vendredi 22 mai 2015

Paraguay : Mais qu'est ce que c'est que ces Guaranis ?

Des joueurs du Guarani en plein trip


     C'est la petite surprise de ces quarts de finale de Libertadores, le Club Guarani d'Asuncion surprend son monde. Après avoir éliminé les Corinthians en huitièmes, les paraguayens ont pris l'avantage sur le champion argentin en titre, le Racing Avallaneda, et s'imagine bien atteindre les demi finales pour la seconde fois de leur histoire. Mais en fait c'est qui c'est Guarani?


Francis Drake le corsaire & le fan de Jérémie Janot

     En gros, quand on regarde l'histoire de la plupart des clubs de foot, on se retrouve très souvent devant le pitch suivant : "Un jour, un groupe d'étudiants se réunirent et patati et patata, et ils étaient anglais (souvent) et ils créèrent le FC Bidule". Et bien le Club Guarani d'Asuncion n'échappe pas à cette règle ancestrale. Il réalise même un joli combo en ajoutant l'option "sécession d'un autre club pré-existant". Dans les fait cela nous donne une bande de joyeux drilles, socios du Club Olimpia, qui, en 1903, se font gentiment bouter hors d'un terrain appartenant au susdit club, sur lequel ils avaient pris leurs habitudes. Alors, on vous le donne en mille : Ils se réunirent et décidèrent de fonder le Club Guarani, en l'honneur des amérindiens occupants le Paraguay depuis les premiers temps et leur langue (le guarani est parlé par 90% des paraguayens).

Passons donc sur le déconcertant manque d'originalité concernant la création d'El Cacique (oui, comme Colo Colo, une histoire d'indien également), le choix du maillot est lui, bien plus romantique. Au moment de choisir les couleurs que devront arborer les joueurs, un énergumène bien instruit proposa le jaune et le noir en référence à... Sir Francis Drake ! Un corsaire anglais légendaire de la seconde moitié du XVIe siècle, qui a rendu fou les galions espagnoles. Une référence maritime donc, pour un pays séparé de n'importe quel océan par plusieurs milliers de kilomètres... voilà, voilà. Quant aux rayures qui rappellent celles de la jaquette des uruguayens du Peñarol ? Elles sont le fait des frères Melian, membres fondateurs du club, qui voulaient pour leur part rendre hommage à leur club d'origine : Peñarol ! Le hasard n'existe pas...

Ouais... On dirait franchement des pyjamas.
Maillot toujours : ces dernières années, le club s'est distingué dans ce domaine par le biais de son ancien gardien, Pablo Aurrecochea, qui eut la lumineuse idée de revêtir de fantasques tuniques célébrant les Simpson, Spiderman, Batman, Superman, Hulk ou bien Bob l'éponge. Monsieur Jérémie Janot, vous avez un fan.

Une fausse demi-finale et un ex du Téfécé

     Sportivement, les Guaranis font partie des clubs fondateurs de la ligue professionnelle paraguayenne et à fortiori de la fédération paraguayenne. El Aborigen récoltera 10 championnats depuis sa création en 1903, dont le dernier en 2010. Certains sont plus savoureux que d'autres, c'est le cas des trophées de 1964, 1967 et 1969 : ceux du "Legendario Guarani" présidé par le non moins légendaire Juan Antonio Sosa Gautier.

Ce dernier, en compagnie des entraineurs uruguayens Ondino Vieira et José Maria Rodriguez, va relever les indiens et leur donner un nouveau souffle qui leur permettra de gagner les trois titres cités plus haut mais également d'atteindre pour la seule et unique fois de son histoire les demi finales de la Copa Libertadores, en 1966. Enfin c'est ce que nous affirme la version espagnole de leur page wikipedia, qui omet de préciser que l'exploit concerné est en réalité une qualification pour la seconde phase de la compétition, soit un tournoi à 7 qui verra les paraguayens finir bon dernier... Ha, et les brésiliens ne participaient pas à la coupe continentale cette année là. Bon. Mais c'est bien quand même. 

