mardi 30 juin 2015

Copa America 2015 : Le Chili en finale, le Pérou à l'honneur

Un scène de "28 jours plus tard"

     De l'intensité, du jeu, de la fougue, de la combativité : cette première demi-finale de la Copa America 2015 entre le Chili et le Pérou nous a régalé. Le scénario aurait pu rapidement fermer le match mais heureusement, les acteurs étaient d'humeur généreuse.


     Ce lundi 29 juin, El Estadio Nacional de Santiago du Chili est plein à craquer, prêt a pousser sa Roja vers une finale qu'ils n'ont plus connue depuis 1987, vers SA finale. En face se dresse la Bicolor du Pérou, une équipe désespérément absente de l'échiquier international mais toujours apte à faire un bon coup sur le plan continental. 

Zambrano engagé, Zambrano expulsé


     Et pour ce qui est de jouer le coup à fond, les péruviens ne décevront personne. Les incas sont intenables lors des premières 20 minutes. Cueva et Carillo dans leurs couloirs respectifs écartent le bloc chilien, Farfán oriente la construction comme il faut et la puissance de Paolo Guerrero fait extrêmement mal à une défense chilienne amputée du "proctologue" Jara. Défensivement, Lobatón et Ballón musellent les créatifs adverses et l'arrière-garde malmène Vargas et Sanchez. Un peu trop même. Dès la 7e, Zambrano s'écharpe avec Arturo Vidal et prend une première tartine. Une douzaine de minutes plus tard, le même zozo laisse trainer sa semelle dans le dos de Charles Aranguiz. Rouge logique. 

Le Pérou, à 10 contre 11, finit inévitablement par reculer devant l'intensité et le rythme du jeu chilien. Surtout, Valdivia réparait. Et fatalement, juste avant la mi-temps et un chapelet de grosses occasions pour les rouges, un joli centre de Sanchez dévié par Aranguiz s'écrase sur le poteau. Edu Vargas récupère la sphère et parvient à glisser la balle dans le but péruvien. Ce genre de but terrible, où la balle roule horriblement lentement vers la ligne, passant entre plusieurs joueurs sans qu'aucun d'entre eux ne puisse faire quoi que ce soit. Le même Vargas, très enjambe, claquera ensuite une jolie volée de 2 à 0, injustement refusé pour hors-jeu. La pause arrive enfin pour le Pérou.

Un incas meurt mais ne se rend pas


     Au retour des vestiaires, les hommes de Gareca apparaissent plus motivés que jamais et jouent leur va-tout sur chaque ballon. Organisées et rapides à l'image d'un Advincula inarrêtable, la Bicolor contre attaque intelligemment et exploite tout les espaces laissés par une Roja qui continue de se livrer comme si le score était toujours de parité. A la 60e minute, les sacrifices et la débauche d'énergie du Pérou vont payer : Advincula, encore lui, déboule à pleine blinde sur son aile droite et décoche un centre pour Farfán, coupé par Gary Medel qui catapulte le ballon dans ses propres cages. Mérité pour les blancs et rouges, cruel pour Medel, un exemple de combativité.

Le Chili semble atteint mentalement et balbutie son jeu pourtant si fluide habituellement. Le Pérou sent quant à lui qu'un coup est jouable et continue de se projeter vers l'avant. Pour un court instant, car 4 petites minutes après l'égalisation, un ballon bien récupéré par Valdivia dans les pieds de Guerrero, atterrit sous les crampons d'Edu Vargas. Le jeune homme pousse son ballon sur quelques mètres, puis balance une magnifique sacoche bombée dans la lucarne opposée de Gallese : Go-la-zo. Les incas accusent clairement le coup, mais certains d'entre eux semblent encore y croire, notamment Claudio Pizarro et Yotun, tous deux entrés après l'heure de jeu et bien plus frais que leurs coéquipiers. Ils se battront jusqu'à la dernière minute, en vain.

     Le Chili s'offre donc une chance de remporter pour la première fois de son histoire la Copa America, à la maison. Ils n'oublieront sans doute pas de saluer la performance de leurs valeureux adversaires, qui, en infériorité numérique, ont continué de proposer du jeu et du spectacle tout au long du match. On est content pour les Chiliens, c'est mérité, mais on ne peut s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé sans cette bête expulsion de Zambrano...  


lundi 29 juin 2015

Copa America 2015 : Eliminé, le Brésil évite le pire...

