dimanche 5 juillet 2015

Copa America 2015 : Chi-chi-chi, Le-le-le, Viva Chile !

Dépucelage chilien

     Cette finale Chili-Argentine était rêvée par tout un peuple. Au bout d'un match très serré, la Roja remporte enfin un premier trophée. De leur côté, les argentins continuent d'être maudits.


     Les deux équipes qui s'affrontaient en finale, ont clairement été les deux meilleures formations de cette Copa America 2015.Tactiquement, techniquement, le Chili et l'Argentine ont dominé les autres sélections du tournoi sur tout les plans. Logiquement les équipes types étaient couchées sur les feuilles de match au coup d'envoi. Seul Jorge Sampaoli osait un petit réglage de circonstance en remplaçant son arrière gauche virevoltant Eugenio Mena, par ce bon vieux Jean Beausejour, plus rigoureux défensivement, pour tenter de museler le gars Lionel. Ce combat ultime était également celui de deux grands tacticiens. Jorge Sampaoli et Gerardo "Tata" Martino sont tout les deux disciples de Marcelo Bielsa. Les larons partagent également la même nationalité, argentine : chez les gauchos, la formation technique se porte visiblement très bien, merci pour eux.   

     Ce match était donc placé sous le signe du beau jeu et de la tactique, sauf que lorsque l'on oppose deux blocs très bien en place, ça coince. Si chiliens et argentins, fidèles à leurs maitres à jouer, Valdivia chez les uns, le duo Messi/Pastore chez les autres, ont déroulé le beau jeu auquel ils nous ont habitués... ils se sont systématiquement écrasés en vagues contre la solidité des digues adverses. Nous voilà, d'un coup, sevré d'occasion, spectateurs d'un match qui sera animé de bout en bout par un scénario tolkienesque : la guerre pour la terre du milieu. Peu de choses à se mettre sous la dent donc, une belle tête argentine par-ci, un beau mouvement chilien par là, cette finale était faite pour les initiés. On notera tout de même la sortie précoce de Di Maria, victime d'un pépin musculaire, remplacé par un Ezequiel Lavezzi volontaire et combatif, mais forcement moins dangereux que l'Ange de Marie. Pis encore pour le show, voyant les prolongations pointer le bout du nez, Jorge et Tata enverront dans la bataille des guerriers au détriment des enchanteurs. Matias Fernandez remplacera ainsi el Mago Valdivia pour le Chili, et Ever Banega relèvera el Flaco Pastore pour l'Albiceleste.

     Inévitablement, la partie rendra son verdict à l'issu de la toujours cruelle séance de pénaltys. Bien que choisissant presque toujours le bon côté, Romero sera impuissant devant les transformations des rouges, chaque fois très bien placées. Dans l'autre camp, seul le gars Lionel, en capitaine modèle et premier tireur, fera mouche. Higuain imitera le célèbre "tir de l'espace" de Sergio Ramos, quand Banega sera stoppé à la régulière par Claudio Bravo. C'est à Alexis Sanchez que reviendra la tâche de mettre un point final à cette belle Copa America. D'une panenka, un peu bancale, il a envoyé la Roja sur le toit du continent latino-américain, fait rentrer dans l'histoire toute une génération de footballeurs et rendu hommage au travail entamé en 2007 par Marcelo Bielsa dans ce longiligne pays. Pour sa part, Lionel Messi peut prétendre à un nouveau surnom en sélection : M le Maudit.

     Ivan Zamorano et Marcelo Salas se sentiront moins seuls au panthéon du football chilien, une équipe entière vient de les rejoindre.




mercredi 1 juillet 2015

Copa America 2015 : L'Argentine fait un origami avec le Paraguay

Hey! T'es là toi aussi?!

     Il n'y a pas eu de grande surprise lors de cette seconde demi-finale. l'Argentine était vraiment trop forte. En revanche il y a eu du spectacle, et ça, on aime bien hein?


La feuille de match de Tata Martino fait encore trembler : Hormis Tévez, définitivement désigné cinquième roue du carrosse, tous les fantastiques sont à leur place. En face, Ramon Diaz a très logiquement reconduit la même équipe que face au Brésil, auteure d'un match de très bonne facture, seul Ortiz retrouve l'entre-jeu aux dépends d'Aranda.

L'Argentine entretient le supens...


     Les rouges & blancs démarrent la rencontre avec beaucoup d'envie et surtout une rigueur qui avait fait mouche au tour précédent. Tout cela est bien sympa. Sauf que ce coup-ci, Lionel et ses comparses n'ont pas l'intention de se coltiner une séance de pénos galères et, avec tout le respect que l'on a pour ce monsieur, Justo Villar n'est pas David Ospina. Alors ça déroule, ça bouge dans tout les sens, mais le bloc guaranis tient bon. 
Pour tout dire, ils ne feront que deux erreurs dans cette première mi-temps. Elles seront payées argent comptant. D'abords sur un coup franc excentré sur le flanc gauche, botté dans le paquet par le gars Lionel, Paulo Da Silva et ses hommes ont comme une absence, suffisante à Marco Rojo pour marquer en pivot des 6m. Puis viendra un joli appel dans l'axe de Pastore, bien senti par le gars Lionel. Xavier Berger s'emmène le ballon sur la droite de la surface d'un contrôle de l'extér' dont il a le secret, avant de croiser une frappe sèche à raz terre dans le petit filet gauche de Villar. C'est sans bavure.

Comme si cela ne suffisait pas, les guaranis perdront successivement sur blessure, leur crack, Derlis Gonzalez, puis capitaine Roque. Mais le Paraguay n'abandonne jamais, continue de se battre comme si le score était nul et l'adversaire à leur portée. Ainsi juste avant la pause, Lucar Barrios profite d'une relance moisie des gauchos pour transpercer Romero. 2 à 1, on se dit que tout est possible.

...puis met les choses au clair


     Du côté d'Asuncion, l'espoir sera de courte durée. Dès l'entame du second round, tac-tac-tac, trois mouvements et trois passes entre Mascherano, le gars Lionel et Pastore. Ce dernier caresse le cuir pour Di Maria, qui va trop vite pour les paraguayens et ajuste proprement Justo, impuissant. 5 minutes plus tard, le gars Lionel se lance dans l'une de ces chevauchés qu'il affectionne, pour décaler Pastore sur la gauche de la surface, non sans avoir glisser un petit pont en passant. La balle piquée de Javier est bien contrée par Villar mais Di Maria, encore, envoie finalement la balle dans le but vide. 
4 buts à 1, les paraguayens sont sonnés. Ils répondront toutefois présent jusqu'au bout, tentant plusieurs offensives, une question de dignité. Les espaces libérés par ces ultimes efforts, donneront malheureusement la place aux argentins d'en mettre encore deux : une belle tête du Kun et un but de renard de Pipita Higuain, entré en lieu et place du buteur précédent. 