Aujourd'hui, sur le plan national, le Club Guarani s'est calé dans la roue du leader azulgrana, le Cerro Porteño, quasiment intouchable cette saison. Mais le plus important c'est que l'équipe conduite par Fernando Jubero, un catalan de 41 ans anciennement recruteur pour le Barça, développe, selon ses observateurs, un jeu agréable. Outre le jeune coach ibérique, c'est un ancien de Ligue 1 qui en est en partie responsable. Les fans du Téfécé l'auront peut être deviné, ou pas, on ne leur en veut pas, il s'agit de Frederico Santander. Si l'attaquant de 23 ans n'a pas laissé une grande trace de son passage sur les bords de la Garonne, il s'éclate désormais à la maison, faisant briller El Cacique devant tout un continent.

Qualifiés difficilement, lors de la dernière journée des phases de groupes lors d'un match au cordeau face aux péruviens du Sporting Cristal, les Guaranis ont donc retrouvé le Racing Avallaneda argentin, qu'ils avaient également affronter en poule. Et les choses s'annoncent bien puisqu'ils ont remporté la rencontre allée, 1 but à 0 à domicile. Ne leur reste plus qu'à ne pas reprendre la correction qui leur avait été infligée en argentine fin Fevrier : Pour leur seul défaite de la compétition cette année, les aborigènes avaient encaissé un sale 4 à 1.

     La partie retour aura donc lieu jeudi 28 mai prochain en Argentine. En cas de bon résultat, l'auteur hispanophone de la page wikipedia des Guaranis pourra enfin écrire que les jaunes et noirs ont atteint une demi finale. Non mais pour de vrai quoi.

mardi 19 mai 2015

Brésil : Cassio, gentille tête de Troll

"GHEUUUUUUUUUUUU..."


     Grand, légèrement vouté, mâchoire inférieure avancée, air un brin simplet (désolé pour lui mais admettez que...) : Cássio Ramos, gardien des Corinthians de São Paulo, a ce que l'on appelle communément un physique rigolo. Focus sur un homme qui peut au moins se targuer de ne pas ressembler à Mr. Tout le monde.


Super-sub avec des gants


     Formé chez les bleus et noirs du Gremio de Porto Alegre dans le sud du Brésil, Cássio commencera, comme tout bon newbie qui se respecte, par cirer allègrement le banc des remplaçants. Mais déjà le bonhomme a le sens du devoir, et lorsqu'il est appelé à suppléer le n°1, contre Fluminense en 2006, "grands pieds" rempli sa mission avec professionnalisme, délivrant même une passe décisive de sa surface de réparation. Malgré cette jolie preuve de compétences, il n'endossera jamais plus le maillot des gauchos. 

Manque de bol? Bien au contraire ! Cássio est remarqué par le staff de la Seleção U-20 qui le sélectionne en tant que 3e gardien pour la Copa America de cette même catégorie. Vernis jusqu'au bout en cette année 2006, il parviendra finalement à récupérer la place de titulaire après une cascade de blessures. Encore une fois au rendez-vous en terme d'efficacité, il remportera la compétition aux côtés de Willian, Pato, Luiz Adriano et... Tchô, qui, à défaut d'avoir eu une grande carrière, possède un drôle de patronyme. 

Cette performance continentale l'emmènera en Europe, au mythique PSV précisément. Mais l'heure de gloire n'est pas encore venue et Cássio squatte les tribunes, grattant en passant un championnat national en 2008, 90 min en Europa League et une quinzaine de match en prêt au Sparta Rotterdam.

2012, le grand cru


     Fin 2011, Queixo Rubro fait le choix idoine. Décidé à enfin trouver du temps de jeu, il signe chez les légendaires Corinthians de São Paulo qui ne lui offrent pourtant pas la place de titulaire si facilement. Mais ce coup-ci, Cássio arrivera à avoir la peau du gus qui lui fait de l'ombre. C'est donc le pauvre Julio César, non pas celui auquel vous pensez, un autre, moins bon, qui lui cèdera sa place au bout de 4 mois. Comme prévu, notre cher ami fait le job. 

Un mois après la conquête de cette satanée place de numéro 1, c'est une jolie histoire qui débute en Copa Libertadores. Cássio écœure d'abords les équatoriens de l'Emelec en huitième de finale lors d'une partie qui le couronnera homme du match. Puis, 3 jours après un match de bonhomme contre Fluminense en Brasilerão, comme ça, en passant, le goleiro devient "Petr Cássio" lors du quart qui oppose le Timão aux Cariocas du Vasco de Juninho. Il se montrera notamment décisif sur un duel qui eût pu être fatal aux paulistanos. Les supporters en frissonnent encore.