Plat du pied, sécurité. C'est pas compliqué!

     Comme il y a quatre ans, le Brésil affrontait en quart de finale un Paraguay que l'on annonçait largement à leur portée. Comme il y a quatre ans, le Brésil s'est fait accrocher et sortir aux tirs au but.


Le Paraguay, la force tranquille


     Désireux de chasser les démons du passé, qu'ils soient récents ou anciens, la formation de Dunga a démarré son match pleine d'enthousiasme et de bonne volonté. Aux avant-postes, le quatuor formé par Firmino, Coutinho, Robinho et Willian animent généreusement le jeu brésilien, accaparant totalement la possession de la pelote. Dès les premières minutes, le milieu de la Mersey envoie un cachou qui manque de surprendre le rempart paraguayen. Rapidement, le travail va payer et, sur un joli mouvement parti d'une aile pour aller à l'autre, Robinho claque dans les filets un centre à raz-terre de Dani Alves laissé filé par Firmino. C'est bien, et l'on se dit que ce Brésil va peut être retrouver un brin de dignité, d'autant plus que défensivement la copie est plutôt correcte. Heureusement, car l'on sent que les rouges et blancs ne lâcheront pas le morceau, et que le moindre relâchement pourrait se payer cash.

Une histoire de patience et jeu de nerf donc. Et à défaut d'être jeunes et talentueux, la bande de vieux briscards guaranis a cette qualité pour elle. Cela, et le métier comme on dit quand on a que cela comme argument. Sans briller mais bien en place, le Paraguay va peu à peu éteindre les ardeurs brésiliennes, notamment grâce à l'excellent Paulo Da Silva, un bonhomme qui a débuté sa carrière une année où Zizou jouait sa première saison à la Juve et Gueugnon son unique saison en D1 (en D1...). Des vieux loups de mer on vous dit. 

A force d'abnégation, ils finiront enfin par faire douter les auriverdes, ce qui, vous me ferez remarquer ma bonne dame, n'est pas forcément trop difficile vu leur mental en mousse. A la 72e, sur un centre du très intéressant Derlis Gonzalez, la caution jeunesse & technique du Paraguay, Thiago Silva réalise sa spéciale, bien connue des supporters parisiens : La faute de main dans la surface. Pénalty. Gonzalez. 1 à 1. Fantôme de 2011. 

Réapprendre à tirer un pénalty


     Malmenés pendant toute la fin du match par le jeune numéro 10 du FC Bâle, le Brésil parviendra tant bien que mal à atteindre la séance de tirs au but. Petit jeu auquel les héritiers du grand Romario sont de plus en plus ridicules. Non mais qu'est ce que c'est que ces courses d'élan à la noix! Le loupé d'Everton Ribeiro est symptomatique du manque de technique des brésiliens sur cet exercice. Les péno, ça se travaille, et Monsieur Dunga, champion du monde 94 grâce à eux devrait le savoir. Pendant ce temps les paraguayens claquent des minasses en plein milieu des cageots, ouais, comme en DH, sauf que ça, ça rentre. Malgré une balle de match gâchée par Roque Santa Cruz, le job est proprement terminé, encore une fois grâce au jeune Derlis G..

Pour tout dire, ce Paraguay ne passera sûrement pas les demi-finales. Valeureux mais trop limité en somme. Mais ce que l'on retire de ce match, c'est que le Brésil n'a pas réellement raté son match non plus. Il a fait ce qu'il a pu, face à une équipe moyenne du continent sud-américain. Alors on peut se dire que cette élimination peut être positive pour eux : avec un mental aussi pauvre et cet embarrassant manque de vrai talent, le match face à l'Argentine qui se profilait se serait certainement soldé par une sérieuse déroute. 

Le Brésil peut remercier les Paraguayens, il évite une probable et humiliante correction face à leur pire rival. On se console comme on peut...

  

samedi 27 juin 2015

Copa America 2015 : L'Argentine est tombée sur un Ospina

A 11 contre un en même temps...

     Une bien belle affiche que nous offrait là ce quart de Copa America. Entre une Argentine jouant jusque là de désinvolture et une Colombie qui se cherchait, on attendait un joli spectacle. On l'a eu.


     Allez, on va se les répéter une nouvelle fois : Messi, Aguëro, Di Maria, Pastore sur le pré, Tévez sur le banc. Les 5 joyaux offensifs de l'Albiceleste doivent réellement donner envie de pleurer aux défenses adverses. Quant au prix de cette petite bande, il devrait sûrement combler une partie de la dette argentine, Mme Kirchner devrait y penser. 