Depuis sa phase de poule, qu'elle a passé à la cool, en passant par le quart contre la Colombie, on observe chez l'Albiceleste une constante montée en puissance dans ce tournoi. Et la rouste à laquelle les colombiens ont échappé grâce à Ospina, les paraguayens, eux, l'ont reçue en plein dans le cornet. C'est dur, tant les guaranis ont été digne, mais c'est la réalité : cette Argentine là est un monstre. 

     Le Paraguay affrontera donc le Pérou ce vendredi 3 juillet, lors du match pour la troisième place, tandis que le Chili affrontera l'ogre argentin le lendemain, à Santiago, dans son stade national. On ne veut pas gâcher la fête mais au moins prévenir la Roja : Attention les gars, cette Argentine là a une sacré dégaine de championne.


mardi 30 juin 2015

Copa America 2015 : Le Chili en finale, le Pérou à l'honneur

Un scène de "28 jours plus tard"

     De l'intensité, du jeu, de la fougue, de la combativité : cette première demi-finale de la Copa America 2015 entre le Chili et le Pérou nous a régalé. Le scénario aurait pu rapidement fermer le match mais heureusement, les acteurs étaient d'humeur généreuse.


     Ce lundi 29 juin, El Estadio Nacional de Santiago du Chili est plein à craquer, prêt a pousser sa Roja vers une finale qu'ils n'ont plus connue depuis 1987, vers SA finale. En face se dresse la Bicolor du Pérou, une équipe désespérément absente de l'échiquier international mais toujours apte à faire un bon coup sur le plan continental. 

Zambrano engagé, Zambrano expulsé


     Et pour ce qui est de jouer le coup à fond, les péruviens ne décevront personne. Les incas sont intenables lors des premières 20 minutes. Cueva et Carillo dans leurs couloirs respectifs écartent le bloc chilien, Farfán oriente la construction comme il faut et la puissance de Paolo Guerrero fait extrêmement mal à une défense chilienne amputée du "proctologue" Jara. Défensivement, Lobatón et Ballón musellent les créatifs adverses et l'arrière-garde malmène Vargas et Sanchez. Un peu trop même. Dès la 7e, Zambrano s'écharpe avec Arturo Vidal et prend une première tartine. Une douzaine de minutes plus tard, le même zozo laisse trainer sa semelle dans le dos de Charles Aranguiz. Rouge logique. 

Le Pérou, à 10 contre 11, finit inévitablement par reculer devant l'intensité et le rythme du jeu chilien. Surtout, Valdivia réparait. Et fatalement, juste avant la mi-temps et un chapelet de grosses occasions pour les rouges, un joli centre de Sanchez dévié par Aranguiz s'écrase sur le poteau. Edu Vargas récupère la sphère et parvient à glisser la balle dans le but péruvien. Ce genre de but terrible, où la balle roule horriblement lentement vers la ligne, passant entre plusieurs joueurs sans qu'aucun d'entre eux ne puisse faire quoi que ce soit. Le même Vargas, très enjambe, claquera ensuite une jolie volée de 2 à 0, injustement refusé pour hors-jeu. La pause arrive enfin pour le Pérou.

Un incas meurt mais ne se rend pas


     Au retour des vestiaires, les hommes de Gareca apparaissent plus motivés que jamais et jouent leur va-tout sur chaque ballon. Organisées et rapides à l'image d'un Advincula inarrêtable, la Bicolor contre attaque intelligemment et exploite tout les espaces laissés par une Roja qui continue de se livrer comme si le score était toujours de parité. A la 60e minute, les sacrifices et la débauche d'énergie du Pérou vont payer : Advincula, encore lui, déboule à pleine blinde sur son aile droite et décoche un centre pour Farfán, coupé par Gary Medel qui catapulte le ballon dans ses propres cages. Mérité pour les blancs et rouges, cruel pour Medel, un exemple de combativité.

Le Chili semble atteint mentalement et balbutie son jeu pourtant si fluide habituellement. Le Pérou sent quant à lui qu'un coup est jouable et continue de se projeter vers l'avant. Pour un court instant, car 4 petites minutes après l'égalisation, un ballon bien récupéré par Valdivia dans les pieds de Guerrero, atterrit sous les crampons d'Edu Vargas. Le jeune homme pousse son ballon sur quelques mètres, puis balance une magnifique sacoche bombée dans la lucarne opposée de Gallese : Go-la-zo. Les incas accusent clairement le coup, mais certains d'entre eux semblent encore y croire, notamment Claudio Pizarro et Yotun, tous deux entrés après l'heure de jeu et bien plus frais que leurs coéquipiers. Ils se battront jusqu'à la dernière minute, en vain.

     Le Chili s'offre donc une chance de remporter pour la première fois de son histoire la Copa America, à la maison. Ils n'oublieront sans doute pas de saluer la performance de leurs valeureux adversaires, qui, en infériorité numérique, ont continué de proposer du jeu et du spectacle tout au long du match. On est content pour les Chiliens, c'est mérité, mais on ne peut s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé sans cette bête expulsion de Zambrano...  


lundi 29 juin 2015

Copa America 2015 : Eliminé, le Brésil évite le pire...

Plat du pied, sécurité. C'est pas compliqué!

     Comme il y a quatre ans, le Brésil affrontait en quart de finale un Paraguay que l'on annonçait largement à leur portée. Comme il y a quatre ans, le Brésil s'est fait accrocher et sortir aux tirs au but.


Le Paraguay, la force tranquille


     Désireux de chasser les démons du passé, qu'ils soient récents ou anciens, la formation de Dunga a démarré son match pleine d'enthousiasme et de bonne volonté. Aux avant-postes, le quatuor formé par Firmino, Coutinho, Robinho et Willian animent généreusement le jeu brésilien, accaparant totalement la possession de la pelote. Dès les premières minutes, le milieu de la Mersey envoie un cachou qui manque de surprendre le rempart paraguayen. Rapidement, le travail va payer et, sur un joli mouvement parti d'une aile pour aller à l'autre, Robinho claque dans les filets un centre à raz-terre de Dani Alves laissé filé par Firmino. C'est bien, et l'on se dit que ce Brésil va peut être retrouver un brin de dignité, d'autant plus que défensivement la copie est plutôt correcte. Heureusement, car l'on sent que les rouges et blancs ne lâcheront pas le morceau, et que le moindre relâchement pourrait se payer cash.

Une histoire de patience et jeu de nerf donc. Et à défaut d'être jeunes et talentueux, la bande de vieux briscards guaranis a cette qualité pour elle. Cela, et le métier comme on dit quand on a que cela comme argument. Sans briller mais bien en place, le Paraguay va peu à peu éteindre les ardeurs brésiliennes, notamment grâce à l'excellent Paulo Da Silva, un bonhomme qui a débuté sa carrière une année où Zizou jouait sa première saison à la Juve et Gueugnon son unique saison en D1 (en D1...). Des vieux loups de mer on vous dit. 