"GNÉÉÉÉÉÉ..."
Mais la belle année ne s'arrête pas là : Les Corinthians, protégés par leur atypique rempart finissent par remporter le trophée continental face au Boca du magicien Riquelme. Voilà donc notre "tronche" préféré envoyé au Japon pour la Coupe du Monde des Clubs où il brillera face à Chelsea, permettant à l'équipe brésilienne d'être sacrée mondialement. Son bandeau et lui en profiteront pour rafler le prix de meilleur joueur du tournoi et une place de meilleur gardien brésilien en activité selon l'IFFHS cette année là.

Une option pour la Seleção ?


     En voilà de beaux exploits, n'est ce pas? Suffisant pour endosser la tunique sacrée des auriverdes? Ben non. Sa magnifique année 2012 ne lui vaudra que 2 pauvres petites convocations en équipe nationale. Régulier et performant depuis 3 ans, si on lui passe sa boulette récente en grande partie responsable de l'élimination des Corinthians de la Libertadores, Cássio garde bon espoir comme il l'expliquait à Radio Bandeirantes il y a un mois : 

"Je pense que je suis en bonne forme, je maintiens une bonne régularité. L'année dernière, je pense également avoir fait une grande année. Mais je respecte le sélectionneur, il a ses choix, peut être pense-t-il que d'autres joueurs sont devant moi, mais je ne doute pas une seule seconde que mon heure viendra."

Alors que le Brésil est en pleine transition à ce poste, pour lequel Jefferson (Botafogo), Grohe (Gremio) ou Diego Alves (Valencia) semblent tenir la corde pour la place de titulaire, Dunga serait bien inspiré de donner également sa chance au portier chevelu de 27 ans. Premièrement parce qu'il le mérite, deuxièmement parce que... ça aurait de la gueule !

      Encore une fois zappé pour la Copa America 2015, le gentil Troll devra prendre une nouvel fois son mal en patience. A moins qu'une fortuite série de blessure...

mardi 28 avril 2015

Chili : Esteban Paredes court après les légendes

Ha bah nan Esteban, t'as encore tout crotté ton maillot...


     Certains joueurs ont besoin de s'expatrier pour pouvoir s'épanouir, d'autres sont en revanche de véritables prophètes en leur pays, qu'ils n'auront pas ou peu quitté de leur carrière, restants insensibles aux sirènes européennes. Esteban Paredes est de ces joueurs-ci, et il est actuellement en passe de définitivement passer dans la postérité du championnat chilien.


     Face à Cobreola ce week end, el Tanque a marqué son centième but sous les couleurs de Colo Colo, ce qui, déjà, est en soi un nouveau coup de burin gravant encore un peu plus son nom dans les murs du légendaire club de Santiago. Institution nationale qui fêtait de son côté son 90e anniversaire. Voilà ce que l'on peut appeler un bon timing. 

Mais ce n'est pas tout, l'attaquant international peut faire bien mieux cette saison. Si Esteban termine une nouvelle fois meilleur buteur du championnat, il deviendra le premier et unique quintuple détenteur de ce prix individuel. Le capitaine du club à la tête de cacique partage pour le moment celui de quadruple meilleur buteur du Chili avec le paraguayen Eladio Zarate, qui réalisa un triplé avec l'Union Española (67, 68  et 69), puis en rajouta une couche pour la route en 71 avec le rival de l'Universidad de Chile. De plus il serait le premier joueur de los Albos a obtenir cette distinction à quatre reprises, dépassant le record de Carlos El Chino  Caszely qui le fut en 79, 80 et 81.

Pour le moment, Visogol a fait trembler les filets 9 fois, soit autant que Matias Donoso (Cobresal) et Gustavo Canales (U de Chile), mais encore un de moins que Jean Paul Pineda, non il n'y a pas de blague sur le patronyme de ce dernier, qui devance tout ce petit monde d'un but.

Faire tomber tout ces records serait le genre de petit bonus moral qui pourrait inciter Paredes, capitaine actuel de Colo Colo, à rester au club, lui dont les négociations de prolongation au club semblent déjà être compliquées avant même d'avoir commencées.

