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| Un scène de "28 jours plus tard" |
De l'intensité, du jeu, de la fougue, de la combativité : cette première demi-finale de la Copa America 2015 entre le Chili et le Pérou nous a régalé. Le scénario aurait pu rapidement fermer le match mais heureusement, les acteurs étaient d'humeur généreuse.
Ce lundi 29 juin, El Estadio Nacional de Santiago du Chili est plein à craquer, prêt a pousser sa Roja vers une finale qu'ils n'ont plus connue depuis 1987, vers SA finale. En face se dresse la Bicolor du Pérou, une équipe désespérément absente de l'échiquier international mais toujours apte à faire un bon coup sur le plan continental.
Zambrano engagé, Zambrano expulsé
Et pour ce qui est de jouer le coup à fond, les péruviens ne décevront personne. Les incas sont intenables lors des premières 20 minutes. Cueva et Carillo dans leurs couloirs respectifs écartent le bloc chilien, Farfán oriente la construction comme il faut et la puissance de Paolo Guerrero fait extrêmement mal à une défense chilienne amputée du "proctologue" Jara. Défensivement, Lobatón et Ballón musellent les créatifs adverses et l'arrière-garde malmène Vargas et Sanchez. Un peu trop même. Dès la 7e, Zambrano s'écharpe avec Arturo Vidal et prend une première tartine. Une douzaine de minutes plus tard, le même zozo laisse trainer sa semelle dans le dos de Charles Aranguiz. Rouge logique.
Le Pérou, à 10 contre 11, finit inévitablement par reculer devant l'intensité et le rythme du jeu chilien. Surtout, Valdivia réparait. Et fatalement, juste avant la mi-temps et un chapelet de grosses occasions pour les rouges, un joli centre de Sanchez dévié par Aranguiz s'écrase sur le poteau. Edu Vargas récupère la sphère et parvient à glisser la balle dans le but péruvien. Ce genre de but terrible, où la balle roule horriblement lentement vers la ligne, passant entre plusieurs joueurs sans qu'aucun d'entre eux ne puisse faire quoi que ce soit. Le même Vargas, très enjambe, claquera ensuite une jolie volée de 2 à 0, injustement refusé pour hors-jeu. La pause arrive enfin pour le Pérou.
Un incas meurt mais ne se rend pas
Au retour des vestiaires, les hommes de Gareca apparaissent plus motivés que jamais et jouent leur va-tout sur chaque ballon. Organisées et rapides à l'image d'un Advincula inarrêtable, la Bicolor contre attaque intelligemment et exploite tout les espaces laissés par une Roja qui continue de se livrer comme si le score était toujours de parité. A la 60e minute, les sacrifices et la débauche d'énergie du Pérou vont payer : Advincula, encore lui, déboule à pleine blinde sur son aile droite et décoche un centre pour Farfán, coupé par Gary Medel qui catapulte le ballon dans ses propres cages. Mérité pour les blancs et rouges, cruel pour Medel, un exemple de combativité.
Le Chili semble atteint mentalement et balbutie son jeu pourtant si fluide habituellement. Le Pérou sent quant à lui qu'un coup est jouable et continue de se projeter vers l'avant. Pour un court instant, car 4 petites minutes après l'égalisation, un ballon bien récupéré par Valdivia dans les pieds de Guerrero, atterrit sous les crampons d'Edu Vargas. Le jeune homme pousse son ballon sur quelques mètres, puis balance une magnifique sacoche bombée dans la lucarne opposée de Gallese : Go-la-zo. Les incas accusent clairement le coup, mais certains d'entre eux semblent encore y croire, notamment Claudio Pizarro et Yotun, tous deux entrés après l'heure de jeu et bien plus frais que leurs coéquipiers. Ils se battront jusqu'à la dernière minute, en vain.
Le Chili s'offre donc une chance de remporter pour la première fois de son histoire la Copa America, à la maison. Ils n'oublieront sans doute pas de saluer la performance de leurs valeureux adversaires, qui, en infériorité numérique, ont continué de proposer du jeu et du spectacle tout au long du match. On est content pour les Chiliens, c'est mérité, mais on ne peut s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé sans cette bête expulsion de Zambrano...

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