Comme espéré, pour leur premier rendez-vous de grande importance, l'Argentine a enfin pris les choses au sérieux et a rendu fous ses adversaires. Impossible d'observer une réelle tenue de poste entre eux, toutes ces permutations et ces automatismes ont donné l'impression d'assister à un match de Five. Contrôles orientés, décalages, une-deux, feintes ils auront tout fait pour mettre à l'amende la pauvre défense de Pekerman. De la tête et des deux pieds Lionel et ces sos' ont fait exploser cette dernière dans un feu d'artifice d'actions dangereuses. Une bande de raptors lâchés dans le parc de John Hammond. Mais...

     Mais : David Ospina. Arsene Wenger est actuellement sur le point de le laisser partir en Turquie pour faire venir Petr Cech. Notre avis que la grande saucisse de Strasbourg doit désormais être en train de se remuer les méninges pour savoir s'il n'est pas en train de faire une énorme bêtise. Le gardien des cafétéros a tout sorti. Double arrêt, parade sur sa ligne, Momo (oui, c'est selon wikipedia, l'un de ses surnoms) a écoeuré l'attaque en or des argentins, a tel point que Lionel M. en personne a déclaré aux micros de TyC Sports, à propos de l'un de exploit de l'homme de la soirée : "Je pensais qu'il allait rester au sol. Quand j'ai vu qu'il s'était déjà relevé pour l'arrêter, je voulais mourir". 

Et heureusement que Diospina était là, car aux avant postes, c'est la Colombie que l'on a vu face au Pérou et au Venezuela qui tentait péniblement d'exister, soit : Un Cuadrado intermittent, un James rincé, qui doit être heureux d'être enfin en vacances, et un capitaine Radamel au moral aussi rayonnant que celui des supporters de l'OM. La titularisation de Jackson Martinez à la place de Teo Gutierrez n'a rien changé, au vrai c'est dans l'entre jeu que résidait le réel problème. Sans Carlos Sanchez, sûrement le meilleur colombien de la compétition jusqu'ici, Ibarbo et Mejia se sont fait bouffer par Biglia et El Patron Mascherano, sevrant les attaquants cafétéros de ballons, étouffant chaque tentative de progression.

     Ospina a donc tout sorti. Tout? Pas vraiment. David aura réussi à emmener Goliath jusqu'à la séance de pénalty où, cruellement, il n'aura pas réussi à être décisif. Au contraire de son homologue argentin, Romero, qui stoppera la transformation de Zuñiga. En plus de ce dernier, Muriel et le très bon Murillo auront eu un malheureux instant de faiblesse, comme Rojo et Biglia côté gaucho. C'est un de trop pour la Colombie, qui laisse continuer l'Argentine.  


vendredi 26 juin 2015

Copa America 2015 : Le Pérou en demi, Guerrero létal comme Léon

"Piuw, piuw, piuw!" Gamin va!


     Rapide, net et sans bavure. Pour son quart de finale face à la Bolivie, le Pérou n'a pas fait de sentiment et a rapidement coupé court à tout espoirs de voir le voisin andin en demi. L'un était tout simplement plus fort que l'autre.


     Si la défense bolivienne eut été aussi performante que l'arrière garde uruguayenne, l'on eut pu assister à la même rencontre que mercredi. Sauf qu'avec des "si" on peut faire gagner des titres au Stade Rennais, et les habitants de l'Altiplano n'ont pas fait illusion bien longtemps.

Dès l'entame de jeu, les péruviens ont confisqué le précieux et se sont installés en terre voisine. C'est logiquement grâce à leur joueur vedette, Paolo Guerrero, qu'ils ont fait mouche. A la 20e et à la 23e minute de jeu, le nouvel attaquant de Flamengo exécute froidement le suspense du match. Le premier est venu sur un beau mouvement du milieu de terrain, où cette vieille canaille de Farfán était aligné pour la première fois du tournoi, qui aboutira sur un centre de Vargas conclu par le numéro 9. Le second fut logiquement le fruit d'une contre attaque assassine, alors que les boliviens s'étaient découverts après l'ouverture du score. Cueva servait Paolo par dessus la défense, ce dernier fera le taf en un contre un. Un quart de match s'est écoulé et, sauf miracle, la messe est dite.  