A force d'abnégation, ils finiront enfin par faire douter les auriverdes, ce qui, vous me ferez remarquer ma bonne dame, n'est pas forcément trop difficile vu leur mental en mousse. A la 72e, sur un centre du très intéressant Derlis Gonzalez, la caution jeunesse & technique du Paraguay, Thiago Silva réalise sa spéciale, bien connue des supporters parisiens : La faute de main dans la surface. Pénalty. Gonzalez. 1 à 1. Fantôme de 2011. 

Réapprendre à tirer un pénalty


     Malmenés pendant toute la fin du match par le jeune numéro 10 du FC Bâle, le Brésil parviendra tant bien que mal à atteindre la séance de tirs au but. Petit jeu auquel les héritiers du grand Romario sont de plus en plus ridicules. Non mais qu'est ce que c'est que ces courses d'élan à la noix! Le loupé d'Everton Ribeiro est symptomatique du manque de technique des brésiliens sur cet exercice. Les péno, ça se travaille, et Monsieur Dunga, champion du monde 94 grâce à eux devrait le savoir. Pendant ce temps les paraguayens claquent des minasses en plein milieu des cageots, ouais, comme en DH, sauf que ça, ça rentre. Malgré une balle de match gâchée par Roque Santa Cruz, le job est proprement terminé, encore une fois grâce au jeune Derlis G..

Pour tout dire, ce Paraguay ne passera sûrement pas les demi-finales. Valeureux mais trop limité en somme. Mais ce que l'on retire de ce match, c'est que le Brésil n'a pas réellement raté son match non plus. Il a fait ce qu'il a pu, face à une équipe moyenne du continent sud-américain. Alors on peut se dire que cette élimination peut être positive pour eux : avec un mental aussi pauvre et cet embarrassant manque de vrai talent, le match face à l'Argentine qui se profilait se serait certainement soldé par une sérieuse déroute. 

Le Brésil peut remercier les Paraguayens, il évite une probable et humiliante correction face à leur pire rival. On se console comme on peut...

  

samedi 27 juin 2015

Copa America 2015 : L'Argentine est tombée sur un Ospina

A 11 contre un en même temps...

     Une bien belle affiche que nous offrait là ce quart de Copa America. Entre une Argentine jouant jusque là de désinvolture et une Colombie qui se cherchait, on attendait un joli spectacle. On l'a eu.


     Allez, on va se les répéter une nouvelle fois : Messi, Aguëro, Di Maria, Pastore sur le pré, Tévez sur le banc. Les 5 joyaux offensifs de l'Albiceleste doivent réellement donner envie de pleurer aux défenses adverses. Quant au prix de cette petite bande, il devrait sûrement combler une partie de la dette argentine, Mme Kirchner devrait y penser. 

Comme espéré, pour leur premier rendez-vous de grande importance, l'Argentine a enfin pris les choses au sérieux et a rendu fous ses adversaires. Impossible d'observer une réelle tenue de poste entre eux, toutes ces permutations et ces automatismes ont donné l'impression d'assister à un match de Five. Contrôles orientés, décalages, une-deux, feintes ils auront tout fait pour mettre à l'amende la pauvre défense de Pekerman. De la tête et des deux pieds Lionel et ces sos' ont fait exploser cette dernière dans un feu d'artifice d'actions dangereuses. Une bande de raptors lâchés dans le parc de John Hammond. Mais...

     Mais : David Ospina. Arsene Wenger est actuellement sur le point de le laisser partir en Turquie pour faire venir Petr Cech. Notre avis que la grande saucisse de Strasbourg doit désormais être en train de se remuer les méninges pour savoir s'il n'est pas en train de faire une énorme bêtise. Le gardien des cafétéros a tout sorti. Double arrêt, parade sur sa ligne, Momo (oui, c'est selon wikipedia, l'un de ses surnoms) a écoeuré l'attaque en or des argentins, a tel point que Lionel M. en personne a déclaré aux micros de TyC Sports, à propos de l'un de exploit de l'homme de la soirée : "Je pensais qu'il allait rester au sol. Quand j'ai vu qu'il s'était déjà relevé pour l'arrêter, je voulais mourir". 

Et heureusement que Diospina était là, car aux avant postes, c'est la Colombie que l'on a vu face au Pérou et au Venezuela qui tentait péniblement d'exister, soit : Un Cuadrado intermittent, un James rincé, qui doit être heureux d'être enfin en vacances, et un capitaine Radamel au moral aussi rayonnant que celui des supporters de l'OM. La titularisation de Jackson Martinez à la place de Teo Gutierrez n'a rien changé, au vrai c'est dans l'entre jeu que résidait le réel problème. Sans Carlos Sanchez, sûrement le meilleur colombien de la compétition jusqu'ici, Ibarbo et Mejia se sont fait bouffer par Biglia et El Patron Mascherano, sevrant les attaquants cafétéros de ballons, étouffant chaque tentative de progression.

     Ospina a donc tout sorti. Tout? Pas vraiment. David aura réussi à emmener Goliath jusqu'à la séance de pénalty où, cruellement, il n'aura pas réussi à être décisif. Au contraire de son homologue argentin, Romero, qui stoppera la transformation de Zuñiga. En plus de ce dernier, Muriel et le très bon Murillo auront eu un malheureux instant de faiblesse, comme Rojo et Biglia côté gaucho. C'est un de trop pour la Colombie, qui laisse continuer l'Argentine.  


vendredi 26 juin 2015

Copa America 2015 : Le Pérou en demi, Guerrero létal comme Léon

"Piuw, piuw, piuw!" Gamin va!


     Rapide, net et sans bavure. Pour son quart de finale face à la Bolivie, le Pérou n'a pas fait de sentiment et a rapidement coupé court à tout espoirs de voir le voisin andin en demi. L'un était tout simplement plus fort que l'autre.


     Si la défense bolivienne eut été aussi performante que l'arrière garde uruguayenne, l'on eut pu assister à la même rencontre que mercredi. Sauf qu'avec des "si" on peut faire gagner des titres au Stade Rennais, et les habitants de l'Altiplano n'ont pas fait illusion bien longtemps.

Dès l'entame de jeu, les péruviens ont confisqué le précieux et se sont installés en terre voisine. C'est logiquement grâce à leur joueur vedette, Paolo Guerrero, qu'ils ont fait mouche. A la 20e et à la 23e minute de jeu, le nouvel attaquant de Flamengo exécute froidement le suspense du match. Le premier est venu sur un beau mouvement du milieu de terrain, où cette vieille canaille de Farfán était aligné pour la première fois du tournoi, qui aboutira sur un centre de Vargas conclu par le numéro 9. Le second fut logiquement le fruit d'une contre attaque assassine, alors que les boliviens s'étaient découverts après l'ouverture du score. Cueva servait Paolo par dessus la défense, ce dernier fera le taf en un contre un. Un quart de match s'est écoulé et, sauf miracle, la messe est dite.  

