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| Isla met au fond des filets. |
Comme l'on pouvait s'y attendre, ce quart de finale entre le Chili et l'Uruguay fût une opposition de style, le technique face au physique, le jeu contre le vice. Comme l'on pouvait s'y attendre, on retrouvera la Roja au prochain tour.
Un duel aussi manichéen qu'un Obi-Wan/Dark Vador
Parlons d'abords du jeu, puisque c'est tout de même ce qui nous passionne en premier lieu dans le Football (pas vous? si? ha bien, bon). Et de jeu, cette affiche n'en a pas manqué, du moins côté chilien.
Jorge Sampaoli est un disciple de Marcelo Bielsa, qui a conduit la sélection de 2007 à 2010, et une chose est certaine : il a bien appris ses leçons. C'est donc une Roja au jeu fluide, d'une intensité physique déroutante, portée pas des ailes à pistons servies par un axe monté sur ressort, qui a déroulé la mecanique tactique del Loco à Santiago ce mercredi. C'est d'ailleurs un arrière latéral, Mauricio Isla, qui inscrira le but vainqueur. Avec un mago Valdivia plus inspiré que jamais, les rouges n'ont pas baissé le pied un instant, pour notre plus grand bonheur, ne laissant quasiment aucune minute de répit à ses adversaires. Ce groupe grandi bien et arrivera à maturité en 2016. Histoire de parler un peu de quelqu'un d'autres que du chevelu numéro 10, on mentionnera la solide prestation de Charles Aránguiz dans l'entre jeu, tant sur la récupération que sur la projection. Il y avait deux Vidal sur le terrain en somme. Hou-hou, les recruteurs de Ligue 1...
En ce qui concerne l'Uruguay, la dynamique est différente. Depuis que la crinière dorée de Don Diego Forlan a pris sa retraite, l'animation offensive n'est plus la même que lors des années de gloires (3e au mondial 2010, vainqueur Copa America 2011). A la rigueur, on aurait pu compter sur un exploit du sauvage Suarez, mais le joueur barcelonais est suspendu pour la compétition. Manquant de génie aux avants postes, face à une équipe en pleine bourre, la Celeste a donc fait ce qu'elle sait faire de mieux : Défendre les cages de Muslera tel le Lion Denfert à Belfort. Et dieu que l'Uruguay défend bien. Combatif jusqu'au bout de chaque duel, tacleurs de l'extrême, metteurs de semelles bien senties, engagement physique toujours à la limite du sanctionnable, les charruas n'auront rien concéder aux chiliens, ballon excepté. S'ils ont fini par craquer dans la dernière partie de la rencontre, on saluera tout de même ce travail défensif de tout les instants des hommes de Tabarez. Bien que cela ne fût parfois pas joli-joli à voir...
La tapenade
Dans ce duel de générations descendante et ascendante, un fait de match défraie la chronique dans les médias d'Amérique Latine. 63e minute de jeu, alors que l'on joue de filouterie en filouterie pour arriver à ses fins, Gonzalo Jara s'explique en tête à tête avec un Edinson Cavani d'une nervosité toute compréhensible, qui fût déjà averti après avoir bousculé le juge de touche. Face aux caméras, et surtout au brésilien Ricci, arbitre de la rencontre, l'uruguayen claque fébrilement le beignet du défenseur chilien. Second carton jaune, renvoie au vestiaire. C'est normal.
Sauf que ! Sauf que des images de l'action, prises sous d'autres angles, expliquent le pourquoi du comment : Le courroux d'Edinson est en réalité le fruit d'un attouchement rectal forcé à son endroit, du Señor Jara. Un geste digne des terrains les plus boueux des matchs de district du Puy de Dôme. Dans un milieu et sur un continent pas vraiment, vraiment gay-friendly, c'est le scandale. Bah oui, outre le fait que le sieur Cavani n'était pas forcement enclin à se faire tâter le chouchou, le fait que ce geste d'amitié intime ait été réalisé entre homme ne passe pas. Du tout. Reste donc à voir si le joueur Chilien sera sanctionné à posteriori par la CONMEBOL. En attendant, c'est à l'ex-capitaine uruguayen Diego Lugano que Jara devra donner des explications, celui-ci ayant déclaré : "Et avec ce type, "jarita", il faudra qu'on parle quand on se croisera de part le monde!". Quand on connait la rudesse des interventions de Diego, ça promet...

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