     Non pas que Los Verdes ont été ridicules, non, non. Moreno a tenté tant bien que mal d'attirer des balles exploitables. Il obligera d'ailleurs le dernier rempart inca, Gallese, a sortir l'une des plus belles parades de la Copa avec une tête puissante. Quelques frappes auront également été décochées, sans réel danger pour les rouges d'un soir. Bien seuls au milieu de terrain, Chumacero et Bejarano se sont bien battus, en vain. Le défaite bolivienne vient d'ailleurs de cette zone de jeu, où la ligne verte était dépeuplée par le renfort d'une défense passée à 5 : Au coeur du jeu, le Pérou leur a marché dessus. 

La seconde période, bien gérée par les hommes de Gareca, verra le condor se rebeller autant qu'il l'a pu, par quelques offensives non cadrées, sans danger. Ils auraient même pu réclamer avec plus de véhémence, un pénalty logique sur une sortie hasardeuse du portier péruvien dans les pieds de Cueva. Mais Guerrero, encore lui, interceptera une passe de poussin de Bejarano, dans l'axe (oui dans l'axe, nom d'une pipe!!!!!), et ira tranquillement achever la Bolivie. 

     Le pénalty obtenu à la 84e, transformé par Moreno, n'est qu'un mirage, le Pérou passe son quart de finale avec facilité, 3 but à 1. En demi, les incas affronteront le Chili, une autre paire de manche.   

jeudi 25 juin 2015

Copa America 2015 : Le Chili se farcit l'Uruguay, aux olives.

Isla met au fond des filets.


     Comme l'on pouvait s'y attendre, ce quart de finale entre le Chili et l'Uruguay fût une opposition de style, le technique face au physique, le jeu contre le vice. Comme l'on pouvait s'y attendre, on retrouvera la Roja au prochain tour.


Un duel aussi manichéen qu'un Obi-Wan/Dark Vador


     Parlons d'abords du jeu, puisque c'est tout de même ce qui nous passionne en premier lieu dans le Football (pas vous? si? ha bien, bon). Et de jeu, cette affiche n'en a pas manqué, du moins côté chilien. 

     Jorge Sampaoli est un disciple de Marcelo Bielsa, qui a conduit la sélection de 2007 à 2010, et une chose est certaine : il a bien appris ses leçons. C'est donc une Roja au jeu fluide, d'une intensité physique déroutante, portée pas des ailes à pistons servies par un axe monté sur ressort, qui a déroulé la mecanique tactique del Loco à Santiago ce mercredi. C'est d'ailleurs un arrière latéral, Mauricio Isla, qui inscrira le but vainqueur. Avec un mago Valdivia plus inspiré que jamais, les rouges n'ont pas baissé le pied un instant, pour notre plus grand bonheur, ne laissant quasiment aucune minute de répit à ses adversaires. Ce groupe grandi bien et arrivera à maturité en 2016. Histoire de parler un peu de quelqu'un d'autres que du chevelu numéro 10, on mentionnera la solide prestation de Charles Aránguiz dans l'entre jeu, tant sur la récupération que sur la projection. Il y avait deux Vidal sur le terrain en somme. Hou-hou, les recruteurs de Ligue 1...

     En ce qui concerne l'Uruguay, la dynamique est différente. Depuis que la crinière dorée de Don Diego Forlan a pris sa retraite, l'animation offensive n'est plus la même que lors des années de gloires (3e au mondial 2010, vainqueur Copa America 2011). A la rigueur, on aurait pu compter sur un exploit du sauvage Suarez, mais le joueur barcelonais est suspendu pour la compétition. Manquant de génie aux avants postes, face à une équipe en pleine bourre, la Celeste a donc fait ce qu'elle sait faire de mieux : Défendre les cages de Muslera tel le Lion Denfert à Belfort. Et dieu que l'Uruguay défend bien. Combatif jusqu'au bout de chaque duel, tacleurs de l'extrême, metteurs de semelles bien senties, engagement physique toujours à la limite du sanctionnable, les charruas n'auront rien concéder aux chiliens, ballon excepté. S'ils ont fini par craquer dans la dernière partie de la rencontre, on saluera tout de même ce travail défensif de tout les instants des hommes de Tabarez. Bien que cela ne fût parfois pas joli-joli à voir...