     Non pas que Los Verdes ont été ridicules, non, non. Moreno a tenté tant bien que mal d'attirer des balles exploitables. Il obligera d'ailleurs le dernier rempart inca, Gallese, a sortir l'une des plus belles parades de la Copa avec une tête puissante. Quelques frappes auront également été décochées, sans réel danger pour les rouges d'un soir. Bien seuls au milieu de terrain, Chumacero et Bejarano se sont bien battus, en vain. Le défaite bolivienne vient d'ailleurs de cette zone de jeu, où la ligne verte était dépeuplée par le renfort d'une défense passée à 5 : Au coeur du jeu, le Pérou leur a marché dessus. 

La seconde période, bien gérée par les hommes de Gareca, verra le condor se rebeller autant qu'il l'a pu, par quelques offensives non cadrées, sans danger. Ils auraient même pu réclamer avec plus de véhémence, un pénalty logique sur une sortie hasardeuse du portier péruvien dans les pieds de Cueva. Mais Guerrero, encore lui, interceptera une passe de poussin de Bejarano, dans l'axe (oui dans l'axe, nom d'une pipe!!!!!), et ira tranquillement achever la Bolivie. 

     Le pénalty obtenu à la 84e, transformé par Moreno, n'est qu'un mirage, le Pérou passe son quart de finale avec facilité, 3 but à 1. En demi, les incas affronteront le Chili, une autre paire de manche.   

jeudi 25 juin 2015

Copa America 2015 : Le Chili se farcit l'Uruguay, aux olives.

Isla met au fond des filets.


     Comme l'on pouvait s'y attendre, ce quart de finale entre le Chili et l'Uruguay fût une opposition de style, le technique face au physique, le jeu contre le vice. Comme l'on pouvait s'y attendre, on retrouvera la Roja au prochain tour.


Un duel aussi manichéen qu'un Obi-Wan/Dark Vador


     Parlons d'abords du jeu, puisque c'est tout de même ce qui nous passionne en premier lieu dans le Football (pas vous? si? ha bien, bon). Et de jeu, cette affiche n'en a pas manqué, du moins côté chilien. 

     Jorge Sampaoli est un disciple de Marcelo Bielsa, qui a conduit la sélection de 2007 à 2010, et une chose est certaine : il a bien appris ses leçons. C'est donc une Roja au jeu fluide, d'une intensité physique déroutante, portée pas des ailes à pistons servies par un axe monté sur ressort, qui a déroulé la mecanique tactique del Loco à Santiago ce mercredi. C'est d'ailleurs un arrière latéral, Mauricio Isla, qui inscrira le but vainqueur. Avec un mago Valdivia plus inspiré que jamais, les rouges n'ont pas baissé le pied un instant, pour notre plus grand bonheur, ne laissant quasiment aucune minute de répit à ses adversaires. Ce groupe grandi bien et arrivera à maturité en 2016. Histoire de parler un peu de quelqu'un d'autres que du chevelu numéro 10, on mentionnera la solide prestation de Charles Aránguiz dans l'entre jeu, tant sur la récupération que sur la projection. Il y avait deux Vidal sur le terrain en somme. Hou-hou, les recruteurs de Ligue 1...

     En ce qui concerne l'Uruguay, la dynamique est différente. Depuis que la crinière dorée de Don Diego Forlan a pris sa retraite, l'animation offensive n'est plus la même que lors des années de gloires (3e au mondial 2010, vainqueur Copa America 2011). A la rigueur, on aurait pu compter sur un exploit du sauvage Suarez, mais le joueur barcelonais est suspendu pour la compétition. Manquant de génie aux avants postes, face à une équipe en pleine bourre, la Celeste a donc fait ce qu'elle sait faire de mieux : Défendre les cages de Muslera tel le Lion Denfert à Belfort. Et dieu que l'Uruguay défend bien. Combatif jusqu'au bout de chaque duel, tacleurs de l'extrême, metteurs de semelles bien senties, engagement physique toujours à la limite du sanctionnable, les charruas n'auront rien concéder aux chiliens, ballon excepté. S'ils ont fini par craquer dans la dernière partie de la rencontre, on saluera tout de même ce travail défensif de tout les instants des hommes de Tabarez. Bien que cela ne fût parfois pas joli-joli à voir...

La tapenade


     Dans ce duel de générations descendante et ascendante, un fait de match défraie la chronique dans les médias d'Amérique Latine. 63e minute de jeu, alors que l'on joue de filouterie en filouterie pour arriver à ses fins, Gonzalo Jara s'explique en tête à tête avec un Edinson Cavani d'une nervosité toute compréhensible, qui fût déjà averti après avoir bousculé le juge de touche. Face aux caméras, et surtout au brésilien Ricci, arbitre de la rencontre, l'uruguayen claque fébrilement le beignet du défenseur chilien. Second carton jaune, renvoie au vestiaire. C'est normal. 

     Sauf que ! Sauf que des images de l'action, prises sous d'autres angles, expliquent le pourquoi du comment : Le courroux d'Edinson est en réalité le fruit d'un attouchement rectal forcé à son endroit, du Señor Jara. Un geste digne des terrains les plus boueux des matchs de district du Puy de Dôme. Dans un milieu et sur un continent pas vraiment, vraiment gay-friendly, c'est le scandale. Bah oui, outre le fait que le sieur Cavani n'était pas forcement enclin à se faire tâter le chouchou, le fait que ce geste d'amitié intime ait été réalisé entre homme ne passe pas. Du tout. Reste donc à voir si le joueur Chilien sera sanctionné à posteriori par la CONMEBOL. En attendant, c'est à l'ex-capitaine uruguayen Diego Lugano que Jara devra donner des explications, celui-ci ayant déclaré : "Et avec ce type, "jarita", il faudra qu'on parle quand on se croisera de part le monde!". Quand on connait la rudesse des interventions de Diego, ça promet...

mardi 23 juin 2015

Copa America 2015 : Le point avant les Quarts, le Chili s'est fait tout beau

Tu boudes Aranguiz?


     Trop occupé à regarder la Coupe du Monde Féminine? Aveuglé par les ahurissants 35 millions du transfert de Kondogbia? Encore paralysé après avoir appris la mort de John Snow? En tout cas t'as pas suivi la Copa America, et maintenant t'es tout perdu. Alors voici un petit débrief !


Groupe A : Chili - Equateur - Mexique - Bolivie


Chili 1er (7pts) : Le pays hôte a démarré SA Copa tambour battant, le titre est son objectif et il a fait savoir a tout le monde qu'il n'était pas là pour servir des coupes de Concha y Toro en souriant. 10 bouchons de liège en 3 matchs, les hommes de Jorge Sampaoli ont fait péter les bouteilles, et avec la manière : hormis le petit accroc mexicain à mi-parcours (3-3), la Roja a déroulé face à l'Equateur (2-0) mais surtout face à la Bolivie (5-0), notamment grâce à son chevelu maitre à jouer, Jorge Valdivia, un régale de numéro 10. En parlant de bouteilles, la vedette Vidal en a légèrement abusé et a crashé sa grosse "feurarirouge". Quelques excuses publiques larmoyantes plus tard, le voilà absout de ses pêchés. Bah ouais, comme si nous on allait virer Pogba en plein pendant l'Euro pour une petite biture...