Sources :
http://www.latercera.com/noticia/deportes/2015/04/656-627397-9-esteban-paredes-lucha-por-una-marca-historica-para-colo-colo-y-el-futbol-chileno.shtml

lundi 27 avril 2015

Brésil : Ronaldinho de retour à la maison ?

"La vache, il passe moyen le tacos d'hier là, suis pas en forme moi..."


     Bon, on ne va rien se cacher, même si on n'aime pas trop dire du mal de Ronaldinho à Bola Latina, il faut tout de même admettre que l'aventure mexicaine du fantasque acrobate n'est pas franchement une réussite... Il pourrait d'ailleurs bientôt rebondir au pays et trahir l'un de ses anciens clubs.


Et Ronnie découvrit la tequila...


     Arrivé chez les Gallos de Queretaro depuis Septembre 2014, le bilan comptable du maestro n'est pas folichon : Une vingtaine d'apparitions, une poignée de buts et une piètre 12e place pour des bleus et noirs qui rêvaient d'horizons bien différents avec un tel artiste dans leurs rangs. Le Mexique est un pays extrêmement festif et il semblerait que R10 soit retombé dans ses travers nocturnes (les a-t-il déjà quitté?). Et malgré quelques jolis gestes pour alimenter sa chaîne Youtube et sa propre légende, Ronnie aura du mal à faire oublier aux dirigeants et aux supporters mexicains sa disparition de Noël, lors de laquelle il se sera mystérieusement éclipsé des radars du clubs durant 20 longs jours. 

Enfin bref : La déception est de taille et Queretaro cherche d'ores et déjà à refourguer l'ancien parisien à une nouvelle équipe... Et qu'y a-t-il de mieux lorsque l'on n'est pas satisfait d'un achat, qu'un bon vieux retour à l'envoyeur?

Et Ronnie pourrait devenir Juda...


     Selon Globo, un retour au Brésil se profilerait donc pour le petit Ronald. Mais où? Un retour à Gremio, son club formateur de Porto Alegre? Não. A Flamengo, là où il s'est refait une santé après sa fin chaotique au Milan? Que nenni. Alors chez les Gallos, de l'Atletico Mineiro cette fois ci, qu'il avait quitté les bras chargés de trophées pour s'échouer en terre mexicaine? Justement pas, bien au contraire : La rumeur l'enverrait en effet du côté de l'ennemi héréditaire du club de Belo Horizonte, les bleus de Cruzeiro !

Le club du Minas Gerais est à la recherche d'un nouveau faiseur de show depuis que le jeune Lucas Silva est allé voir à Bernabeu si les bancs Recaro étaient confortables. Une aubaine donc, que cette proposition du staff mexicain ! La Raposa pourrait ici faire d'une pierre, deux coups : rapatrier un joyaux technique et, on ne va pas se mentir non plus sur ce point, marketing d'une part,  puis d'autre part faire la nique à leurs rivaux du CAM qui devrait, à priori, l'avoir bien mauvaise.

D'autant plus que Cruzeiro est actuellement qualifié pour les huitième-de-finales de la Copa Libertadores et que Ronnie n'a pas encore été inscrit dans la compétition reine du continent. Ce dernier serait disponible en Juin en cas de succès des négociations, il finirait donc son contrat chez les coqs mexicains, et pourrait alors participer aux demi-finales si les Celestes parvenaient à ce stade.


Ça fait beaucoup de "si", certes, mais dans le cas où Ronaldinho rejoindrait Cruzeiro, la vraie nouvelle serait la suivante : Ce serait la première fois depuis le début de sa carrière que le champion du monde brésilien trahirait l'une de ses anciennes couleurs.

Encore un coup de latte dans les côtes du romantisme tiens...

Sources :
http://globoesporte.globo.com/futebol/times/cruzeiro/noticia/2015/04/ronaldinho-gaucho-e-oferecido-ao-cruzeiro-que-estuda-contratacao.html?utm_source=Facebook&utm_medium=Social&utm_content=Esporte&utm_campaign=globoesportecom

vendredi 24 avril 2015

Mexique : Chivas vs America, mais pourquoi diable se détestent ils autant?

Qui qu'a mis la semelle en premier?