La tapenade


     Dans ce duel de générations descendante et ascendante, un fait de match défraie la chronique dans les médias d'Amérique Latine. 63e minute de jeu, alors que l'on joue de filouterie en filouterie pour arriver à ses fins, Gonzalo Jara s'explique en tête à tête avec un Edinson Cavani d'une nervosité toute compréhensible, qui fût déjà averti après avoir bousculé le juge de touche. Face aux caméras, et surtout au brésilien Ricci, arbitre de la rencontre, l'uruguayen claque fébrilement le beignet du défenseur chilien. Second carton jaune, renvoie au vestiaire. C'est normal. 

     Sauf que ! Sauf que des images de l'action, prises sous d'autres angles, expliquent le pourquoi du comment : Le courroux d'Edinson est en réalité le fruit d'un attouchement rectal forcé à son endroit, du Señor Jara. Un geste digne des terrains les plus boueux des matchs de district du Puy de Dôme. Dans un milieu et sur un continent pas vraiment, vraiment gay-friendly, c'est le scandale. Bah oui, outre le fait que le sieur Cavani n'était pas forcement enclin à se faire tâter le chouchou, le fait que ce geste d'amitié intime ait été réalisé entre homme ne passe pas. Du tout. Reste donc à voir si le joueur Chilien sera sanctionné à posteriori par la CONMEBOL. En attendant, c'est à l'ex-capitaine uruguayen Diego Lugano que Jara devra donner des explications, celui-ci ayant déclaré : "Et avec ce type, "jarita", il faudra qu'on parle quand on se croisera de part le monde!". Quand on connait la rudesse des interventions de Diego, ça promet...

mardi 23 juin 2015

Copa America 2015 : Le point avant les Quarts, le Chili s'est fait tout beau

Tu boudes Aranguiz?


     Trop occupé à regarder la Coupe du Monde Féminine? Aveuglé par les ahurissants 35 millions du transfert de Kondogbia? Encore paralysé après avoir appris la mort de John Snow? En tout cas t'as pas suivi la Copa America, et maintenant t'es tout perdu. Alors voici un petit débrief !


Groupe A : Chili - Equateur - Mexique - Bolivie


Chili 1er (7pts) : Le pays hôte a démarré SA Copa tambour battant, le titre est son objectif et il a fait savoir a tout le monde qu'il n'était pas là pour servir des coupes de Concha y Toro en souriant. 10 bouchons de liège en 3 matchs, les hommes de Jorge Sampaoli ont fait péter les bouteilles, et avec la manière : hormis le petit accroc mexicain à mi-parcours (3-3), la Roja a déroulé face à l'Equateur (2-0) mais surtout face à la Bolivie (5-0), notamment grâce à son chevelu maitre à jouer, Jorge Valdivia, un régale de numéro 10. En parlant de bouteilles, la vedette Vidal en a légèrement abusé et a crashé sa grosse "feurarirouge". Quelques excuses publiques larmoyantes plus tard, le voilà absout de ses pêchés. Bah ouais, comme si nous on allait virer Pogba en plein pendant l'Euro pour une petite biture...

Bolivie 2e (4pts) : L'une des habituelles victimes footballistiques du continent latino-américain s'est rebellé ! Grâce à la gouache de son petit meneur de jeu, el Chumacero, un croisement entre une indienne de l'Altiplano et Schweinsteiger (résultat étonnant), et le leadership de sa vedette, l'adonis au triple M, Marcelo Martins Moreno, los Verdes ont montré un chouette visage. D'abords un nul qui méritait peut être mieux face aux mexicains, puis une victoire cruciale face à l'Equateur par 3 buts à 2, marquée par une première mi-temps référence. Leur première victoire dans la compétition depuis 18 ans ! Bon... on passera sur le violent retour sur terre après la déroute face aux Chiliens...

Equateur 3e (3pts) : Le mondialiste 2014 a déçu. Dans un groupe largement à sa portée, dans une compétition où les deux meilleurs 3e sur 3 groupes se qualifient, cette élimination au premier tour est un crash aussi monumental que celui d'Arthuro Vidal. Sans Antonio Valencia mais avec Enner, les équatoriens ont tout perdu lors de cette première mi-temps catastrophique face aux boliviens. Une absence fatale et une grosse remise en question.

