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| Lucas Lobos, idole des Tigres de Monterrey aujourd'hui à Toluca, argentin naturalisé mexicain |
Sagement calé sur les championnats européens, la Liga MX, l’élite du ballon rond au sud du Rio Grande, a repris ses droits ce week-end non sans une bonne petite polémique. Ici et là, des voix s’élèvent dans les médias pour dénoncer la cohorte de joueurs étrangers qui croit à chaque mercato dans les effectifs des clubs professionnels.
Les règles changent et les chiffres parlent
Lors de la première journée du championnat de Clausura 2015, le nombre de Foréanos, comme les appelle une partie
de la presse, représentaient 25%, 84 joueurs exactement, des 332 paires de
crampons ayant foulées les pelouses aztèques samedi et dimanche.
Et l’on peut s’autoriser à prédire
une augmentation de ces renforts extérieurs pour les années à venir. Depuis
janvier 2014, la fédération mexicaine a permis aux clubs d’aligner des joueurs
naturalisés, sans limites de quantité dans les effectifs ou d’ancienneté au
sein des compétitions nationales. Cela en plus des cinq places déjà attribuées
aux joueurs n’ayant aucun passeport vert-blanc-rouge.
D’autant plus que la refonte du championnat
mexicain, effectuée il y a deux ans afin d’en faire une place majeure du
football du nouveau monde, est pour le moment une réussite. Il y a donc fort à
penser que cette invasion venue du sud est l’un des fruits de ce succès.
La mise en péril de la formation mexicaine
Cette transformation de la Liga MX fait bien évidemment
grincer des dents dans un pays où le club le plus populaire, les Chivas de
Guadalajara, n’autorise que des mexicains à porter sa tunique rayée de blanc et
de rouge, comme le fait en Espagne l’Athletic Bilbao, maillot inclut.
Le principal dommage que craignent
les compatriotes de Don Diego de la Vega, concerne les jeunes pousses. La
formation est en effet devenue le cheval de bataille de la FMF depuis les
années 90 et le passage d’un certain Marcelo Bielsa – tiens, tiens – à l’Atlas
puis à L’America. Pour le moment les effets de cette politique sur les 20
dernières années est plutôt positif, en atteste les résultats des équipes jeunes
d'el Tri dans les championnats de la FIFA et aux Jeux Olympiques, ou bien le
nombre grandissant de mexicains intégrant différentes écuries des ligues
majeurs du vieux continents. En attendant de réellement trouver des successeurs
aux glorieux Hugo Sanchez et Rafael Marquez, les Vela, Guardado, Dos Santos,
Chicharito et autres Ochoa font un travail plutôt remarquable en ce qui
concerne la bonne présentation du Mexique de notre côté de l’Atlantique.
Ce long travail de fond
pourrait être remis en question par cette arrivée massive de talents étrangers :
Ceux-ci pourraient relayer les jolies promesses mexicaines au rang d’éternels
remplaçants et par la même retarder, voir empêcher, leur éclosion.
La Liga MX comme la Premier League
À ces critiques et ces inquiétudes, el Señor Decio de
Maria, président de la Ligue, apporte la réponse suivante : « Dans les
plus grands pays du monde footballistique, les naturalisés font parti du
championnat, ils sont importants, donnent de la couleur au tournoi et certains
sont même pris en compte pour intégrer les sélections des pays qui les ont
adoptés ; soit parce qu’ils répondent à ce que l’on attends d’eux, ou bien
parce qu’ils sont considérés comme des talents gâchés (…) je trouve que
tous ces footballeurs viennent renforcer le niveau de nos ligues. ».
La comparaison avec les
championnats européens, où l’Arrêt Bosman règle une bonne partie de la
question du quota de joueurs étrangers, est bien sentie en ce qui concerne les
résultats sur le niveau de jeu, soit le spectacle et donc en finalité la
« vente » de la Liga MX. Toutefois, notamment au regard des effets
secondaires observés en Angleterre, cet d’argument renforce malgré lui les
appréhensions des détracteurs.
Si le show présenté chaque
semaine sur les gazons de Premier League est d’une rare qualité, la grande
présence de joueurs étrangers (55% en 2013) a considérablement réduit le nombre
de sélectionnables anglais dans les troupes d’élite du royaume de Babeth n°2, altérant
au passage l’intégration des jeunes talents locaux dans les effectifs pros. La
pitoyable dernière performance des sujets de cette dernière au Brésil cet été,
est le témoin alarmant de l’appauvrissement de la formation d’outre-manche. Et
qui pour prendre le relais des Lampard, Gerrard et Ferdinand ? Pas sûr
donc, que prendre le modèle anglais comme exemple soit une chouette solution
sur le long terme, paradoxalement la fédé aux trois lions fait par ailleurs actuellement
machines arrières et souhaite réduire ce contingent étranger.
Si l’on est loin des chiffres européens pour le moment, il
est encore temps de se poser la question : Des étoiles et des prouesses
chaque week-end dans les stades mexicains ou bien enfin une victoire en
huitième de finale de Coupe du Monde pour los verdes ? Il va falloir
choisir les Carnales.
Sources :
•http-//planoinformativo.com/planodeportivo/nota_deportes/id/77264/noticia/sigue-la-polemica-por-los-naturalizados-y-las-plazas-de-extranjeros.html#.VLWAMmSG83B
•http-//www.mediotiempo.com/futbol/mexico/noticias/2015/01/12/arranco-liga-mx-con-25-por-ciento-de-foraneos
•http-//www.rfi.fr/sports/20141010-football-moins-joueurs-etrangers-premier-league/
•http-//www.sofoot.com/angleterre-55-de-joueurs-etrangers-166092.html.webloc

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