Bolivie 2e (4pts) : L'une des habituelles victimes footballistiques du continent latino-américain s'est rebellé ! Grâce à la gouache de son petit meneur de jeu, el Chumacero, un croisement entre une indienne de l'Altiplano et Schweinsteiger (résultat étonnant), et le leadership de sa vedette, l'adonis au triple M, Marcelo Martins Moreno, los Verdes ont montré un chouette visage. D'abords un nul qui méritait peut être mieux face aux mexicains, puis une victoire cruciale face à l'Equateur par 3 buts à 2, marquée par une première mi-temps référence. Leur première victoire dans la compétition depuis 18 ans ! Bon... on passera sur le violent retour sur terre après la déroute face aux Chiliens...

Equateur 3e (3pts) : Le mondialiste 2014 a déçu. Dans un groupe largement à sa portée, dans une compétition où les deux meilleurs 3e sur 3 groupes se qualifient, cette élimination au premier tour est un crash aussi monumental que celui d'Arthuro Vidal. Sans Antonio Valencia mais avec Enner, les équatoriens ont tout perdu lors de cette première mi-temps catastrophique face aux boliviens. Une absence fatale et une grosse remise en question.

Mexique 4e (2pts) : Plus le temps passe, plus on se demande si le Mexique sait réellement ce qu'il fout dans cette coupe. Membre de la CONCACAF et non du CONMEBOL, les aztèques sont invité depuis 1993 en tant que grand pays de football d'Amérique Latine, et si ils ont décroché quelques résultats par le passé, on a franchement l'impression que le trophée ne les intéresse plus. C'est en effet la seconde fois que le Mexique envoie une équipe A' au charbon après la Copa 2011. S'ils ont été bien braves, notamment face au Chili, le niveau affiché n'a encore une fois pas été suffisant. Peut être que le nouveau projet de Coupe de toutes les Amériques, les motivera...

Groupe B : Argentine - Uruguay - Paraguay - Jamaique


Argentine 1er (7pts) : Messi, Aguëro, Di Maria, Tévez, Pastore, Mascherano, Higuain... une armada. Les argentins sont les grands favoris au titre continental, ils le savent, jouent en conséquence, faisant le boulot histoire de se mettre tranquillou devant au tableau d'affichage, avant de lever le pied en fin de match et de se faire quelques petites frayeurs (cf. le Paraguay qui arrache un nul dans les dernières secondes). Bref, la phase de groupe était une formalité, et ils l'ont passée comme telle. Sur le terrain, Javier Pastore sort pour le moment du lot en prenant ses responsabilités dans la création du jeu, voilà qui fera plaisir aux nostalgiques de Riquelme.

Paraguay 2e (5pts) : Le tout était donc de faire un résultat contre la bande à Lionel pour gauler la seconde place. Ce que les hommes de Ramon Diaz on fait avec sérieux. Absents du mondial brésilien, à la peine sur le continent depuis cette finale lors de la dernière Copa America, les guaranis se sont refait la cerise. C'est donc un effectif de vieux briscards qui s'est battu jusque dans le temps additionnel pour ramener un point contre l'Argentine, après avoir été mené 2 à 0, grâce à un but du nouveau joueur de Palmeiras, Lucas Barrios. Lulu te salue Loulou.

Uruguay 3e (4pts) : la commando de guerriers du Général Oscar Tabares, s'est pointé au Chili sans Luis Suarez, encore suspendu pour avoir confondu l'épaule de Chiellini avec un bife chorizo... Et autant vous dire que sans l'attaquant carnassier, la tâche s'annonce compliquée. Qualifiés en ayant marqué 2 petits buts, pas plus d'un par match, tout semble reposer sur Edinson Cavani qui ressemble pour le moment au joueur que l'on a connu cette hiver à Paris... pas vraiment matador donc. Les choses ne devraient pas s'arranger puisqu'il risque de quitter la sélection ces prochains jours, pour s'occuper de son père, accusé d'homicide après avoir ôté une vie en provoquant un accident de voiture en état d'ébriété. Moins marrant, que l'écart de Vidal pour le coup.

Jamaique 4e (0pts) : Invités, pas ridicules, sympas, souriants, la plus africaine des équipes caribéennes, selon Cavani, a passé un agréable séjour au Chili et est repartie avec des selfie bien mérité avec Leo Messi. On attend la carte postale.

Groupe C : Brésil - Colombie - Pérou - Vénézuela


Brésil 1er (6pts) : Bon... le Brésil... on va éviter de tirer sur l'ambulance et parler de cette jolie première période face aux vénézuéliens, portée par un Robinho aux jambes de feu. On pourrait également parler de... hum... On va surtout arrêter de se mentir, les auriverdes sont actuellement dans une période plus que délicate de leur glorieuse histoire. Période sombre dont le seul phare semble être le joyaux Neymar, qui se débat dans un désert d'animation offensive. L'attaquant, promu capitaine après la Coupe du Monde, a malheureusement céder à la pression lors de la défaite contre la Colombie : bagarre avec Carlos Bacca + mots doux à l'homme en noir = suspension de 4 matchs et adieu le Chili, n'ayant plus aucune chance de disputer un match. Sans Neymar, cette équipe est quasi banale et ça ne sera probablement pas suffisant pour aller au bout.

Pérou 2e (4pts) : Discrets, sérieux, les péruviens attrapent une belle seconde place sans réellement faire parler d'eux. Profitant des égarements des deux gros poissons du groupe, Brésil et Colombie, qu'ils ont tout deux fait douter, les Incas se qualifient sans trop stresser mais en aucun cas sans démériter. Mention spéciale pour le vétéran Lobaton, qui a tenu la baraque au milieu de terrain.

Colombie 3e (4pts) : Désinvolture? Fatigue? Doute? Bon c'est probablement un peu de tout ça qui aura fait la Colombie se qualifier ric-rac pour les quarts. Certes James apparait usé par sa belle saison madrilène, certes Falcao fait de la peine à voir tant le tigre ressemble actuellement à un chaton, mais la première partie de la victoire face au Brésil les a démasqué : les cafétéros sont capables de développer un jeu technique, tactique et plein d'intensité. C'est ce visage là qu'il faudra montrer en quarts pour se fader les danseurs de tango.

Vénézuela 4e (3pts) : Il n'y aura donc pas de nouvel exploit pour la Vinotinto, qui avait atteint les demi-finales de la Copa America pour la première fois de son histoire en 2011. Et c'est bien dommage, car elle est sympa cette équipe animée par Arango, Rondon, Rincon et le nantais Vizcarrondo. Mais le niveau qui entoure ces quelques cadres est bien trop bas pour prétendre à mieux. Ce n'est pas faute d'avoir joué le jeu jusqu'au bout, toutes les équipes étant à 3pts avant la dernière journée. Les vénézuéliens repartent avec les honneurs et un coup franc plein de panache de Juan Arango dans les cages brésiliennes.