Mexique 4e (2pts) : Plus le temps passe, plus on se demande si le Mexique sait réellement ce qu'il fout dans cette coupe. Membre de la CONCACAF et non du CONMEBOL, les aztèques sont invité depuis 1993 en tant que grand pays de football d'Amérique Latine, et si ils ont décroché quelques résultats par le passé, on a franchement l'impression que le trophée ne les intéresse plus. C'est en effet la seconde fois que le Mexique envoie une équipe A' au charbon après la Copa 2011. S'ils ont été bien braves, notamment face au Chili, le niveau affiché n'a encore une fois pas été suffisant. Peut être que le nouveau projet de Coupe de toutes les Amériques, les motivera...

Groupe B : Argentine - Uruguay - Paraguay - Jamaique


Argentine 1er (7pts) : Messi, Aguëro, Di Maria, Tévez, Pastore, Mascherano, Higuain... une armada. Les argentins sont les grands favoris au titre continental, ils le savent, jouent en conséquence, faisant le boulot histoire de se mettre tranquillou devant au tableau d'affichage, avant de lever le pied en fin de match et de se faire quelques petites frayeurs (cf. le Paraguay qui arrache un nul dans les dernières secondes). Bref, la phase de groupe était une formalité, et ils l'ont passée comme telle. Sur le terrain, Javier Pastore sort pour le moment du lot en prenant ses responsabilités dans la création du jeu, voilà qui fera plaisir aux nostalgiques de Riquelme.

Paraguay 2e (5pts) : Le tout était donc de faire un résultat contre la bande à Lionel pour gauler la seconde place. Ce que les hommes de Ramon Diaz on fait avec sérieux. Absents du mondial brésilien, à la peine sur le continent depuis cette finale lors de la dernière Copa America, les guaranis se sont refait la cerise. C'est donc un effectif de vieux briscards qui s'est battu jusque dans le temps additionnel pour ramener un point contre l'Argentine, après avoir été mené 2 à 0, grâce à un but du nouveau joueur de Palmeiras, Lucas Barrios. Lulu te salue Loulou.

Uruguay 3e (4pts) : la commando de guerriers du Général Oscar Tabares, s'est pointé au Chili sans Luis Suarez, encore suspendu pour avoir confondu l'épaule de Chiellini avec un bife chorizo... Et autant vous dire que sans l'attaquant carnassier, la tâche s'annonce compliquée. Qualifiés en ayant marqué 2 petits buts, pas plus d'un par match, tout semble reposer sur Edinson Cavani qui ressemble pour le moment au joueur que l'on a connu cette hiver à Paris... pas vraiment matador donc. Les choses ne devraient pas s'arranger puisqu'il risque de quitter la sélection ces prochains jours, pour s'occuper de son père, accusé d'homicide après avoir ôté une vie en provoquant un accident de voiture en état d'ébriété. Moins marrant, que l'écart de Vidal pour le coup.

Jamaique 4e (0pts) : Invités, pas ridicules, sympas, souriants, la plus africaine des équipes caribéennes, selon Cavani, a passé un agréable séjour au Chili et est repartie avec des selfie bien mérité avec Leo Messi. On attend la carte postale.

Groupe C : Brésil - Colombie - Pérou - Vénézuela


Brésil 1er (6pts) : Bon... le Brésil... on va éviter de tirer sur l'ambulance et parler de cette jolie première période face aux vénézuéliens, portée par un Robinho aux jambes de feu. On pourrait également parler de... hum... On va surtout arrêter de se mentir, les auriverdes sont actuellement dans une période plus que délicate de leur glorieuse histoire. Période sombre dont le seul phare semble être le joyaux Neymar, qui se débat dans un désert d'animation offensive. L'attaquant, promu capitaine après la Coupe du Monde, a malheureusement céder à la pression lors de la défaite contre la Colombie : bagarre avec Carlos Bacca + mots doux à l'homme en noir = suspension de 4 matchs et adieu le Chili, n'ayant plus aucune chance de disputer un match. Sans Neymar, cette équipe est quasi banale et ça ne sera probablement pas suffisant pour aller au bout.

Pérou 2e (4pts) : Discrets, sérieux, les péruviens attrapent une belle seconde place sans réellement faire parler d'eux. Profitant des égarements des deux gros poissons du groupe, Brésil et Colombie, qu'ils ont tout deux fait douter, les Incas se qualifient sans trop stresser mais en aucun cas sans démériter. Mention spéciale pour le vétéran Lobaton, qui a tenu la baraque au milieu de terrain.