     Ce Dimanche 26 avril les rues mexicaines seront vides, les échoppes baisseront leurs stores, le vent sifflera solitairement et une mélodie d'Ennio Morricone semblera flotter dans les airs. Ce dimanche mesdames et messieurs, c'est le duel des caïds, des deux clubs les plus populaires du pays, c'est le Classico de los classicos : Les Chivas de Guadalajara reçoivent l'America de Mexico D.F.. Mais d'où vient donc cette vieille rivalité?


Les aigles tirent les premiers


     Les premières étincelles du Classico Nacional jaillirent à la fin des années 50, lors de la saison 58/59 précisément. Á cette époque, ce sont les Chivas qui endossent le rôle d'épouvantail. Fort d'un premier titre glané en 57, futur vainqueur de l'exercice en cours, les chèvres ne font que débuter une décennie de gloire et de succès qui les verra remporter 7 de leurs 11 titres nationaux. L'America de son côté, est toujours vierge en championnat depuis les débuts de l'ère professionnelle (1943), mais reste une place forte du football mexicain comme le prouve ses deux victoires en coupe en 54 et 55.

     Pourtant en cette année 1959, si le leader est tapatio, l'orgueil est chilango et c'est par son charismatique entraineur Don Fernando Marcos que l'America allumera la mèche. Don Marcos était un homme complet, qui aura été, au cours de sa longue vie, joueur, arbitre, entraineur, chroniqueur et commentateur. Un peu comme Luis Fernandez quoi. Rire. Et un peu comme Luis, le Don n'est pas avare de bons mots. Alors quand il se présente devant la presse avant ce nouveau déplacement dans le Jalisco, après avoir enchainé tout les clubs de la ville (Oro, Atlas et Chivas donc) par 2 buts à rien lors des dernières confrontations, voilà ce qu'il lâche : 

"L'America ne vient pas à Guadalajara pour gagner, ça, c'est une routine. Nous, on vient pour avoir leur numéro de téléphone. Et le voici, comme cela vous le saurez mes amis : Tout ceux qui souhaiteront appeler à Guadalajara composeront deux zéro, deux zéros, deux zéros ou le 20-20-20. Cordialement, l'America.". Boum. Punchline. Booba et Rhoff n'ont qu'à bien se tenir. Question karma, on repassera puisque le Rebaño corrigera Don Marcos sur le score de... 2 à 0.

Les années 80, matchs historiques et grosses bastons

     20 ans après, la haine entre les clubs n'a cessée de croitre, et atteint son apogée lors de cette décennie bigarrée et fluo que sont las ochentas. Sur le plan sportif la "routourne" est en train de tourner, ce sont les azulcremas de D.F. qui commencent leur décade dorée. Mais avant cela il y a 83. 1983, les demi-finales du championnat et la bataille de Tlalpan : L'America remporte le match aller 2 buts à 1 en terre tapatias, mais leur retour ne se passe pas comme prévu et les Chivas les corrigent sans scrupules par 3 tortas ahogadas à rien. Au coup de sifflet final, le chaos. Pour la première fois, la tension accumulée lors des 90 minutes, explose comme le Popocatepelt le fera un jour. Des crinières, des baffes et de l'anarchie : 



     L'année suivante, pour la saison 83/84, les deux équipes se retrouvent tout en haut de la montagne, pour la grande finale, l'unique à ce jour qui fit se rencontrer aguilas et chivas, celle qu'il ne fallait pas perdre. Le premier round aboutira sur un match nul épique lors duquel les joueurs de Guadalajara referont héroïquement leur retard après avoir été menés de deux buts. A l'Azteca, l'America, qui joue à 10 contre 11 depuis la 20e minute, croit apercevoir le spectre de l'épisode de 83 pointer le bout de son nez lorsqu'en fin de première période un pénalty est accordé au rebaño. Mais Zelada, le gardien des jaunes et bleus, vient botter les fesses du destin en détournant la frappe de Cisnero. Transcendés par ce coup du sort, l'aigle frappe par deux fois au retour des vestiaires. 2 à 0, score clé. Mais les blancs et rouges n'ont pas dit leur dernier mot et réduisent le score à la 85e par Quirarte. La capitale tremble, de peur de voir une nouvelle fois le rival honni revenir dans la partie. Jusqu'au KO : 90e minute, Javier Aguirre efface son garde chiourme sur un contrôle de génie et s'ouvre la voie du but. Son pied ne tremblera pas. L'America a gagné ce que l'on appelle au Mexique "La Finale du Siècle". Enfin peut être pas à Guadalajara.