Les choses sérieuses commencent avec les quarts, qui débuteront mercredi 24 :

Chili - Uruguay (24/06)
Bolivie - Pérou (25/06)
Argentine - Colombie (26/06)
Brésil - Paraguay (27/06)

mercredi 17 juin 2015

Brésil : Ronnie ne veut pas briser les coeurs

Foot & Calins

     Interrogé au sujet des rumeurs qui l'envoient du côté de Cruzeiro, R10 a mis les choses au clair.


     Au Mexique rien de nouveau, Ronaldinho est toujours persona non grata dans son club actuel de Queretaro, qui souhaite son départ. Son entraineur, Victor Vucetich l'a déclaré : "Nous avons besoin de joueurs en progression, et non en perte de vitesse". Le divorce est d'autant plus évident que les gallos mexicains ont atteints la finale de la Clausura 2015 en se passant, la plupart du temps, des services de l'artiste. Bref, tout cela, on le savait déjà.

La nouvelle, c'est la réaction de Ronnie aux rumeurs qui le renvoient depuis quelques mois à Belo Horizonte, du côté de Cruzeiro cette fois-ci, grand rival de l'Atlético Mineiro où le prodige avait brillé de 2012 à 2014 :

"Je me vois difficilement avec le maillot de Cruzeiro. Je suis reconnaissant de l'affection que les supporters de Cruzeiro ont toujours eu pour moi, le respect, mais mon histoire à l'Atlético et la manière dont les supporters m'ont embrassé (sic) font que cela sera difficile."

Ronaldinho, de l'amour plein les pattes, de l'amour plein le coeur... Bon sinon, y a vraiment QUE l'AC Boulogne-Billancourt qui est intéressé ?

Source :
http://espn.uol.com.br/noticia/519172_por-respeito-ao-atletico-mg-ronaldinho-rejeita-jogar-no-cruzeiro

mardi 16 juin 2015

Transfert : Lucas Barrios, l'Amérique lui va si bien

Barrios/Vizcarrondo, comme un air de Nantes/Nicollin FC


     30 berges, argentin naturalisé... paraguayen, réputé sur 3 continents différents : Lucas Barrios a déjà une carrière bien remplie. En bout de course en Europe, il pourrait bien se lancer dans un nouveau défi du côté du Brésil.


     La Pantera va bien, merci pour elle. Après une saison, d'abords hésitante, puis tout en démonstration de quel bois il se chauffe du côté de la Paillade du vieux Loulou, Lulu s'en est allé disputer la Copa America 2015 au Chili avec ses potes guaranis. Il s'est d'ailleurs distingué dès le premier match en inscrivant, à la 90e, un cruel but égalisateur face à... l'Argentine, son pays natal. HA le traitre, HA le saligaud.  Oui mais voilà, Lulu semble en bout de course sur le vieux continent, le Spartak Moscou et la Sainte Mère Russie ne veulent plus de lui.  

     Ayant déjà bourlingué en Chine pour ce qui est de l'exotisme asiatique, l'attaquant paraguayen se tourne vers les hermanos latinos pour continuer à tâter de la chique. Du côté du Mexique comme la Roche Sainte Croix? Que nenni. L'Argentine? On va éviter. C'est en fait au Brésil que Lucas va probablement déposer ses valises. Un pays encore vierge de ses prouesses. 

     Si Cruzeiro s'est, un moment, placé sur la bonne affaire, c'est Palmeiras qui tient la corde pour attirer le buteur sous son pavillon vert. Et O Porco s'active : son directeur en personne, Alexandre Mattos, multiplie les voyages et les coups de fil pour conclure l'affaire. Si l'équipe de São Paulo précipite autant les choses, c'est tout simplement par crainte de voir une offre européenne plus alléchante débarquer, en cas de grosse prestation de Lulu en Copa America. 

Si du côté de l'Allianz Parque, on croise les doigts pour voir le crack arriver, à Asuncion on prie déjà pour le voir planter...

Source :
http://www.superesportes.com.br/app/1,137/2015/06/16/noticia_palmeiras,312636/alexandre-mattos-viaja-para-garantir-a-contratacao-de-lucas-barrios-pelo-palmeiras.shtml

mercredi 3 juin 2015

Brésil : Un drone survole Corinthians/Palmeiras

Mario n'en a pas l'air, mais il est hilare

     Quelque soit l'endroit sur le globe, quelque soit son utilisation, le drone est en vogue. Dans les stades, il a servit ces derniers temps à se fiche allègrement de la margoulette de l'équipe rivale, comme ça a été le cas dimanche dernier à São Paulo où les Corinthians recevaient Palmeiras.


     Petit rappel des faits. Les 6 puis 13 mai dernier, les blancs et noirs du S.C. Corinthians se font éliminer en huitième de la prestigieuse Copa Libertadores par les Guaranis, un club paraguayen sans grande histoire continentale, sur un score cumulé de 3 pincanhas à zéro. Petite dédicace, à notre ami Cassio, gardien de l'escouade brésilienne qui avait fait l'objet d'un article de Bola Latina, auteur à l'aller d'une jolie boulette.

HoHoHo
Ce dimanche, pour le compte de la 4e journée du championnat national, les corinthiens recevaient le club de Palmeiras, l'un des rivaux honnis avec qui ils se partagent les coeurs paulistanos. Ce derby fût un réel chemin de croix pour les résidents de l'estadio Itaquera car, non seulement le Verdão l'a emporté 2 à rien avec la manière, mais en plus ils ont été les victimes d'une bonne grosse vanne des torcedores de Palmeiras : Un drone a survolé le stade avec, accroché à sa structure, le maillot noir et jaune des paraguayens de Guaranis affublé d'un autocollant sur lequel on pouvait lire "HaHaHa". Troll, LOL, XPTDR, on en passe et des plus 2.0.

     Le petit objet volant est actuellement bien au chaud dans les locaux de Mario Sergio Oliveira Pinto, délégué de la Police de Répression des Délits d'Intolérance Sportive (ouais, carrément). Interrogé par uol.esporte, l'officiel, un brin caustique, déclare toujours attendre que le propriétaire de la bestiole motorisée lui fasse un signe, pour pouvoir lui rendre son joujou en l'échange d'une nota fiscal, soit une preuve de paiement chez les auriverdes. Mario, visiblement doté du sens de l'humour et de la notion de relativité, ajoute d'ailleurs qu'à ses yeux il ne s'agit là que d'une blague de bon aloi et qu'en aucun cas cela ne peut représenter un délit.