Colombie 3e (4pts) : Désinvolture? Fatigue? Doute? Bon c'est probablement un peu de tout ça qui aura fait la Colombie se qualifier ric-rac pour les quarts. Certes James apparait usé par sa belle saison madrilène, certes Falcao fait de la peine à voir tant le tigre ressemble actuellement à un chaton, mais la première partie de la victoire face au Brésil les a démasqué : les cafétéros sont capables de développer un jeu technique, tactique et plein d'intensité. C'est ce visage là qu'il faudra montrer en quarts pour se fader les danseurs de tango.

Vénézuela 4e (3pts) : Il n'y aura donc pas de nouvel exploit pour la Vinotinto, qui avait atteint les demi-finales de la Copa America pour la première fois de son histoire en 2011. Et c'est bien dommage, car elle est sympa cette équipe animée par Arango, Rondon, Rincon et le nantais Vizcarrondo. Mais le niveau qui entoure ces quelques cadres est bien trop bas pour prétendre à mieux. Ce n'est pas faute d'avoir joué le jeu jusqu'au bout, toutes les équipes étant à 3pts avant la dernière journée. Les vénézuéliens repartent avec les honneurs et un coup franc plein de panache de Juan Arango dans les cages brésiliennes.

Les choses sérieuses commencent avec les quarts, qui débuteront mercredi 24 :

Chili - Uruguay (24/06)
Bolivie - Pérou (25/06)
Argentine - Colombie (26/06)
Brésil - Paraguay (27/06)

mercredi 17 juin 2015

Brésil : Ronnie ne veut pas briser les coeurs

Foot & Calins

     Interrogé au sujet des rumeurs qui l'envoient du côté de Cruzeiro, R10 a mis les choses au clair.


     Au Mexique rien de nouveau, Ronaldinho est toujours persona non grata dans son club actuel de Queretaro, qui souhaite son départ. Son entraineur, Victor Vucetich l'a déclaré : "Nous avons besoin de joueurs en progression, et non en perte de vitesse". Le divorce est d'autant plus évident que les gallos mexicains ont atteints la finale de la Clausura 2015 en se passant, la plupart du temps, des services de l'artiste. Bref, tout cela, on le savait déjà.

La nouvelle, c'est la réaction de Ronnie aux rumeurs qui le renvoient depuis quelques mois à Belo Horizonte, du côté de Cruzeiro cette fois-ci, grand rival de l'Atlético Mineiro où le prodige avait brillé de 2012 à 2014 :

"Je me vois difficilement avec le maillot de Cruzeiro. Je suis reconnaissant de l'affection que les supporters de Cruzeiro ont toujours eu pour moi, le respect, mais mon histoire à l'Atlético et la manière dont les supporters m'ont embrassé (sic) font que cela sera difficile."

Ronaldinho, de l'amour plein les pattes, de l'amour plein le coeur... Bon sinon, y a vraiment QUE l'AC Boulogne-Billancourt qui est intéressé ?

Source :
http://espn.uol.com.br/noticia/519172_por-respeito-ao-atletico-mg-ronaldinho-rejeita-jogar-no-cruzeiro

mardi 16 juin 2015

Transfert : Lucas Barrios, l'Amérique lui va si bien

Barrios/Vizcarrondo, comme un air de Nantes/Nicollin FC


     30 berges, argentin naturalisé... paraguayen, réputé sur 3 continents différents : Lucas Barrios a déjà une carrière bien remplie. En bout de course en Europe, il pourrait bien se lancer dans un nouveau défi du côté du Brésil.


     La Pantera va bien, merci pour elle. Après une saison, d'abords hésitante, puis tout en démonstration de quel bois il se chauffe du côté de la Paillade du vieux Loulou, Lulu s'en est allé disputer la Copa America 2015 au Chili avec ses potes guaranis. Il s'est d'ailleurs distingué dès le premier match en inscrivant, à la 90e, un cruel but égalisateur face à... l'Argentine, son pays natal. HA le traitre, HA le saligaud.  Oui mais voilà, Lulu semble en bout de course sur le vieux continent, le Spartak Moscou et la Sainte Mère Russie ne veulent plus de lui.  

     Ayant déjà bourlingué en Chine pour ce qui est de l'exotisme asiatique, l'attaquant paraguayen se tourne vers les hermanos latinos pour continuer à tâter de la chique. Du côté du Mexique comme la Roche Sainte Croix? Que nenni. L'Argentine? On va éviter. C'est en fait au Brésil que Lucas va probablement déposer ses valises. Un pays encore vierge de ses prouesses. 