     Deux ans plus tard, en 86, toujours pas rassasiés, les deux ennemis profiteront d'un banal match de championnat pour rejouer la castagne de 83. Cela se passe de commentaires :



     Depuis lors, chaque rencontre entre l'America et les Chivas est attendu comme le duel le plus intense et le plus chaud de la patrie de Frida Kahlo qui entre nous soit dit, n'en avait sûrement rien à fiche du ballon rond. Ce dimanche, les deux rivaux se retrouveront donc à l'Omnilife de Guadalajara pour tenter de consolider leur place pour les playoffs du championnat. Afin de mieux s'y retrouver ?


jeudi 23 avril 2015

Argentine : Dybala ira à Boca

"Sérieux?! Y a churrasco ce soir?"

Un jour. Un jour, Paulo Dybala ira à Boca. Que les supporters parisiens et l'ami Nasser se rassurent, le jeune attaquant de Palerme continuera d'abords sa quête de gloire sur le vieux continent.

Le coeur en Sicile, les racines à Boca


     Il l'a d'ailleurs explicitement confié à la Gazzetta dello Sport : "Il reste du temps [avant de venir à Boca]." avant d'ajouter à propos de son club actuel, l'US Palermo : "Ce sera toujours ma maison, et si un jour je dois l'affronter, jamais je ne célèbrerai mon but.". Après ces mots, la messe semble être dite à propos de son passage sicilien, Paulo se voit manifestement arborer d'autres couleurs pour là saison prochaine. Où donc? On laisse volontiers ce travail d'investigation à Foot365 et Foot Mercato qui se feront un plaisir de suivre ce feuilleton estivale avec assiduité. Bon allez juste pour info : On parle de la Juventus, du PSG et de Chelsea pour accueillir le natif de Cordoba.

     Cordoba, sa ville de naissance, son club formateur, l'Instituto de Cordoba, et bien entendu, toute sa famille. Alors au fait Paulo, pourquoi Boca? "Mon papa, qui est décédé il y a 5 ans, était hincha et me l'a transmis [l'amour Xeneize].". L'héritage des couleurs et de la passion, la vache, c'est beau ça Paulo.

L'international patient


     Le jeune prodige s'est également exprimé au sujet de son avenir avec l'Albiceleste du tonton Tata, qui selon le joueur, est venu s'entretenir avec lui en personne dans les vestiaires palermitains après une récente rencontre face au Genoa. Monsieur Martino lui aurait causé de choses et d'autres avant de lui donner quelques conseils. Assez pour faire naitre quelques jolies étoiles dans les yeux du gars Dybala qui relativise pourtant auprès du journal transalpin aux feuilles roses : "La Copa America est en juin, dans quelques mois, peut être que c'est encore trop tôt pour moi. Je suis jeune et il y a [déjà] beaucoup d'attaquant qui ont énormément travaillé pour gagner leur place (...) le plus important c'est que Palerme gagne.". 

     Pour le moment, Paulo est de la trempe de ceux qui ont les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Une espèce qui se fait rare...

Sources : 
http://www.goal.com/es-ar/news/4442/argentinos-por-el-mundo/2015/04/22/11037332/dybala-me-gustar%C3%ADa-ir-a-boca

mercredi 1 avril 2015

Entretien avec Leonardo : "Chirac est entré dans le vestiaire brésilien à la mi-temps"


Une autre époque...


     São Paulo, lundi 30 mars  2015, Bola Latina est invité par une personnalité brésilienne du ballon rond, bien connue des français : Leonardo. Entre deux appels, l'un en italien, l'autre en anglais, Leo demande : "Tu prends quelque chose? On va se tutoyer non? Moi je vais prendre un expresso mais je te fais une caïpirinha si tu veux." En plus d'avoir la classe et d'être polyglotte, l'homme est donc courtois et gentleman. On ne va pas vous mentir il nous fallait bien une ou deux caïpis pour entendre ses révélations...