Bon. Mais Mario, si il s'accorde volontienrs ce sourire en repensant à l'épisode, n'est tout de même pas la pour amuser la galerie. Il annonce donc par ailleurs que, si l'acte ne représente en rien un trouble de l'ordre publique, il reste cependant très dangereux pour les spectateurs présents au stade ce week-end : L'objet pèse environ 2kg et aurait pu blesser quelqu'un lors de sa chute. Cette dernière a eu lieu lorsque le drone a percuté les loges, heureusement sans faire de mal à qui que ce soit. L'Agence Nationale d'Aviation a donc été contactée pour en savoir plus quant aux autorisations de vol dans ce cas de figure.

     En attendant, le petit rigolo, qui n'aurait pas pu opérer depuis l'intérieur de l'enceinte sportive selon le service de sécurité, n'a toujours pas donné signe de vie. S'il est un jour retrouvé, il s'en sortira probablement grâce au manque de législation concernant les drones.

Alors? CéKikaféssa?

Source :
http://esporte.uol.com.br/futebol/ultimas-noticias/2015/06/03/delegado-quer-devolver-drone-que-caiu-no-itaquerao-se-dono-trouxer-a-nota.htm?cmpid=fb-palmeiras

jeudi 28 mai 2015

Mexique : Pépé Marquez n'a pas dit son dernier mot

"Hé, hé ! Salut les jeunes !"


     Papi Marquez facture désormais 36 printemps, une belle carrière et un sympathique palmarès. Là où certains s'en contenterait largement, le natif de Zamora (Michoacan, Mexique) ne semble pas totalement rassasié.


     Le patron de la sélection mexicaine, Miguel Herrera, a donné son verdict : El Tri comptera bien sur son vieux briscard pour la Copa America chilienne cet été. Il faut dire que Rafa en a encore dans le réservoir. 

Au sortir d'un mondial brésilien plutôt satisfaisant, si on lui pardonne cette faute aussi contestable que fatale sur Robben en 8e, le joueur a enchainé sur un retour convaincant en Europe sous les couleurs du Hellas Verone. 

Aux côtés de Lucas Toni, il termine la campagne 2015 du club du nord de la botte avec 25 titularisations dans les crampons et le maintien assuré pour l'équipe promue. "Ma saison a été positive, mais je pense que je peux donner encore plus (...) il me reste encore un an de contrat avec Vérone." analyse-t'il.
Le swag aztèque

Et avec la sélection mexa? Même topo. "Je pense que je peux donner encore plus (pour le Mexique), pour moi c'est une occasion importante, et là (après la Copa America) nous verrons si je renonce pour l'année prochaine (sic)." 

     Á Bola Latina, on veut bien qu'il joue jusqu'à quarante balais, mais à une seule condition : qu'il retrouve sa légendaire queue de cheval !

Source :
http://futbol.univision.com/seleccion-nacional/article/2015-05-24/rafael-marquez-analizara-el-retiro-tras-copa-america#axzz3bSp9nk7v
http://www.sdpnoticias.com/deportes/2015/05/27/mi-temporada-fue-positiva-asegura-rafa-marquez  

mercredi 27 mai 2015

Argentine : De nouvelles scènes de violence chez les Che'

Jeu de mains, jeu d'argentin !

     Le sulfureux dernier Boca/River en date a, malheureusement, fait des émules. Ce coup-ci c'est à Mendoza que le barzouin a eu lieu.


     La rencontre qui opposait ce dimanche le Godoy Cruz de Mendoza et le Belgrano de Cordoba, ne fût en aucun cas une partie de gentleman. Et pour le coup, les barras bravas sont hors de cause. Enfin en partie, elles ont tout de même su se distinguer au cours du match, sinon c'est pas rigolo. Non, en ce jour saint, ce sont les joueurs eux-même qui ont foutu le souk dans le rectangle vert. 

     Alors que Godoy s'acheminait vers une victoire étriquée par un but à zero, les dernières minutes furent le théâtre de quelques actions de jeu exagérément dures sur l'homme et autres attentats condamnables. Comme bien souvent c'est dernier temps dans le football Che', la violence a appelé la violence, et, dès le coup de sifflet final, les deux effectifs ont joué des poings lors d'une échauffourée déconcertante. 

Pis, alors que cette session d'argentino smash bros mélée continuait dans les entrailles du stade Feliciano Gambarte, la police de Mendoza, responsable de la sécurité ce soir là, est semble-t'il intervenue de manière peu orthodoxe. Le défenseur de Belgrano Claudio Perez dénonce : "La police nous a coincé dans le vestiaire et a tiré du gaz lacrimogène!", des propos appuyés par ceux du vice-président Abraham Rufail et de l'ensemble de l'effectif des Piratas. L'information sera d'ailleurs confirmée et assumée par le chef des forces de l'ordre, Juan Carlos Caleri, qui a déclaré avoir eu recours à ces méthodes musclés pour calmer ce qu'il nomme "les émeutiers".

      Outre le goût visiblement prononcé qu'ont les argentins pour les lacrimo', une peu flatteuse information peut être tirée de ces évènements. Entre le consternant spectacle offert par le superclassico du 13 mai  et les nombreux mauvais gestes, dans le jeu, observés sur les terrains depuis un certain temps (cf. Centurion en janvier), le constat est clair : Il y a un réel problème de violence dans le football argentin.

Source :
http://www.futbolargentino.com/primera-division/noticias/sdi566/116029/futbolistas-de-belgrano-denuncia-agresion-de-la-policia
http://www.tycsports.com/noticias/La-violencia-dijo-presente-en-Godoy-Cruz-Belgrano-20150524-0037.html

mardi 26 mai 2015

Brésil : Le São Paulo FC recrute un gringo

Ho ! Le gros écussons !

     C'est officiel : Finit les rumeurs, l'incertitude et surtout l'intérim de Milton Cruz, qui part tout de même avec un bilan de 6 victoires, un nul et 3 défaites. Le São Paulo FC a annoncé l'arrivée prochaine du Colombien Juan Carlos Osorio au commande de l'équipe. Juan Carlos qui?


Petite carrière, grandes études


     Juan Carlos Osorio, colombien de son état, sera donc le remplaçant officiel de Muricy Ramalho qui a quitté le club, plus ou moins à l'amiable, il y a quelques mois. Si on ne sait pas encore quand le mister fera sa première apparition sur le banc du Morumbi, on sait en revanche qu'il fut un milieu de terrain anonyme du non moins anonyme Deportivo Pereira dans les années 80. Il stoppera d'ailleurs rapidement sa carrière à cause d'une grave lésion au genou. 

C'est un peu léger comme expérience professionnel nous direz vous. Certes. Mais JC est un gros bosseur, un vrai rat de bibliothèque ! Il va donc partir outre-atlantique pour obtenir une licence d'entraineur UEFA, un diplôme de gestion technique délivré par la fédé hollandaise, puis un dernier en science du football à Liverpool. Le type était donc fait pour le tableau noir.

