediotiempo.com/futbol/mexico/noticias/2015/01/12/arranco-liga-mx-con-25-por-ciento-de-foraneos
•http-//www.rfi.fr/sports/20141010-football-moins-joueurs-etrangers-premier-league/
•http-//www.sofoot.com/angleterre-55-de-joueurs-etrangers-166092.html.webloc


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