     Si Cruzeiro s'est, un moment, placé sur la bonne affaire, c'est Palmeiras qui tient la corde pour attirer le buteur sous son pavillon vert. Et O Porco s'active : son directeur en personne, Alexandre Mattos, multiplie les voyages et les coups de fil pour conclure l'affaire. Si l'équipe de São Paulo précipite autant les choses, c'est tout simplement par crainte de voir une offre européenne plus alléchante débarquer, en cas de grosse prestation de Lulu en Copa America. 

Si du côté de l'Allianz Parque, on croise les doigts pour voir le crack arriver, à Asuncion on prie déjà pour le voir planter...

Source :
http://www.superesportes.com.br/app/1,137/2015/06/16/noticia_palmeiras,312636/alexandre-mattos-viaja-para-garantir-a-contratacao-de-lucas-barrios-pelo-palmeiras.shtml

mercredi 3 juin 2015

Brésil : Un drone survole Corinthians/Palmeiras

Mario n'en a pas l'air, mais il est hilare

     Quelque soit l'endroit sur le globe, quelque soit son utilisation, le drone est en vogue. Dans les stades, il a servit ces derniers temps à se fiche allègrement de la margoulette de l'équipe rivale, comme ça a été le cas dimanche dernier à São Paulo où les Corinthians recevaient Palmeiras.


     Petit rappel des faits. Les 6 puis 13 mai dernier, les blancs et noirs du S.C. Corinthians se font éliminer en huitième de la prestigieuse Copa Libertadores par les Guaranis, un club paraguayen sans grande histoire continentale, sur un score cumulé de 3 pincanhas à zéro. Petite dédicace, à notre ami Cassio, gardien de l'escouade brésilienne qui avait fait l'objet d'un article de Bola Latina, auteur à l'aller d'une jolie boulette.

HoHoHo
Ce dimanche, pour le compte de la 4e journée du championnat national, les corinthiens recevaient le club de Palmeiras, l'un des rivaux honnis avec qui ils se partagent les coeurs paulistanos. Ce derby fût un réel chemin de croix pour les résidents de l'estadio Itaquera car, non seulement le Verdão l'a emporté 2 à rien avec la manière, mais en plus ils ont été les victimes d'une bonne grosse vanne des torcedores de Palmeiras : Un drone a survolé le stade avec, accroché à sa structure, le maillot noir et jaune des paraguayens de Guaranis affublé d'un autocollant sur lequel on pouvait lire "HaHaHa". Troll, LOL, XPTDR, on en passe et des plus 2.0.

     Le petit objet volant est actuellement bien au chaud dans les locaux de Mario Sergio Oliveira Pinto, délégué de la Police de Répression des Délits d'Intolérance Sportive (ouais, carrément). Interrogé par uol.esporte, l'officiel, un brin caustique, déclare toujours attendre que le propriétaire de la bestiole motorisée lui fasse un signe, pour pouvoir lui rendre son joujou en l'échange d'une nota fiscal, soit une preuve de paiement chez les auriverdes. Mario, visiblement doté du sens de l'humour et de la notion de relativité, ajoute d'ailleurs qu'à ses yeux il ne s'agit là que d'une blague de bon aloi et qu'en aucun cas cela ne peut représenter un délit.

Bon. Mais Mario, si il s'accorde volontienrs ce sourire en repensant à l'épisode, n'est tout de même pas la pour amuser la galerie. Il annonce donc par ailleurs que, si l'acte ne représente en rien un trouble de l'ordre publique, il reste cependant très dangereux pour les spectateurs présents au stade ce week-end : L'objet pèse environ 2kg et aurait pu blesser quelqu'un lors de sa chute. Cette dernière a eu lieu lorsque le drone a percuté les loges, heureusement sans faire de mal à qui que ce soit. L'Agence Nationale d'Aviation a donc été contactée pour en savoir plus quant aux autorisations de vol dans ce cas de figure.

     En attendant, le petit rigolo, qui n'aurait pas pu opérer depuis l'intérieur de l'enceinte sportive selon le service de sécurité, n'a toujours pas donné signe de vie. S'il est un jour retrouvé, il s'en sortira probablement grâce au manque de législation concernant les drones.

Alors? CéKikaféssa?

Source :
http://esporte.uol.com.br/futebol/ultimas-noticias/2015/06/03/delegado-quer-devolver-drone-que-caiu-no-itaquerao-se-dono-trouxer-a-nota.htm?cmpid=fb-palmeiras