De bon élève à bon prof'


     Jean Charles va faire ses armes dans la perfide albion, mais pas auprès de n'importe qui : de 2001 à 2006, il sera l'assistant de Kevin Keegan alors à la tête d'un Manchester City dépourvu de financements orientaux. Il débuta après cet apprentissage sa carrière solo, d'abords à la maison, chez les Millionarios de Bogota, ensuite au nord du Rio Grande où il dirigera les Chicago Fire et les Red Bulls NY. Suivront Once Caldas, Puebla (Mexique) et enfin, l'Atlético Nacional de Medellin, sa vrai réussite.

A Medellin, Osorio va remanier la philosophie des Verdolagas en à peine 3 saisons. A la manière de Bielsa, JCO restructura l'Atlético en stimulant sa formation alors que le club fonctionnait depuis plusieurs années en s'appuyant sur des baroudeurs ou des gloires passées. Travail qui porta ses fruits puisqu'avec le scientifique du ballon rond aux manettes, les verts vont récolter 6 titres nationaux (3 championnats, 2 coupes et une supercoupe) et une finale de Copa Sudamericana, perdue face à River Plate, en décembre 2014. Compétition lors de laquelle Juan Carlos et sa bande avaient sorti en demi finale : Le São Paulo FC !

     Le président du SPFC a été clair sur son idée de changer la philosophie du club en se basant sur la formation, et à ses yeux, Osorio est la personne idoine. En attendant, Juan Carlos doit déjà être en train de réviser...  

vendredi 22 mai 2015

Paraguay : Mais qu'est ce que c'est que ces Guaranis ?

Des joueurs du Guarani en plein trip


     C'est la petite surprise de ces quarts de finale de Libertadores, le Club Guarani d'Asuncion surprend son monde. Après avoir éliminé les Corinthians en huitièmes, les paraguayens ont pris l'avantage sur le champion argentin en titre, le Racing Avallaneda, et s'imagine bien atteindre les demi finales pour la seconde fois de leur histoire. Mais en fait c'est qui c'est Guarani?


Francis Drake le corsaire & le fan de Jérémie Janot

     En gros, quand on regarde l'histoire de la plupart des clubs de foot, on se retrouve très souvent devant le pitch suivant : "Un jour, un groupe d'étudiants se réunirent et patati et patata, et ils étaient anglais (souvent) et ils créèrent le FC Bidule". Et bien le Club Guarani d'Asuncion n'échappe pas à cette règle ancestrale. Il réalise même un joli combo en ajoutant l'option "sécession d'un autre club pré-existant". Dans les fait cela nous donne une bande de joyeux drilles, socios du Club Olimpia, qui, en 1903, se font gentiment bouter hors d'un terrain appartenant au susdit club, sur lequel ils avaient pris leurs habitudes. Alors, on vous le donne en mille : Ils se réunirent et décidèrent de fonder le Club Guarani, en l'honneur des amérindiens occupants le Paraguay depuis les premiers temps et leur langue (le guarani est parlé par 90% des paraguayens).

Passons donc sur le déconcertant manque d'originalité concernant la création d'El Cacique (oui, comme Colo Colo, une histoire d'indien également), le choix du maillot est lui, bien plus romantique. Au moment de choisir les couleurs que devront arborer les joueurs, un énergumène bien instruit proposa le jaune et le noir en référence à... Sir Francis Drake ! Un corsaire anglais légendaire de la seconde moitié du XVIe siècle, qui a rendu fou les galions espagnoles. Une référence maritime donc, pour un pays séparé de n'importe quel océan par plusieurs milliers de kilomètres... voilà, voilà. Quant aux rayures qui rappellent celles de la jaquette des uruguayens du Peñarol ? Elles sont le fait des frères Melian, membres fondateurs du club, qui voulaient pour leur part rendre hommage à leur club d'origine : Peñarol ! Le hasard n'existe pas...

Ouais... On dirait franchement des pyjamas.
Maillot toujours : ces dernières années, le club s'est distingué dans ce domaine par le biais de son ancien gardien, Pablo Aurrecochea, qui eut la lumineuse idée de revêtir de fantasques tuniques célébrant les Simpson, Spiderman, Batman, Superman, Hulk ou bien Bob l'éponge. Monsieur Jérémie Janot, vous avez un fan.

Une fausse demi-finale et un ex du Téfécé

     Sportivement, les Guaranis font partie des clubs fondateurs de la ligue professionnelle paraguayenne et à fortiori de la fédération paraguayenne. El Aborigen récoltera 10 championnats depuis sa création en 1903, dont le dernier en 2010. Certains sont plus savoureux que d'autres, c'est le cas des trophées de 1964, 1967 et 1969 : ceux du "Legendario Guarani" présidé par le non moins légendaire Juan Antonio Sosa Gautier.

Ce dernier, en compagnie des entraineurs uruguayens Ondino Vieira et José Maria Rodriguez, va relever les indiens et leur donner un nouveau souffle qui leur permettra de gagner les trois titres cités plus haut mais également d'atteindre pour la seule et unique fois de son histoire les demi finales de la Copa Libertadores, en 1966. Enfin c'est ce que nous affirme la version espagnole de leur page wikipedia, qui omet de préciser que l'exploit concerné est en réalité une qualification pour la seconde phase de la compétition, soit un tournoi à 7 qui verra les paraguayens finir bon dernier... Ha, et les brésiliens ne participaient pas à la coupe continentale cette année là. Bon. Mais c'est bien quand même. 

Aujourd'hui, sur le plan national, le Club Guarani s'est calé dans la roue du leader azulgrana, le Cerro Porteño, quasiment intouchable cette saison. Mais le plus important c'est que l'équipe conduite par Fernando Jubero, un catalan de 41 ans anciennement recruteur pour le Barça, développe, selon ses observateurs, un jeu agréable. Outre le jeune coach ibérique, c'est un ancien de Ligue 1 qui en est en partie responsable. Les fans du Téfécé l'auront peut être deviné, ou pas, on ne leur en veut pas, il s'agit de Frederico Santander. Si l'attaquant de 23 ans n'a pas laissé une grande trace de son passage sur les bords de la Garonne, il s'éclate désormais à la maison, faisant briller El Cacique devant tout un continent.

Qualifiés difficilement, lors de la dernière journée des phases de groupes lors d'un match au cordeau face aux péruviens du Sporting Cristal, les Guaranis ont donc retrouvé le Racing Avallaneda argentin, qu'ils avaient également affronter en poule. Et les choses s'annoncent bien puisqu'ils ont remporté la rencontre allée, 1 but à 0 à domicile. Ne leur reste plus qu'à ne pas reprendre la correction qui leur avait été infligée en argentine fin Fevrier : Pour leur seul défaite de la compétition cette année, les aborigènes avaient encaissé un sale 4 à 1.

     La partie retour aura donc lieu jeudi 28 mai prochain en Argentine. En cas de bon résultat, l'auteur hispanophone de la page wikipedia des Guaranis pourra enfin écrire que les jaunes et noirs ont atteint une demi finale. Non mais pour de vrai quoi.