Nous n'entendons plus trop parler de vous en Europe, est-ce volontaire?


Oui. Je dois avouer que le l'Europe du football commence sérieusement à m'ennuyer. Il y a vraiment beaucoup d'argent, tout est codifié, ce n'est plus du football : c'est du business à part entière. Je ne crache pas dans la soupe, j'ai moi même joué à ce petit jeu durant plusieurs années, c'est seulement qu'aujourd'hui cela me fatigue. Cette tempête médiatique autour de mon geste malheureux en France par exemple, m'a beaucoup affectée, mais cet instant de folie qui m'a traversé était en fait révélateur d'un état de nerf : j'étais à bout.

De retour au Brésil donc?


En effet, j'avais besoin de me ressourcer, de retrouver mes racines. Après des années à arpenter le vieux continent, j'ai enfin fini par l'avoir, cette fameuse saudade... Mais je garde contact avec certains amis, j'aide sur quelques dossiers. Il faut garder la main.

Vous semblez vous tourner vers le Brésil et l'Amérique Latine, quels sont donc vos projets? 


Tout d'abords, m'occuper plus en profondeur de l'association que nous avons fondé avec Raï, Gol de Letra. Cela est important pour moi je pense, mais aussi et surtout pour ma communauté. Et puis je souhaite m'investir dans le football d'Amérique Latine. J'ai déjà pas mal de contacts, de propositions de poste d'entraineur, au Brésil évidemment mais également au Mexique, un championnat prometteur, en Argentine, au Chili, en Colombie, enfin un peu partout en somme.

Un retour sur le banc donc, vous avez une idée plus précise à nous fournir, un club en particulier?


Non. Je ne sais moi même pas encore ce qu'il en sera. J'hésite.

Que pensez vous du travail de Dunga?


Il est excellent, c'est quelqu'un que je connais très bien, en qui j'ai entièrement confiance. Ici, on peut déjà ressentir que le drame de cet été a été dépassé. Il ne sera jamais oublié, nous n'oublions jamais rien pour ce genre de chose, mais, dans les têtes, dans l'esprit d'équipe, le groupe est passé à autre chose. Je pense que Dunga et Taffarel (entraineurs des gardiens) font un travail remarquable. C'est notre génération, un peu comme vous en France, c'est la génération 98 en somme.

94 vous voulez dire?


Non 98. Ce qu'il s'est passé en France... (silence) Cela a soudé le groupe. 

C'est à dire?


... Allez, tu es encore un petit journal, ça t'aidera peut être à faire le buzz et à te faire connaitre : On nous a demandé de lever le pied en seconde mi-temps de la finale. Vos bleus étaient cuits, on le sentait, la deuxième période serait pour nous. Je le sais car c'est Marcel (Desailly), avec qui je jouais au Milan qui me l'a dit, ils ne tiendraient pas les 90 minutes à notre rythme.

Et alors?


J'y viens. Ce qu'il s'est passé ensuite tiens plus du cinéma que d'autre chose tant c'était surréaliste : Cardoso, notre président d'alors, est rentré dans le vestiaire accompagné de Jacques Chirac et Charles Pasqua. On aurait dit un film de gangster. Les deux français souriaient, Cardoso également. Notre chef d'état nous a alors expliqué avec calme, toutefois empreint d'une grande froideur, que d'importants échanges commerciaux étaient sur le point d'aboutir entre nos deux pays. Qu'ils étaient importants pour notre patrie. Et que le président Chirac avait semble-t'il, grand besoin de la victoire de la France, il était question de cohésion nationale je crois... (silence) Alors on a fait semblant. On a eu quelques actions certes, mais si l'on regarde bien les images, l'on peut nettement s'apercevoir que l'envie d'aller jusqu'au bout était absente. On vous a laissé votre Coupe, on a perdu, pour notre pays.

     Leonardo a ensuite souhaité s'arrêter là pour l'entretien, visiblement touché par le souvenir de cet épisode. Il nous a tout de même resservi un caïpi, et nous avons passé un très agréable moment en sa compagnie.

     Bon. Un jour, promis, Bola Latina aura des interviews de ce niveau là... En attendant, on va essayer de vendre ce scénario à Scorsese et on vous souhaite surtout, une très bonne journée en ce 1er Avril.

:)